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Novembre 2005

Voyages à la noix

Les auteurs ont dosé (HPLC) la mélatonine dans des noix (la noix de base, type Périgord) : la concentration est de 3,5 ng/g (DS : 1,0). Puis ils ont constitué deux groupes de rats : l'un nourri avec des noix, l'autre avec des aliments habituels. Les taux de mélatonine sérique étaient très élevés dans le premier, nuls dans le second, attestant ainsi que la mélatonine contenue dans les noix est parfaitement biodisponible. Accesssoirement, le pouvoir anti-oxydant du sérum du premier groupe était très élevé par rapport à celui du second.

REITER RJ et coll. Melatonin in walnuts : influence on levels of melatonin and total antioxidant capacity of blood. Nutrition 2005 ; 21 : 920-4.

NDLR. En France, on peut impunément caillasser les forces de l'ordre ou brûler des voitures. Mais il est formellement interdit de se procurer de la mélatonine pour mieux dormir dans l'avion et diminuer les effets du décalage horaire. Pas grave : la nature nous fournit une solution légale. En avion, mangez des noix ! Mais terminez-les avant de débarquer dans certains pays qui font une maladive et féroce chasse aux denrées alimentaires importées.

Leçon d'une épidémie banale

En Alaska, sur un navire de croisière, éclate une épidémie de gastro-entérite. On isole Vibrio parahaemolyticus. L'analyse par régression logistique identifie un seul élément prédictif : la consommation d'huîtres.
Or V. parahaemolyticus ne contamine les fruits de mer que dans des eaux proches d'estuaires et chaudes, de température supérieure à 15°C. L'Alaska se situe à plus de 1.000 km au nord du dernier foyer le plus septentrional du vibrion.
Conclusion : les eaux de l'Alaska se réchauffent. Les auteurs confirment en relevant les température des eaux des fermes ostréicoles d'Alaska : elles augmentent chaque année de 0,21 °C depuis 1997. Et en 2004, aucune ferme ne constata une température inférieure à 15°C en été.

McLAUGHLIN JB et coll. Outbreak of Vibrio parahaemolyticus gastroenteritis associated with Alaskan Oysters. NEJM 2005353: 1463-70.

Bilharziose et serviette

En 1998 eut lieu une large enquête de santé chez les volontaires des Peace Corps stationnés en Tanzanie, à l'issue de leur mission de 27 mois. Une bilharziose urinaire et/ou intestinale fut trouvée chez 25% des Volontaires.
Un programme d'éducation fut lancé avec deux thèmes principaux : éviter de se baigner dans le Lac Victoria et, en cas d'exposition à l'eau douce, se sécher immédiatement et vigoureusement avec une serviette. La bilharziose disparut.
Eviter de se baigner est une mesure étiologique mais difficile à suivre et incomplète : expositions accidentelles ou obligatoires (traversée à pied d'une rivière, terres inondées...). Les auteurs concluent à l'efficacité de la serviette, sans laquelle le taux de contamination ne serait pas descendu à zéro.

Outwater AH et coll. Schistosomiasis and US Peace Corps Volunteers in Tanzania. J Travel Med 2005; 12: 265-9.

NDLR. Cette mesure est un classique de la parasitologie; on imagine que la goutte, séchant et se rétrécissant va pousser les furcocercaires vers le derme. On ne le dit peut-être pas assez à nos voyageurs. Amusant : regardez le nom du premier auteur de la publication.

Vacances, sports, impuissance et Dupuytren

C'est un gros pavé dans la mare que vient de jeter un urologue de Boston : 4 à 5% des hommes faisant régulièrement du vélo sont impuissants ! Et presque autant de femmes sont anorgasmiques. Les chiffres sont significatifs lorsque l'on compare deux cohortes de sportifs : cyclistes et coureurs à pied.
Les artères et nerfs périnéaux (honteux en particulier) ne sont jamais comprimés quand on est assis sur une chaise ; mais sur la selle bien étroite et longiligne des bicyclettes sportives, la pression est au moins 7 fois plus grande : après 3 minutes, le flux sanguin pénien est réduit de 70-80%. Une heure après, le pénis devient engourdi ; jusqu'au jour où cela devient définitif.

GOLDSTEIN I et coll. J Sexual Med (réf en cours).

Selon une étude du Climbers' Club of Great Britain, 20% des alpinistes souffrent d'une maladie de Dupuytren, à force d'efforts répétés sur des doigts crochetés. Après exclusion des formes héréditaires, et à tranche d'âge identique, la prévalence est supérieure de 16% à celle de la population non grimpeuse. En plus, il y a un effet « dose » : plus on a grimpé, plus le risque est élevé.

LOGAN AJ et coll. Can rock climbing lead to Dupuytren's disease. Br J Sports Med 2005; 39: 639-44.

NDLR. Et donc ils ne peuvent plus se masturber; ceci dit, ce n'est pas grave s'ils sont aussi cyclistes.