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Novembre 2004

Leptospirose : facteurs de risque

Les auteurs ont apparié 90 cas de leptospirose survenus en France (1999-2000) à 169 témoins.

La maladie est essentiellement masculine (93%) et survient à un âge moyen de 42 ans. Après analyse multivariée, 4 variables sont indépendamment associées au risque de leptospirose:

- présence de lésions cutanées au moment de l'exposition (OR 7, - 01);

- pratique du canoë (OR 15,53) ; ce sport ou loisir est très fortement associé au risque, mais le canoë ne représente que 10% des contaminations;

- contact avec des rongeurs sauvages (OR 4,75);

- hébergement rural (OR 2,87).

Les auteurs concluent qu'il convient de mieux sensibiliser les sportifs aquatiques, et peut-être de proposer la vaccination à certains d'entre eux.

NARDONE A et coll. Risk factors for leptospirosis in metropolitan France: results of a national case-control study 1999-2000. Clin Infect Dis 2004; 39: 751-3.

Légionellose et voyages

En 2003 le réseau EWGLINET a identifié 632 cas de légionellose survenus chez des voyageurs intra-européens (24 pays) : ces cas sont liés à 89 foyers épidémiques. Trente huit patients sont décédés (létalité : 6%).

Malheureusement, faute de dénominateur, le risque spécifiquement lié au voyage ne peut être calculé.

RICKETTS K et coll. Travel associated legionnaires' disease in Europe: 2003. Euro Surveill 2004; 9(10).

Abcès amibiens du foie ' Espagne

Les auteurs (hôpital universitaire de Palma de Majorque) ont étudié rétrospectivement 7 cas d'abcès amibiens hépatiques. Trois patients avaient voyagé en Equateur, en Inde et en Thaïlande. Mais dans les quatre autres cas, il n'y avait eu aucun voyage hors d'Espagne.

Conclusion : Entamoeba histolytica circule en Espagne, et vraisemblablement de manière importante pour aboutir à des abcès hépatiques autochtones.

RUIZ DE GOPEGUI E et coll. Amoebic liver abcess : observations in seven patients. Enferm Infec Microbiol Clin 2004; 22: 526-8.

Les diarrhées à la diète '

Des voyageurs américains au Mexique (n=48) présentent une diarrhée aiguë. Ils sont mis sous antibiotiques. Ils sont alors répartis en deux groupes : ceux qui sont mis à la diète, selon les recommandations habituelles de la littérature (bouillon, jus de fruits, boissons cola') et ceux qui mangent ce qu'ils veulent.

Le relevé des symptômes et la durée de la diarrhée (37h dans le premier groupe, 33h dans le second) ne montrent aucune différence significative.

HUANG DB et coll. The role of diet in the treatment of travelers' diarrhea : a pilot study. Clin Infect Dis 2004; 39: 468-71.

NDLR. Il ne faut donc pas prendre pour argent comptant les préceptes médicaux colportés de génération en génération et jamais vérifiés, et qui ne sont pas « evidence based ». Ceci dit, la cohorte est un peu petite et mériterait que d'autres auteurs l'élargissent.

Envenimations par poissons-pierre

Les articles médicaux sont rares sur ce sujet. Les auteurs singapouriens ont colligé 8 cas d'envenimation de la main hospitalisés en 2002. Durée moyenne de séjour : 3,9 jours. Pas de décès ni de complication systémique grave (bien que cela soit signalé dans la littérature). Un patient a dû bénéficier d'un débridement chirurgical en raison d'une nécrose. La guérison complète fut obtenue dans une moyenne de 8,2 jours.

En cas d'envenimation, les auteurs recommandent:

- Exposition immédiate du site d'envenimation à une température de 45°C ou plus, la toxine étant thermolabile;

- Médicaments analgésiques, la douleur étant très violente;

- Prévention du tétanos;

- Antibiothérapie «à large spectre»;

- Ablation de toute épine pouvant être restée dans ou sous la peau.

LEE JY et coll. Stonefish envenomations of the hand: a local marine hazard: a series of 8 cases and review of the literature. Ann Acad Med Singapore 2004; 33: 515-20.