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Novembre 2000

Peste : bilan mondial 1999

Le nombre de cas est supérieur à celui constaté au début des années 90. En 1999, 14 pays ont notifié à l'OMS 2.063 cas, dont 212 mortels. La létalité est d'environ 8%. Madagascar est le pays qui vient en tête, avec 54,8% du total mondial, suivi par la Tanzanie (7,4%), l'Ouganda et le Zimbabwe. Pour le continent américain, le Brésil et le Pérou représentent 85,4% du total des cas. En Asie, le Viêt Nam compte pour 62,6 % des cas notifiés.

OMS. La peste humaine en 1998 et 1999. REH 2000 ; 42 : 338-43.

NDLR. Le plus souvent ces pays présentent également un risque de choléra et de paludisme. Il est tentant -bien que cela ne soit pas officiellement recommandé- de prescrire à nos voyageurs une chimioprophylaxie par doxycycline, efficace contre ces trois maladies.

Protection vaccinale diphtérique en Europe de l'Ouest

Sept pays d'Europe de l'Ouest ont analysé des échantillons de sang de leurs ressortissants pour titrer les anticorps anti-diphtériques. Les résultats concernant les adultes sont hétérogènes. Par exemple, en Grande-Bretagne, 75% des sujets de 50-60 ans n'ont aucun anticorps (<0, - 01 ui/ml) alors que ce taux tombe à 35% en Finlande. Partout heureusement les enfants sont protégés à plus de 90%.

Les auteurs concluent qu'il faut harmoniser l'immunisation des populations d'Europe de l'Ouest et qu'il faut se calquer sur les pays scandinaves qui, encore une fois, font mieux que les pays situés plus au sud.

EDMUNDS W.J. et coll. The sero-epidemiology of diphtheria in Western Europe.
Epidemiol. Infect. 2000 ; 125 : 113-25.

La grippe arrive bien par les aéroports

On s'en doutait, mais il fallait bien le démontrer. Les auteurs ont étudié 504 passagers débarquant à l'aéroport international de Nagoya (Japon) entre 1996 et 1999 et présentant un problème respiratoire. Il leur a été demandé de se gargariser : le produit du gargarisme a permis d'isoler 30 souches de virus grippal : 28 A (H3N2) et 2 B. Le génotypage de ces souches comparé à celui de celles qui ont circulé ultérieurement au Japon a montré une forte probabilité de corrélation.

SATO K. et coll. Surveillance of influenza viruses isolated from travellers at Nagoya international airport. Epidemiol. Infect. 2000 ; 124 : 507-14.

Sports et infection

- L'équipe de football américain de Duke n'était pas en forme pour affronter l'équipe de Floride : nausées, vomissements, diarrhée. La veille ils avaient mangé un coffret-repas identique pour tous. Le match est sévèrement perdu par Duke.

La revanche sera infectieuse : le lendemain, l'équipe de Floride est à terre, ou plutôt au lit, avec un syndrome gastroentéritique sévère. On isola chez tout le monde un virus Norwalk. Or les contacts entre les deux équipes s'étaient limités au jeu. Les auteurs concluent que la transmission s'est effectuée par les mains, les vêtements' et le ballon souillés !

BECKER K. M. et coll. Transmission of Norwalk virus during a football game. N. Engl. J. Med. 2000: 1223-7.

- Onze cas d'infection par le virus de l'hépatite B (dont 5 cliniques) ont été constatés dans une équipe japonaise de football américain (65 joueurs) en l'espace de 19 mois. Les analyses génétiques du virus montrent une unicité et semblent indiquer que la source provient d'un joueur porteur chronique et AgHBe+.

TOBE K. et coll. Arc. Intern. Med. 2000 ; 160 : 2541-5.

NDLR. On l'oublie souvent : les études épidémiologiques montrent que, dans 30 à 40% des cas d'hépatite B, le mode de contamination reste indéterminé, échappant aux facteurs classiques (sexe, toxicomanie IV') : les sports collectifs avec contacts physiques viennent peut-être boucher une partie de ce " trou " épidémiologique.