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Novembre 1997

Paludisme en expansion mondiale: le vaccin seul espoir

Le vaccin n'est pas pour demain !
La lutte contre le paludisme tourne désespérément en faveur de cette maladie qui pourrait faire annuellement 3 millions de morts. Les facteurs de cet échec sont multiples : explosion démographique incontrôlée, évolution climatique mondiale défavorable' et surtout emballement de la chloroquino- et multi-résistance. Mise au point de nouveaux anti-paludiques, de nouvelles mesures de lutte anti-vectorielles : peine perdue, pour les auteurs qui considèrent que " le seul véritable espoir réside dans la mise au point d'un vaccin ". Malheureusement, concluent les mêmes, " il est impossible de prévoir quand celui-ci sera mis au point ".

MILLER L. American Medical Association Conference. 20 october 1997. Washington, DC.

Le vaccin antipaludique est arrivé !
Le très médiatique médecin colombien Manuel Patarroyo vient d'informer la communauté scientifique internationale de la mise en production industrielle à grande échelle de son vaccin synthétique Sfp66. Début 1999, son usine colombienne produira chaque année 25 millions de doses, chacune étant vendue à prix coûtant (0,3 US$). Le Dr. Patarroyo évalue l'efficacité de son vaccin entre 30 et 50% et a bon espoir de la porter sous un an à 90-95%.

PATARROYO M.E. Instituto Epidepiologico, Hospital San Juan de Dios, Bogota. 8 octobre 1997.

NDLR. Le Dr. Patarroyo semble rester convaincu contre vents et marées de l'efficacité de son vaccin synthétique Spf66. Pourtant aucun des nombreux essais cliniques menés par des expérimentateurs indépendants n'a révélé une quelconque efficacité crédible à ce vaccin.

Méfloquine : prescrire après mûre réflexion

En raison d'effets secondaires, parfois graves, de plus en plus fréquemment répertoriés en Grande Bretagne, les recommandations officielles pour les voyageurs britanniques viennent de restreindre l'utilisation de la méfloquine*. Cette molécule ne devrait être prescrite qu'en cas de "risque élevé de contracter un paludisme qui soit hautement résistant à la chloroquine" . La place de l'association chloroquine-proguanil s'en trouve ainsi élargie : cette association est, par exemple," adaptée aux touristes qui se rendent en Afrique de l'est côtière pour deux semaines ou moins, (') sous réserve qu'ils soient informés qu'ils encourent un risque accru de contracter un paludisme ".* Lariam

Revised guidance on chemoprophylaxis for malaria for UK travellers.Commun. Dis. Rep. 1997 ; 7 : R137-52.

Sexualité des Suédoises en voyage

Des auteurs suédois ont étudié une population de 996 femmes consultant pour contraception. 276 d'entre elles déclarèrent avoir eu des rapports sexuels avec des partenaires de rencontre lors de voyages à l'étranger ; ces femmes furent comparées aux 720 autres. Les facteurs statistiquement significatifs reliés à cette sexualité à l'étranger furent les suivants : il s'agit de femmes plus souvent célibataires, ayant eu des déceptions amoureuses, et qui fument du tabac, de la marijuana, et boivent de l'alcool plus souvent que les autres ; leur niveau d'éducation est plus élevé ; elles ont eu plus souvent des interruptions volontaires de grossesse.

Arvidson M. et coll. Risky behavior in women with history of casual travel sex.
Sex. Transm. Dis. 1997 ; 24 : 418-21.

Comportement sexuel des expatriés en zone de forte endémie de sida

864 expatriés hollandais furent interrogés à leur retour, et une sérologie VIH fut pratiquée. Leurs missions (durée moyenne : 26 mois) s'étaient effectuées en Afrique sub-saharienne, en Asie du sud et du sud-est, en Amérique latine. Parmi les 634 hommes, 41% avaient eu des rapports sexuels avec des partenaires locaux ; pour les femmes (230), ce taux était de 31%. Les hommes utilisèrent un préservatif dans 69% des rapports, les femmes dans 64%. Deux sujets se révélèrent VIH séropositifs. Une étude similaire menée 7 ans plus tôt permet de constater une augmentation importante de l'utilisation des préservatifs, qui était alors en moyenne de 21%.

De Graaf R. et coll. Sexual risk of HIV infection among expatriatesposted in AIDS endemic areas. AIDS. 1997 ; 11 : 1173-81.

NDLR. Ainsi, environ 8% des expatriés hollandais ont eu des rapports avec des partenaires locaux, pendant 26 mois, sans jamais utiliser de préservatifs. Toutes les publications antérieures démontrent que les Hollandais utilisent beaucoup plus les préservatifs que les Français'