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Mars 2010

VIH et restrictions douanières en Europe

Dès 1987 l'OMS déclarait que le dépistage de la séropositivité VIH aux frontières était incapable de freiner l'expansion de la maladie.

Pourtant, encore aujourd'hui, quelques pays de la région OMS Europe persistent à restreindre l'entrée et le séjour des étrangers infectés sur leur territoire.
L'OMS a mené une étude sur les pratiques en vigueur dans les différents pays de la Région Europe, étude difficile en raison des nombreuses distorsions entre les textes et leur application effective.
Dans 51 pays de la Région, il n'existe aucune restriction. Mais dans 11 pays, les sujets VIH séropositifs se verront refuser un visa pour séjour de longue durée : Andorre, Arménie, Chypre (uniquement pour les demandeurs extra-européens), Hongrie, Kasakhstan, Moldavie, Fédération de Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Ouzbekistan. Pour ce dernier pays, même les voyageurs de courte durée se voient refuser leur visa. Pour la Géorgie, les auteurs avouent avoir été dans l'impossibilité de comprendre les textes en vigueur et encore moins bien sûr leur application pratique.
En résumé, 32% des pays de la région OMS Europe appliquent des restrictions diverses à l'entrée sur leur territoire des sujets porteurs du VIH. Restrictions qu'ils défendent au titre de la préservation de la santé publique de leurs populations, contre toute logique épidémiologique.

LAZARUS JV et al. HIV-related restrictions on entry, residence and stay in the WHO European Region : a survey. J Int AIDS Soc. 2 - 010 ; 13 : 2.


Hommes, femmes et maladies des voyages

Le réseau GeoSentinel a étudié de manière prospective 58.908 voyageurs et voyageuses étant revenus malades d'un séjour exotique. L'objectif était de comparer les risques chez les hommes et les femmes. Cette étude est la première du genre (NDLR).

Les femmes ont plus de risque que les hommes (p<0,0 - 01) de contracter une diarrhée aiguë (OR 1,13, IC 95 1,09-1,39), une diarrhée chronique (OR 1,28, IC 1,19-1,37), un syndrome du côlon irritable (OR 1,39, IC 1,24-1,57), une infection respiratoire haute (OR 1,23, IC 1,14-1,33), une infection urinaire (0R 4, - 01, IC 3,34-4,71), un stress psychologique (OR 1,30, CI 1,14-1,48), un problème bucco-dentaire et une intolérance médicamenteuse.

En revanche, par rapport aux hommes, les femmes sont moins susceptibles de souffrir de maladies fébriles (OR 0,15, IC 0,10-0,21), de maladies inoculées par des insectes, comme le paludisme (0R 0,68, IC 0,41-0,51), les leishmanioses et rickettsioses (OR 0,57, IC 0,3-0,74), d'infections sexuellement transmises (OR 0,68, IC 0,58-0,81), d'hépatites virales (OR 0,34, IC 0,21-0,54), d'affections cardio-vasculaires, de mal aigu des montagnes et de gelures.
Par ailleurs, les femmes fréquentent plus que les hommes les consultations préventives du voyage (OR 1,28, IC 1,23-1,32) et courent globalement moins de risque que les hommes d'être hospitalisées au cours ou au retour du voyage (OR 0,45, IC 0,42-0,49).

SCHLAGENHAUF P et al. Sex and gender differences in travel-associated disease.Clin Infect Dis 2 - 010 ; 50 : 826-32.

NDLR. Les résultats de cette étude sont édifiants : ils démontrent de surcroît, n'en déplaisent aux idéologues de l'égalité et de l'interchangeabilité de l'homme et de la femme
- que l'homme demeure aventureux, fonceur, insouciant et volontiers inconscient
- que la femme reste posée, calme, précautionneuse.