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Mars 2008

Hépatite A, Canada, USA

Le Canada et les Etats-Unis sont des pays de faible incidence de l'hépatite A. Mais le Canada encore moins. Ce différentiel est sans doute d'importance compte tenu des flux des visiteurs canadiens aux Etats Unis.
Les auteurs ont développé un modèle prenant en compte les structures d'âge, les cas rapportés d'hépatite A, la couverture vaccinale, la séroprévalence, les modalités de voyages.
Il apparaît, avec ce modèle, que 22% des cas canadiens sont liés à un voyage aux Etats-Unis, au milieu des années 1990. La vaccination HA fut alors intégrée au calendrier vaccinal de l'enfance aux Etats-Unis ; ceci bénéficia aux Canadiens puisque l'incidence de l'hépatite A contractée aux Etats-Unis diminua de 21% en l'espace de 5 ans.

AMARIEI R et coll. The United States and Canada as a couple epidemiological system : an example from hepatitis A. BMC Infect Dis 2008 ; 8 : 23 (Epub).

L'hépatite E arrive

Les auteurs ont étudié les cas d'hépatites A et E survenus en 2005-6 à Cornwall et Devon (sud-ouest de l'Angleterre) ; par ailleurs ils ont recherché les IgG anti-VHE et anti-VHE dans les dons du sang effectués dans cette même région et à la même période. Sur les 500 dons (correspondant à 500 donneurs), des IgG VHA sont trouvés à hauteur de 45%, des IgG VHE à hauteur de 16%.
Pour les malades : il s'agit d'une hépatite E dans 28 cas (sur 838 tests), d'une hépatite A dans 20 cas (sur 4503). Les sujets avec hépatite E sont plus âgés (61 vs 45 ans, p=0,003) et présentent 5 fois plus de complications.
Alors que l'hépatite A diminue dans tous les pays industrialisés, l'hépatite E autochtone semble devoir y devenir la première cause d'hépatite ; le VHE doit être aujourd'hui systématiquement recherché devant tout tableau d'hépatite, chez un voyageur tropical comme chez un sédentaire.

DALTON HR. Autochtonous hepatitis E in Southwest England : a comparison with hepatitis A. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 2008, Feb 26 (Epub).

Maladie de Lyme : prévention

Comme il n'y a pas de vaccin, les stratégies évitant les morsures de tiques sont d'importance majeure. Mais celles-ci sont-elles efficaces ' cela n'avait jamais été démontré.
En zone de haute transmission (Connecticut) a été menée une étude cas-témoins : sujets reconnus comme ayant contracté une maladie de Lyme, et d'un autre côté sujets indemnes appariés.
Résultats. Le port de vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle a une efficacité de 40%. L'utilisation en routine de répulsifs cutanés ou imprégnant les vêtements est assortie d'une efficacité de 20%. L'inspection cutanée régulière n'aurait aucune efficacité (ce qui contraste fortement avec tout ce qui est couramment dit et écrit ; la confirmation par d'autres études nous paraît nécessaire avant d'abandonner cette mesure simple et sans risque. NDLR).

VAZQUEZ M et coll. Effectiveness of personal protective measures to prevent Lyme Disease. Emerg Infect Dis 2008 ; 14 : 210-6.

Tortilla dans le guacamole

Celui qui trempe plus d'une fois sa tortilla chip dans le bol de guacamole est un assassin. Des chercheurs de l'université de Caroline du Sud le démontrent.
Trois à six immersions permettent de transférer 10.000 bactéries de la bouche à la guacamole. Dans une soirée reconstituée, le trempage est généralement de deux fois ; 50 à 100 bactéries sont alors transférée par personne et par tortilla.
Bien évidemment la situation sera apocalyptique si le plat n'est pas terminé à la fin de la soirée et est conservé pour une autre, et le tout dans un climat tropical.

KAVALIER F. Double dipping : the new challenge for health and safety. BMJ 2008 ; 336 : 297.

Paludisme tardif : pourquoi '

Pourquoi certains patients déclarent-ils un paludisme à P. falciparum plus de 3 mois après l'infestation '
Les auteurs ont souhaité le savoir par une étude cas-témoins chez des immigrants. Les cas ont un paludisme détecté plus de 59 jours après leur arrivée en France ; les contrôles, moins de 30 jours. Les cas sont appariés à 4 contrôles.
Sur la période d'étude (10 ans) 61 cas tardifs furent recensés, sur un total de 2.680 accès à P. falciparum (2,3%). Ces sujets (cas) sont plus jeunes (30,6 vs 34,5 ans, p=0,44), plus souvent de sexe féminin (54,1 vs 38,1%, p=0,03), et ont une plus faible parasitémie (0,6 vs 1,4%, p=0,04). La séropositivité VIH paraissait associé au retard mais n'a pas pu être incluse dans les analyses finales compte tenu de l'absence de données pour trop de sujets.
Les facteurs de risque de forme prolongée sont : la grossesse (OR 4,1), la première immigration (22,9), l'utilisation de méfloquine préventive ou présomptive (11,6).