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Mars 2007

Hépatite A fulminante

Les auteurs ont étudié, de 1998 à 2005, 29 patients adultes présentant une insuffisance hépato-cellulaire aiguë liée à une infection par le virus de l'hépatite A (VHA). Après trois semaines d'hospitalisation, 16 patients étaient spontanément guéris (55%) ; 9 (31%) durent subir une transplantation hépatique et 4 (14%) décédèrent. La probabilité pour qu'un patient se retrouve dans ces deux derniers groupes était corrélée à 4 facteurs : ALAT<2.600ui/l, créatinine>2,0mg/dl, intubation et utilisation de médicaments vasopresseurs.
L'analyse des données nationales américaines montra que la fréquence des hépatites A fulminantes avait diminué sur cette période de 8 ans (sans doute grâce à la vaccination NDLR), mais que leur gravité restait à peu près inchangée.

TAYLOR RM et coll. Fulminant hepatitis A virus infection in the United States. Incidence, prognosis and outcomes. Hepatology 2006; 44: 1397-9.

Typhoïde: la résistance indienne

La multi-résistance de Salmonella Typhi est apparue dans le sous-contient indien dans les années 1980 ; la ciprofloxacine s'est alors imposée comme la drogue de choix pour le traitement des fièvres typhoïdes.
Les auteurs ont étudié l'évolution des résistances de 1988 à 2005 sur des souches isolées dans le centre de l'Inde et conservées jusqu'à ce jour. Dans les cinq premières années, la CMI de la ciprofloxacine était inférieure à 0,125 mg/l ; en 1998-99, 60% des souches avaient une CMI supérieure à 0,125 mg/l ; en 2003, 82,5% ; en 2004-5, 88,2%, avec 15% de CMI>1mg/l (résistance de haut niveau). Les antibiotiques classiques subirent une évolution inverse : de 90% de résistance en 1990-1, ils passèrent à 5,6% en 2004-5.
Les auteurs recommandent de ce fait de se remettre à traiter (en Inde) les typhoïdes par phénicolés, cotrimoxazole ou ampicilline.

CHITNIS S et coll. Ciprofloxacin therapy for typhoid fever needs reconsideration. J Infect Chemother 2006 ; 12 : 402-4.

NDLR. Il n'est pas question que nos voyageurs reçoivent des phénicolés ou du cotrimoxazole ; mais peut-être pourrions-nous discuter d'un traitement préférentiel par bêta-lactamines chez les voyageurs ayant contracté une fièvre typhoïde en Inde.

Australiens têtes brûlées

Les Australiens, comme beaucoup d'autres, voyagent de plus en plus ; ils quittent un pays reconnu par l'OMS comme l'un des mieux sécurisés sur le plan infectieux : quasiment aucun Australien de moins de 50 ans n'a d'anticorps naturels contre le virus de l'hépatite A. Et ils vont fréquenter des zones de haute endémie comme Fidji, Salomon, Papouasie Nouvelle-Guinée, Asie du sud-est...
Entre 20 - 01 et 2003 a eu lieu une enquête téléphonique auprès de 679 sujets ayant effectué un voyage international dans les deux dernières années ; 503 répondirent à toutes les questions. Un tiers seulement avaient consulté avant leur départ. Parmi ceux voyageant dans des zones à haut risque d'hépatite A, seulement 46% partirent dûment vaccinés, taux qui n'évolue pas au cours des trois années étudiées. Et pourtant, ils sont 20% à être vaccinés pour des voyages dans des pays sans risque (Royaume Uni, Etats-Unis...) ; un tiers des Australiens interrogés ignorent tout de l'hépatite A et de sa transmission.
Les auteurs paraissent désespérés.

ZWAR N et coll. Pretravel advice and hepatitis A immunization among australian travelers. J Travel Med 2007; 14: 31-6.