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Mars 2006

Vaccin amaril en début de grossesse

Lors d'une campagne de vaccination de masse contre la fièvre jaune dans l'Etat brésilien de Sao Paulo, des femmes en début de grossesse furent vaccinées par erreur : les auteurs en analysent les conséquences et surveillent les nouveaux-nés pendant 12 mois.
Les 480 femmes, qui ne se savaient pas enceintes, ont été vaccinées à 5,7 (5,2-6,2) semaines de grossesse. Leurs IgG étaient positifs à 98,2% six semaines plus tard. Aucun nouveau-né n'avait une PCR positive. La fréquence des évènements anormaux était : avortement spontané : 2,5% ; enfant mort-né : 0,7% ; accouchement prématuré : 7,8% ; malformations : 2,3%. Ces taux sont exactement les mêmes que ceux constatés dans les grossesses de l'ensemble des femmes de l'Etat de Sao Paulo.

SUZANO CE et coll. The effects of yellow fever immunization inadvertently used in early pregnancy during a mass campaign in Brazil. Vaccine 2006; 24: 1421-6.

Les Australiens et la doxycycline

Les rapports annuels de l'Australian Statistics on Medicine ont permis aux auteurs de dégager les tendances dans la prise prophylactique des antipaludiques.
Il y a 10 ans a eu lieu un rapide déclin de la pyriméthamine et de la dapsone ; puis eut lieu celui de la chloroquine, du proguanil, de la méfloquine ; et jusqu'en 2002, l'association atovaquone et proguanil était confidentielle. Il n'en restait donc plus qu'un seul, qui représente la quasi totalité des prescriptions : la doxycycline.

LEGGAT PA Trends in antimalarial prescriptions in Australia from 1988 to 2002. J Travel Med 2005; 12: 338-42.

NDLR. Les Australiens se rendent surtout dans des pays de multi-résistance : sud-est asiatique, Nouvelle Guinée' Mais il est curieux qu'ils boudent si massivement le Lariam® et la Atovaquone-proguanil®, négligent les recommandations de l'OMS, et qu'ils s'en trouvent contents (quelques 500 cas par an, et des morts annuelles qui se comptent sur les doigts d'une main).

Trypanosomiase humaine africaine en France

Les auteurs ont demandé au réseau Anofel (50 laboratoires) de signaler leurs cas de trypanosomiase humaine africaine, populairement appelée « maladie du sommeil », depuis 1980. Ils en ont ainsi recensé 26, soit environ un cas par an.
Il s'agit donc d'une maladie très rare, exceptionnelle pour le touriste (qui néanmoins se rend de plus en plus fréquemment dans des pays classiquement peu touristiques).

LEGROS F et coll. Trypanosomiase humaine africaine : recensement des cas d'importation observés en France, 1980-2004. BEH 2006 ; 7 : 57-9.

NDLR. Comme toute maladie exceptionnelle, on peut s'attendre à quelques cas non diagnostiqués. Une vigilance est de mise chez un sujet présentant une méningo-encéphalite et qui aurait séjourné en Angola, au Congo RD, en Ouganda et au sud-Soudan, ces quatre pays rassemblant 90% des cas mondiaux.

Mélatonine et jet lag : métaanalyse

Les auteurs ont analysé 13 publications d'essais contrôlés et randomisés. Six d'entre eux ne montraient aucune action sur l'induction du sommeil chez les sujets présentant un trouble du sommeil secondaire (-13,2 ; CI '27,3 ' 0,9). Neuf ne parvenaient pas à conclure à une action positive sur l'induction du sommeil chez les sujets en carence de sommeil (-1,0 ; -2,3 ' 0,3).
Pour la sécurité de la mélatonine, 17 études furent analysées : aucun effet indésirable à court terme (<3 mois) ne fut décelé.

Buscemi N et coll. Efficacy and safety of exogenous melatonin for secondary sleep disorders and sleep disorders accompanying sleep restriction. BMJ 2006; 332: 373-4.

Accessibilité à l'avion et mélanome

Depuis quelques décennies, le coût des voyages aériens ne cesse de baisser, et l'incidence du mélanome ne cesse d'augmenter. Ont été utilisées des bases de données nord-américaines (9 Registry Database, 1975-2000) et norvégiennes (Cancer Registry, 1965-2000). Ont été analysés les coûts ajustés en dollars constants pour 4 destinations américaines touristiques (Miami, Los Angeles, Phoenix, San Diego) et pour l'ensemble des vols intérieurs norvégiens (peu touristiques).
La corrélation entre la baisse des coûts et l'incidence du mélanome est évidente : r=0,96, r=0,92, p<0,0 - 01. Elle est encore un peu plus marquée avec une modélisation de survenue du mélanome à 5 ans. Il existe enfin une augmentation du risque corrélée au nombre de miles parcourus.
La concordance entre les résultats américains et norvégiens tend à diminuer la partie du risque lié à l'exposition solaire terrestre sur le site de destination. Les auteurs concluent que le lien de causalité ne peut pas être établi mais que l'étude apporte une enseignement pragmatique : plus on voyage en avion, en fréquence ou en miles, plus on court le risque d'un mélanome. Et les voyageurs aériens sont toujours de plus en plus nombreux.

AGREDANO YZ et coll. Accessibility to air travel correlates strongly with increasing melanoma incidence. Melanoma Res 2006; 16: 77-81.