News

Mars 2002

Hépatite A et voyages courts

Les auteurs (suisses, canadiens) s'insurgent : pour une fois que nous avons un moyen près de 100% efficace -la vaccination- pour prévenir une maladie liée aux voyages, on ne constate qu'une diminution de 11% de son incidence dans la population des voyageurs internationaux. Ils partent en lutte contre l'idée reçue, par le public et par leurs médecins, selon laquelle le risque d'hépatite A n'est lié qu'à des voyages longs ou effectués dans des conditions précaires (type routard). Ils ont donc mené une étude cas-témoins sur des voyageurs canadiens : 108 qui sont revenus avec une hépatite A, comparés à 620 qui furent épargnés.

Certes on retrouva fortement le facteur de risque "longueur/précarité", avec un OR de 7,2 (CI 1,76-29,4) ; mais cette population ne concernait de 7% de l'ensemble des cas d'hépatite A. Ceci est bien compréhensible compte tenu du nombre très élevé (et sans cesse croissant) des voyages de courte durée dans des conditions jugées "bonnes". La très grande majorité des cas d'hépatite A est donc le fait du voyageur tout-venant, lequel est tellement banal qu'il n'attire plus l'attention du médecin, qui n'insiste pas trop pour le vacciner.

Une autre explication reposerait sur le fait que bon nombre de consultants partent dans les jours qui viennent, voire le lendemain, et que leur médecin baisse les bras. Ce à quoi Steffen répond qu'il est très probable que les vaccins (Avaxim® ou autres) protègent beaucoup plus rapidement qu'ils ne le pensent : et peut-être même immédiatement, bien avant la montée des anticorps sériques, comme le montrent des modèles animaux et l'utilisation efficace des vaccins en cas d'épidémie.

STEFFEN R. Despite good tools, we do not effectively reduce travelers' hepatitis A.
DE SERRES G. et coll. Ineffectiveness of the current strategy to prevent hepatitis A in travellers.
J. Travel Med. 2002; 9: 1-2, 10-16.

Hépatite A, Europe et ex- URSS

L'OMS a cessé depuis bien longtemps de dresser la liste des pays dans lesquels un voyageur risquait de contracter une hépatite A pour véhiculer un message inverse: "le risque d'hépatite A est très faible ou nul si l'on voyage dans les zones suivantes: Amérique du Nord, Europe de l'Ouest, Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour, Hong-Kong, Japon". On ne devrait sortir de ces zones que dûment vacciné.

Le territoire "Europe de l'Ouest" et sa frontière avec les pays dangereux méritaient d'être précisé:
l'OMS vient de nous livrer ses derniers détails : font partie de la zone à risque :

- Europe: Albanie, Bosnie, Bulgarie, Chypre, Croatie, Grèce, Hongrie, Macédoine, Malte, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, République Tchèque, Yougoslavie.

- Ex-URSS: Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Estonie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine.

OMS. www.who.int/wer/pdf/2002/wer7706.pdf

Morsures de serpents africains

En Afrique, les morsures de serpents constituent un grand problème de santé publique. Selon des statistiques purement hospitalières, 30.000 personnes en meurent chaque année. La létalité varie entre 5 et 25%, aggravée par le manque de sérums de qualité, le manque de formation des personnels de santé et le recours aux thérapeutes traditionnels.

CHIPPAUX J.P. Envenimations. Sciences au Sud, IRD. 2002 ; 13 : 2.

NDLR. Le développement du tourisme "nature", l'attrait croissant pour les séjours dans les déserts (où sévit la terrible vipère à cornes) devraient inciter les voyageurs exposés à bien apprendre les conduites de protection, à se munir préventivement des sérums de dernière génération et à ne jamais avoir recours aux "tradithérapeutes".