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Mai 2007

Expatriés et soleil

Un questionnaire a été adressé (deux fois) à 12.741 Français participant à l'étude SUVIMAX. Parmi les 9.416 répondants, 1.594 (942 hommes, 652 femmes) avaient été expatriés dans des zones à forte radiation UV.
Les femmes déclarèrent en majorité s'être exposées volontairement au soleil, principalement entre 11 et 16 heures, sans programme d'exposition progressive, et lors de la pratique du naturisme et de sports nautiques. Les hommes s'exposèrent peu dans un but de bronzage, mais déclarèrent majoritairement avoir été exposés massivement lors de travaux extérieurs ou lors de la pratique de sports nautiques ou de montagne.
Dans les deux sexes, les méfaits de l'exposition solaire étaient le plus souvent méconnus ou négligés. Les auteurs concluent à la nécessité d'une information systématique délivrée par les médecins, de CVI en particulier, en consultation de pré-expatriation.

EZZEDINE K et coll. Expatriates in high-UV index and tropical countries : sun exposure and protection behavior in 9,416 French adults. J Travel Med 2007; 14: 85-91.

Inégalité hommes-femmes

Les auteurs (allemands) ont étudié 338 cas de leptospirose, tous lieux d'acquisition confondus, survenus entre 1997 et 2005.
- La répartition par sexe est éloquente : 263 hommes, 75 femmes.
- La probabilité d'hospitalisation est très nettement supérieure chez l'homme (OR 2,6 ; p<0, - 01).
- Les signes de sévérité sont plus présents chez l'homme : ictère (OR 3,7 ; p<0, - 01), insuffisance rénale (OR 3,4, p<0, - 01), syndrome hémorragique (OR 7,8, p<0,05).
Et ce quels que soient les risques d'exposition, les sérotypes ou l'attitude de recours au système de santé.
La leptospirose est donc plus fréquente et plus grave chez l'homme.

JANSEN A et coll. Sex differences in clinical leptospirosis in Germany. Clin Infect Dis. 2007 ; 44(9) : e69-72.

Sex at risk in Cuzco

Les rapports sexuels occasionnels des touristes semblent croître chaque année ; les partenaires les plus fréquents sont ceux qui sont en contact directs avec les touristes : en l'occurrence à Cuzco (Pérou) les voyageuses et leurs guides locaux.
C'est à ces derniers que se sont intéressés les auteurs, qui ont fait remplir un questionnaire à 161 d'entre eux et en ont obtenu des échantillons sanguins pour HSV2, C. trachomatis et syphilis.
La majorité des guides (65%) étaient sexuellement actifs dans l'année précédant l'étude ; 10% rapportèrent des rapports avec des touristes. Dans 42% des cas, il n'y eu aucun préservatif. Un quart des guides rapporta une histoire clinique compatible avec une IST, 22% avouant se considérer à risque d'une telle transmission. De fait, la biologie révéla que 15% d'entre eux étaient porteurs d'une chlamydiose, et 88,2% porteurs d'anticorps anti-HSV2 ; pas de syphilis.

CABADA MM et coll. Sexual behavior, knowledge of STI prevention, and prevalence of serum markers for STI among tour guides in Cuzco/Peru. J Travel Med 2007; 14: 151-7.

NDLR. Ca fait froid dans le dos; un peu plus bas pour être précis... Bien évidemment, les auteurs concluent que nous ne faisons pas notre travail de prévention, de sensibilisation : si quelqu'un a la recette pour obtenir une autre réponse de nos patients que « mais vous n'y pensez pas, docteur », qu'il veuille bien nous contacter.

Pilotage privé et crashs

Aux Etats-Unis, il y a plus de 200.000 pilotes privés. Les auteurs ont étudiés les facteurs de risque de crash.
- Les pilotes qui n'ont pas passé les tests d'agrément pour le vol aux instruments ont un risque d'accident multiplié par quatre, quel que soit l'aéronef piloté.
- Pilotage en état d'ivresse
- Sexe masculin
- Age avancé
- Antécédent(s) d'accident ou de violation de la réglementation
- De tous les pilotes amateurs, ce sont les médecins qui viennent en tête de toutes les professions pour le risque de crash.

LI G et coll. Crash risk in general aviation. JAMA 2007; 297: 1596-8.

NDLR. En voyage, si vous louez les services d'un pilote privé, prenez une pilote, jeune, sobre, formée au vol aux instruments, et qui est tout sauf médecin.