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Mai 2005

Paludisme en Thaïlande

Les auteurs ont étudié l'évolution de l'incidence nationale du paludisme (P. falciparum et P. vivax) de 1965 à 2002. Ils constatent une diminution par 35 pour falciparum (11,86% vs 0,34%), par 7 pour vivax (2,89% vs 0,40%). La grande majorité du pays connaît une diminution (voire une disparition) beaucoup plus importante : les taux résiduels sont liés à la stagnation de l'incidence dans les zones frontalières avec le Myanmar et le Cambodge.

ZHOU G et coll. Spatio-temporal distribution of Plasmodium falciparum and P. vivax malaria in Thailand. Am J Trop Med Hyg 2005; 72: 256-62.

NDLR. L'industrialisation et la déforestation aidant, le paludisme disparaîtra bientôt totalement de la plus grande partie du pays. Il faut en finir avec les vieux clichés des films de la seconde guerre mondiale où les soldats alliés tombaient comme des mouches dans d'atroces convulsions palustres ; il faut cesser de faire partir des touristes bourrés de Lariam® ou de Atovaquone-proguanil® parce qu'on a vu sur une carte globale « Thaïlande : paludisme multi-R +++ » ; il faut expliquer que, dans les zones résiduelles, le paludisme ne se transmet que la nuit, nuit qu'ils passent à l'abri dans leur hôtel à Chang Mai.

Migrants africains en vacances

Furent interrogés par téléphone, dans la semaine suivant leur retour et six semaines après, 789 migrants partis en vacances, pour une durée de moins de trois mois, dans leur pays d'origine : à savoir à savoir Mali (28%), Sénégal (19%), Côte d'Ivoire (14%) et autres pays d'Afrique noire.
Dans 51% des cas, le séjour était partiellement ou totalement rural (absence d'électricité et d'eau courante dans la moitié des cas). Durée moyenne de séjour : 37 (1-94).
La compliance au traitement préventif du paludisme (chloroquine + proguanil) fut de 81%, supérieure chez les enfants (85%, p<0,0 - 01). Au moins un problème de santé fut rapporté par 48% des sujets pendant leur séjour, et par 33% après leur retour. Problèmes gastro-intestinaux dans 64% des cas, fièvre dans 19%. Un accès palustre fut rapporté chez 28 sujets (15 diagnostiqués sur place, 13 au retour). Cinq décès survinrent (dont 4 enfants) en Afrique.

BOUCHAUD O et coll. Prevention and health hazards in african migrants travelling in their country of origin for holidays. 9th Conference of the International Society of Travel Medicine, May 1-5, 2005, Lisboa, Portugal.

Le paludisme et les pharmaciens

Des enquêteurs, se faisant passer pour des voyageurs, se sont rendus dans 68 pharmacies de Johannesburg. Ils demandèrent des conseils en prévision d'un voyage de 3 jours à Maputo (43), zone de transmission palustre, ou à Harare (25), ville non impaludée.
Dans le groupe Maputo, 7% prescrivirent un antipaludique inefficace ; 15% seulement s'enquirent d'une éventuelle épilepsie ou d'antécédents psychiatriques alors même que la méfloquine était prescrite.
Dans le groupe Harare, un antipaludique fut prescrit dans 43% des cas.
Dans un seul cas, le pharmacien chercha à se renseigner ; dans un seul autre cas, le pharmacien recommanda au patient de se rendre dans une travel clinic.

TOOVEY S. Malaria advice in the pharmacy. What's wrong' 9th Conference of the International Society of Travel Medicine. May 1-5, Lisboa, Portugal.

SaO2 en avion

Peu d'études, amélioration des pressurisations de cabine, de plus en plus de voyageurs âgés ou malades... les auteurs ont «monitoré» 84 passagers (1-78 ans) au sol et en vol.
Au sol, la SaO2 moyenne était de 97% (93-100) ; en altitude de croisière, qu'il s'agisse de longs courriers ou de vols de courte durée, la saturation passait à 93% (85-98). La SaO2 de 54% des sujets était de moins de 94%, ce qui, pour certains d'entre eux, « aurait entraîné au sol, pour n'importe quel médecin hospitalier, un apport d'oxygène ».

HUMPHREYS S et coll. The effect of high altitude commercial air travel on oxygen saturation. Anaesthesia 2005; 60: 458-60.