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Mai 1999

Plus on est grand et pauvre, moins on survivrait à un crash aérien !

En début de vol, on nous explique, qu'en cas de problème grave, il conviendra de mettre la tête sur les genoux et les mains sur la tête : cette mesure est présentée comme très, très importante.

Sujets et méthodes. A l'occasion du dernier congrès de l'American Heart Association, de malicieux confrères (n=24, dont 22 hommes) qui se rendaient à la Nouvelle-Orléans ont essayé de prendre cette posture. Tous étaient de stature et de poids normaux. 18 voyageaient en classe économique, 6 en première.

Résultats. Seulement deux sujets de la classe économique (les deux femmes, de petite taille) purent prendre la posture en question ; les six sujets voyageant en première purent tous l'adopter sans problème (p<0, - 01).

Conclusion. Si les compagnies aériennes pensent que ces mesures de sécurité sont importantes, vitales, elles doivent faire en sorte qu'elles soient réellement applicables par leurs passagers. Il convient donc qu'elles augmentent la distance entre les sièges.

ROGGLA G. et coll. Seat space on airlines. Lancet. 1999 ; 353 : 1532.

La vaccination hépatite A est efficace aussi après exposition !

La vaccination hépatite A est-elle encore utile une fois que l'on est contaminé par le virus 'Les auteurs, italiens (très souvent confrontés à des cas d'hépatite A), sont intervenus dans des domiciles où survenaient des cas sporadiques. Chaque domicile fut tiré au sort : les membres de certains foyers reçurent le vaccin (groupe VAC), ceux des autres un placebo (groupe PBO) : et ce, dans les 8 jours suivant le diagnostic du cas index.La surveillance permit de recenser 13,3% de cas dans le groupe PBO, 2,8% dans le groupe VAC. Soit un taux de protection de 79%.

SAGLIOCCA L. et coll. Efficacy of hepatitis A vaccine in prevention of secondary hepatitis A infection : a randomised trial. Lancet 1999 ; 353 : 1136-9.

NDLR. La protection des sujets contacts de malades d'hépatite A repose théoriquement sur l'injection d'immunoglobulines. Cette étude fut jugée éthique car cette pratique n'a pas cours en Italie, reconnaissent les auteurs (nul doute qu'elle n'a guère cours en France non plus). On croyait qu'en vaccinant les sujets contacts on arrivait après la bataille immunitaire. Cette étude prouve que ce n'est pas le cas.

Sérums anti-venins de serpents: plus maniables avec de l'adrénaline

Bien que les sérums anti-venimeux soient de mieux en mieux purifiés, la principale limitation à leur utilisation est la crainte de la survenue de réactions anaphylactiques.Une étude, menée dans un pays de forte incidence des morsures de serpents (Sri Lanka), a comparé en double aveugle deux groupes de patients (n=105): les uns recevant 0,25 mg d'adrénaline (1/1.000) sous-cutanée, les autres un placebo, juste avant l'injection du sérum.Les effets secondaires du sérum survinrent dans 11% des cas dans le premier groupe, dans 43% dans le second (p<0,0002).

PREMAWARDHENA A.P. et coll. Low dose subcutaneous adrenaline to prevent acute adverse reactions to antivenom serum in people bitten by snakes : randomised placebo controlled trial. BMJ. 1999 ; 318 : 1041-3.

L'Espagne à risque diphtérique

Une étude séroépidémiologique conduite sur un échantillon de 3.944 sujets représentatifs de la population espagnole vient de montrer que seulement 26% des Espagnols avaient une protection certaine contre la diphtérie. Comme d'habitude, ce taux est minimal (14%) dans la tranche d'âge 30-39 ans pour remonter légèrement dans les tranches d'âge les plus élevées (probable immunité naturelle ancienne). Les auteurs concluent qu'il y a urgence à procéder à des rappels décennaux systématiques chez l'adulte.

GARCIA-CORBEIRA P. et coll. Low prevalence of diphtheria immunity in the Spanish population : results of a cross-sectional study. Vaccine. 1999 ; 17 : 1978-82.