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Juin 2013

Urgences médicales à bord


Les lignes aériennes commerciales transportent chaque année 2,8 milliards de passagers. Les auteurs ont analysés les 11.920 urgences médicales survenues à bord d’aéronefs (cinq compagnies majeures américaines) effectuant des vols domestiques ou internationaux ayant réclamé une assistance médicale téléphonique aux services médicaux des aéroports américains ( - 01.2008-10.2 - 010).
La fréquence de ces appels est de un pour 604 vols. Une perte de connaissance représente 37,4%; viennent ensuite les symptômes d’ordre respiratoire (12,1%), les nausées et vomissements (9,5%).

Les médecins passagers présents à bord procurèrent une assistance médicale dans 48,1% des cas. Un déroutage fut nécessaire, ou apprécié comme tel dans 7,3% des cas.
Parmi les 10.914 patients pour lesquels il fut possible d’obtenir les données les concernant après atterrissage, 25,8% furent transportés à l’hôpital par des moyens terrestres spécialisés; 8,6% y furent admis, et 0,3% décédèrent. Les motifs d’hospitalisation furent le diagnostic (ou la suspicion diagnostique) d’AVC (OR 3,36; 95%CI 1,88-6,03), défaillance respiratoire (OR 2,13; 95%CI 1,48-3,06) et symptômes cardiaques (OR 1,95; 95%CI 1,37-2,77).

Conclusions des auteurs: le situation est moins préoccupante qu’on ne l’imagine généralement. Mais ils souhaiteraient que les patients souffrant de maladies chroniques (respiratoires, cardiaques, métaboliques…) consultent plus souvent leur médecin préalablement au vol.

PETERSON D C et al. Outcome of medical emergencies on commercial airline flights. N Engl J Med 2 - 013; 368; 2075-83.

Accès palustre de l’enfant aux urgences

Vingt et un cas se sont présentés aux Urgences pédiatriques du Boston Medical Center entre 2004 et 2 - 011. Age moyen de 12 ans (19 mois – 22 ans). Quinze (71%) étaient infestés par P. falciparum. L’infestation avait eu lieu entre un jour et deux ans après le séjour en zone endémique. Tous les patients rapportaient une histoire de fièvre, mais seulement 9 (43%) étaient fébriles aux Urgences. Céphalées dans 14 cas (66%), anorexie dans 13 (62%), frissons dans 11 (52%) et douleurs abdominales dans 10 (48%). Le signe physique le plus fréquent était la tachycardie (n=18, 86%), et le signe biologique le plus commun était la thrombopénie (n=16, 76%).

Au total, symptômes et signes non spécifiques et de fréquence aléatoire invitant les urgentistes à rechercher en priorité la notion de séjour de l’enfant en zone de transmission palustre.

SCHWARTZ K R et al. Imported pediatric malaria presenting to an urban pediatric emergency departement: a case series. Pediatr Emerg Care 2 - 012; 28: 1385-8.

VIH: patients africains en voyage au pays

Le but de l’étude était d’évaluer l’impact d’un voyage au pays sur l’observance et la survenue d’échec du traitement antirétroviral chez des patients (n=200) vivant en France et ayant une charge virale inférieure à 200 copies/mL stable depuis au moins 3 mois. La durée du séjour était comprise entre 2 semaines et 6 mois. Les patients complétèrent un questionnaire standardisé dans la semaine suivant leur retour en France.

L’observance fut altérée chez 23 d’entre eux (11,5%). Les raisons (indépendantes l’une de l’autre) étaient :
1) une perception négative de l’efficacité du traitement (OR=4,3, 95% CI = 1,3-13,7)
2) survenue d’événements traumatiques pendant le séjour (7,8 ; 2,3-26,1)
3) prolongation du séjour (5,2 ; 1,4-20,4).

Les facteurs corrélés, en revanche, à la persistance d’une bonne observance étaient :

1) avoir un logement stable (propriété ou location) en France (0,30 ; 0,10-0,96)
2) être célibataire (0,23 ; 0,05-1,00)
3) divulgation de l’état (0,19 ; 0,05-0,76).

ABGRALL S et al. Visiting one’s native country: the risks of nonadherence in HIV infective sub-saharian migrants – ANRS VIHVO study. J Int Assoc Provid AIDS Care 2 - 013; May 22 (Epub ahead of print).

Suivi des recommandations pour des enfants voyageurs tropicaux

Etude prospective menée à Marseille (02.10 à 02.11) sur des familles avec enfant(s) de moins de 16 ans consultant en vue d’un voyage tropical de moins de 3 mois. Les recommandations furent orales et écrites et les parents furent contactés par téléphone (questionnaire standardisé) 4 semaines après leur retour. Les questionnaires furent ensuite anonymisés.
Furent incluses 122 familles (185 enfants) ; 167 enfants (109 familles) évalués. L’observance des recommandations vaccinales fut de 71%. Vaccin fièvre jaune : 100%. Mais 75% pour l’hépatite A, 77% pour la fièvre typhoïde et BCG 36%.
La chimioprophylaxie antipaludique prescrite fut achetée pour 136 (93%) des enfants, mais seulement 121 (82%) la suivirent correctement pendant le séjour et seulement 97 (66%) avant, pendant et après le voyage : taux similaires chez les voyageurs en visite de famille ou d’amis et les autres voyageurs (ce qui est étonnant Ndlr).
Les recommandations concernant l’alimentation et les boissons ne furent bien respectées que pour 51 (31%) enfants.

CAILLET-GOSSOT S et al. Family compliance with counseling for children traveling to the tropics. J Travel Med 2 - 013; 20: 171-6.