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Juin 2008

Soleil : mangez des tomates !

Selon une étude de la British Society of Investigative Dermatology, la tomate contient de très hauts taux de lycopène. Le lycopène est un très puissant neutralisateur de radicaux libres, capable de contrer les dégâts des brûlures solaires. Les taux sont encore plus élevés dans le concentré de tomates et les tomates cuisinées, le lycopène étant insensible à une cuisson à feu doux et la cuisson augmentant le taux de lycopène biodisponible en cassant les parois cellulaires. Les effets nocifs des UV sont alors diminués de 30% par rapport à des sujets soumis à la même exposition mais ayant une alimentation sans tomate.

Minerva. BMJ 2008 ; 336 : 1078.

NDLR. Dans de nombreux pays, au Maghreb en particulier, il est traditionnel de traiter les brûlures solaires en les frottant avec une tomate coupée en deux. On peut donc aujourd'hui adjoindre un traitement per os qui a le mérite de n'avoir aucun effet secondaire et d'être d'un coût dérisoire. Et il est également démontré que le lycopène diminue l'incidence du cancer de la prostate, de l'athérosclérose, du diabète, et augmente la fertilité masculine...

Décalage horaire : du nouveau !

Il n'est pas dans nos habitudes de livrer de la science fondamentale dans nos colonnes, avec des titres aussi inutiles que ronflants comme « paludisme, un vaccin pour demain », « un nouvel espoir pour... ». Mais là, une découverte fondamentale, et en prime chez l'animal, pourrait passer immédiatement en clinique humaine, et sans risque (NDLR).
Quand un animal diurne dispose d'une alimentation suffisante, le cycle veille-sommeil est puissamment régi par le cycle jour-nuit. En cas de pénurie alimentaire, la recherche de nourriture prend le pas sur ce cycle : on ne dort pas : la priorité est de manger. Ce mécanisme est lié à l'activation ou la mise en sommeil du gène Bmal1(hypothalamus). Si on se met dans des conditions de jeûne pendant 16 heures, le besoin de sommeil est fortement réprimé et laisse libres les neuromédiateurs induisant l'action de recherche de la nourriture.

FULLER PM et al. Differential rescue of light- and food-entrainable circadian rhythms. Science 2008 ; 320 : 1074-7.

NDLR. Ainsi, si quelqu'un part à San Francisco ou à Tokyo, il se lève, ne mange rien, continue à refuser les plateaux-repas de l'avion (ce n'est souvent pas un grand sacrifice) : il arrivera théoriquement à destination parfaitement dispos. S'il le souhaite, il se restaurera et ira à l'évidence dormir ; s'il a un programme nécessitant d'être bien éveillé, il attendra encore un peu. Les études cliniques ne devraient pas tarder ; en attendant, on pourrait essayer en pratique quotidienne.

Hyperéosinophilie du voyageur

On le faisait tous mais personne ne s'en vantait ; alors ils l'ont écrit (NDLR)
Les auteurs israéliens ont étudié de manière rétrospective 955 voyageurs ayant eu recours à la consultation de post-voyage. Parmi ceux présentant une hyperéosinophilie, une bilharziose fut diagnostiquée chez 4,4% ; parmi les autres, ce ne fut que chez 23,7% on put identifier un helminthe précis.
Chez les autres fut alors prescrit un traitement empirique par albendazole (NDLR Zentel®) : l'hyperéosinophilie disparut chez 90% des sujets. Les auteurs concluent que ce traitement aveugle a sa légitimité.

MELTZER E et al. Eosinophilia among returning travelers : a practical approach. Am J Trop Med Hyg 2008 ; 78 : 702-9.

NDLR. Attention ! Cette attitude n'est concevable qu'après avoir éliminé les infestations non sensibles à l'albendazole -comme les auteurs le firent avec la bilharziose. Rappelons qu'il s'agit d'une attitude empirique, sans nul doute efficace pour la prise en charge du plus grand nombre de patients, mais qu'il reste classique de multiplier les examens parasitologiques des selles jusqu'à épuisement... du médecin, du biologiste, du patient.