News

Juin 2001

Hépatites virales et voyages

Des auteurs londoniens ont étudié rétrospectivement les sérums de 566 voyageurs tropicaux non vaccinés VHA ni VHB, ainsi que ceux d'un groupe témoin non voyageur (n=500).

Les anticorps totaux anti-VHA sont très largement plus fréquents dans le groupe voyageur (50,4% contre 38,4%). Présence AgHBs: 0,8 contre 0,5%. Hépatite C : 1,6 contre 0,6%. Hépatite E: 4,4 contre 2,6%.

ZUCKERMAN J.N. et coll. A study to determine the seroprevalence of hepatitis A, B, C and E viruses in travellers. 7th Conference of the ISTM, May 27-31, 20 - 01, Innsbruck.

Tolérance des associations vaccinales

Les voyageurs qui consultent trop peu de temps avant leur départ sont les sujets idéaux pour tester la tolérance de vaccins multiples injectés lors d'une même séance : ils ont en effet un besoin, parfois crucial, d'être dûment protégés. Des auteurs allemands ont ainsi étudié la tolérance de l'injection des vaccins DTP, HA, HB, Typh, FJ, A+C, JE, diversement associés, de 1 à 4.

Les réactions dites sévères sont stables et rares dans tous les cas (1-2%). Chez les polyvaccinés, par rapport aux monovaccinés, les réactions locales sont augmentées de 10%, les réactions générales de 11%.

Les auteurs concluent que ces augmentations ne représentent qu'une simple addition des réactions habituelles de chacun des vaccins, et qu'il n'y a donc aucun effet démultiplicateur. Il n'y aurait aucune raison de priver les voyageurs d'une quelconque valence vaccinale en raison de son départ trop proche.

BOEMER N. et coll. Reactogenicity and tolerability of vaccine combinations in travel medicine.
7th Conference of the ISTM, May 27-31, Innsbruck.

Eradication de la poliomyélite: prudence

Il est bien compréhensible que les instances multilatérales fassent largement savoir les bons résultats qu'obtiennent leurs intensives campagnes de vaccination. En 10 ans, le nombre des pays déclarant des paralysies flasques aiguës est passé de 125 à 30. Il ne faut pas oublier que :

1) s'il n'y a plus de cas déclarés dans un pays, cela ne signifie pas que les virus n'y circulent plus ;

2) en effet, c'est la forte pression vaccinale, protégeant chacun, qui fait reculer la maladie mais non le virus ;

3) l'éradication ne pourra être prononcée que plusieurs années après la survenue du dernier cas mondial et ce n'est que quelques années plus tard que l'on pourra se dispenser de la vaccination ;

4) il serait incongru et risqué que des voyageurs viennent non vaccinés dans un pays où, justement, les autochtones sont très bien vaccinés.

Les voyageurs et leurs médecins ne doivent donc pas suranticiper les bonnes nouvelles et continuer la vaccination systématique des voyageurs internationaux.

ARYA S.C. Polio immunization before travel to endemic countries. J. Travel. Med. 20 - 01; 8: 106.

Déterminisme des épidémies de dengue

Une étude menée au Brésil montre que la densité de Aedes aegypti augmente avant chaque épidémie de dengue. Dès qu'une habitation sur 100 héberge le moustique, une épidémie va éclater. Cette recrudescence est liée au relâchement périodique de la lutte antivectorielle.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la pluviométrie n'augmente pas la densité larvaire. Bien au contraire, lorsqu'il y a pénurie d'eau, deux phénomènes se produisent.

1) Les habitants stockent de l'eau dans et autour de l'habitation, points d'eau stagnante qui constituent autant de gîtes larvaires.

2) Les maladies féco-orales se développent : les services de santé se mobilisent alors contre ces maladies et relâchent la lutte antivectorielle. L'épidémie éclate.

PONTES A. et coll. Am. J. Trop. Med. Hyg. 2000; 62: 378-83.

Nouvelles aéronautiques

On s'en doutait : on en a maintenant la preuve, y compris en imagerie: les décalages horaires répétés provoquent des troubles cognitifs et mnésiques, avec atrophie des lobes temporaux en IRM. Plus le temps de récupération entre deux "jet lags" est court, plus ces altérations sont marquées. Ces altérations seraient dues à l'hypercortisolémie induite par le stress du décalage horaire.

CHO K. Chronic jet lag produces temporal lobe atrophy and spatial cognitive deficits.
Nat. Neurosci. 20 - 01; 4: 567-8.

Des passagers volontaires (n=116) effectuant un voyage de plus de 8 heures ont porté pour moitié des chaussettes de contention. Avant et après le voyage tous ont eu une échographie Döppler des membres inférieurs et un dosage des D-dimères. Aucun des voyageurs ne présenta de symptômes mais 12 d'entre eux avaient développé une thrombose veineuse profonde : ils appartenaient tous au groupe témoin.

SCURR J.H. Frequency and prevention of symptomless deep-vein thrombosis in long-haul flights.
Lancet 20 - 01; 357: 1485-89.