News

Juin 2000

Épidémie d'hépatite A : échec des immunoglobulines

Dans une communauté religieuse d'Indiana (USA) comptant 4.466 personnes, une épidémie d'hépatite A a éclaté, faisant en quelques jours 69 victimes. Il fut immédiatement procédé à des injections d'immunoglobulines ; malgré cela, les cas continuèrent et l'épidémie ne s'éteignit que de manière quasi spontanée. Des titrages d'anticorps effectués sur un échantillon de 440 sujets ayant reçu les immunoglobulines montrèrent que seulement 12,5% d'entre eux avaient un titre protecteur.

Les auteurs conseillent de ne plus tenter de contrôler une épidémie d'hépatite A par l'injection d'immunoglobulines.

ASZKENASY O.M. A community outbreak of hepatitis A in a religious community in Indiana: failure of immune serum globulin to prevent the spread of infection. Epidemiol. Infect. 2000 ; 124 : 309-13.

NDLR. Deux équipes, italienne (cf VISA n°20) et anglaise (cf VISA n°23) ont déjà démontré que le meilleur moyen de juguler une épidémie d'hépatite A était de procéder à une vaccination immédiate de la communauté. Les médecins américains devraient se mettre à la lecture de VISA !

Pour le reste de l'histoire, nous espérons que les confrères se sont copieusement moqués des fanatiques religieux parqués qui refusent habituellement toute vaccination et se sont fait injecter des produits d'origine humaine (ce qui est généralement considéré par eux comme une forme de cannibalisme conduisant tout droit en enfer !).

Hépatite A : attention aux voyages à la Réunion

Une enquête de séroprévalence des hépatites a été menée sur un échantillon de Réunionnais. En raison de l'amélioration des conditions socio-économiques et d'hygiène, la séroprévalence se démarque nettement de celle des pays en développement (90% de positivité à l'âge de 10 ans). Néanmoins les taux sont encore loin de ceux de l'Europe (< 5-10%) puisque l'on trouve à la Réunion 25% de séropositivité entre 15 et 19 ans.

L'île se trouve ainsi dans une position intermédiaire : diminution de la transmission et augmentation proportionnelle de la réceptivité de la population. En matière d'hépatite A, il s'agit de la situation la pire puisqu'à tout moment peuvent ainsi éclater des épidémies. Les auteurs discutent de l'intérêt d'une vaccination de masse pendant cette période transitoire.

MICHAULT A. et coll. Prévalence des marqueurs des virus des hépatites A, B, C à la Réunion. Bull. Soc. Path. Exo. 2000. 93: 34-40.

NDLR. La Réunion est un département français mais n'est pas géographiquement en Europe. Rappelons que l'OMS ne reconnaît que 5 zones dans lesquelles on peut voyager sans être vacciné contre l'hépatite A : l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon.

Divers

- Si un voyageur diabétique insulino ou sulfamidotraité fait une hypoglycémie aux États-Unis, il peut se re-sucrer en toute sécurité avec des jelly beans, petits bonbons de toutes les couleurs que l'on trouve partout (et plus facilement que le sucre de base, politiquement incorrect et quasiment caché au fond des linéaires dans les supermarchés américains. NDLR). 28 jelly beans -une poignée- apporteraient l'équivalent de 75g de glucose.

Minerva. BMJ. 2000 ; 320 : 324

- De nombreuses vertus thérapeutiques et préventives, en particulier pour les affections de la sphère ORL, sont prêtées à la soupe de poulet. Deux médecins israëliens viennent de demander à l'OMS d'ajouter la soupe de poulet à sa liste des médicaments essentiels.

Minerva. BMJ. 2000 ; 320 : 128

- On a d'autant plus de chance de rencontrer un patient psychiatrique que l'on se ballade dans un pays plus industrialisé. La prévalence des troubles anxieux, de l'humeur, liés aux drogues, dépasse 40% aux États-Unis ou aux Pays-Bas ; elle est de 20% au Mexique, de 12% en Turquie. Cette tendance devrait continuer à s'accroître dans les années futures.

ICPE-OMS. Comparaisons internationales de la prévalence et des variables corrélées des troubles mentaux. Bull. OMS. 2000 ; 78 : 413-26.