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Janvier 2012

Croisières, hôtels, hôpitaux, et maintenant sports

  C’est en 2002 qu’il fait une entrée fracassante, à la suite d’épidémies explosives de gastro-entérites très aiguës et très émétisantes sur des navires de croisière, y compris le prestigieux Queen Elisabeth II : le norovirus, qui sera surnommé le «virus des croisières». Appellation qui se révèle vite inadéquate car il attaque ensuite des hôtels et «resorts» de luxe. Mais ce n’était pas terminé: au cours de l’année 2 - 011, le virus –que l’on ne sait toujours pas détruire dans le milieu extérieur- s’est introduit dans 35 hôpitaux anglais: 27 services fermés, des centaines de lits condamnés (Ndlr).
  En décembre 2 - 010, 24 basketteurs de 13 équipes nationales américaines (NBA) sont pris de diarrhées et vomissements; chez cinq d’entre eux, le norovirus est recherché, et trouvé chez quatre. Les données analysées montrent l’existence d’une transmission inter-humaine directe et extrêmement rapide. Le basket-ball se prêterait particulièrement à une transmission intensive: 10 joueurs et 5 à 7 remplaçants, contacts directs étroits et fréquents, ballon changeant de mains en permanence, atmosphère confinée, nombreux matchs inter-équipes.

DESAI R et al. Transmission of Norovirus among NBA players and staff, winter 2 - 010-2 - 011. Clin Infect Dis 2 - 011; 53: 1115-7.

Bilharziose urinaire écossaise

  Les écoles et collèges écossais ont un programme d’échange de leurs étudiants avec ceux du Malawi. Entre 2005 et 2009, 22,8% des cas écossais de bilharziose urinaire provenaient de ce pays ; 41,5% des diagnostics concernaient des étudiants, âgés de 15 à 24 ans. En janvier 2 - 011 un patient de 17 ans consulta en service d’urologie pour une hématurie; des œufs de S. haematobium furent trouvés dans ses urines; il revenait du Malawi.
  Les auteurs convoquèrent 21 étudiants ayant participé au programme d’échange. Treize d’entre eux se révélèrent positifs en sérologie; seulement deux étaient symptomatiques. Bien évidemment, tous s’étaient baignés en eau douce.
  Les auteurs rappellent qu’interdire les bains à des adolescents est difficile voire impossible; qu’il convient de rechercher systématiquement au retour la bilharziose urinaire; que la maladie est volontiers asymptomatique et pourrait n’être reconnue qu’au stade des complications uro-génitales.

BLACH O et al. An outbreak of schistosomiasis in travellers returning from endemic areas: the importance of rigorous tracing in peer groups exposed to risk of infection. J Public Health (Oxf) 2 - 011 (Epub ahead of print).

Pathologies cutanées du retour

  Les auteurs ont repris 34.162 dossiers de voyageurs (tropicaux et non tropicaux) ayant été pris en charge dans la consultation de retour de voyage de l’Université de Munich (1999-2009). Parmi ces patients, 4.158 (12,2%) présentaient une affection cutanée. Les principales destinations visitées étaient en Asie (40%), en Afrique (27%), en Amérique Latine (21%); il s’agissait majoritairement d’un tourisme d’aventure ou de randonnées.
  Après les arthropodes (23%), les causes étaient bactériennes (22%), helminthiques (11%), protozoaires (6%), virales (6%), allergiques (5%) et fongiques (4%). Il existait une association

significative de la fréquence de ces étiologies avec la zone visitée: piqûres d’insectes (17%) et Europe du Sud, larva migrans cutanée (8%) et Asie – Amérique Latine, leishmaniose cutanée (2,4%) et Méditerranée – Moyen-Orient, dengue (1,5%) et Asie, rickettsioses (1,3%) et Afrique australe; bilharzioses et puce chique majoritairement acquises en Afrique, piqûres de tiques en Europe de l’Est, myiases en Amérique centrale. Les infections bactériennes étaient majoritairement des pyodermites à Gram négatif.
  Globalement le risque relatif de contracter une affection cutanée est plus élevé en Afrique centrale (RR=8), puis en Afrique de l’Ouest (6,9), Afrique de l’Est (4,9) et Amérique centrale (3,6).

HERBINGER KH et al. Skin disorders among travellers returning from tropical and non-tropical countries consulting a travel medicine clinic. Trop Med Int Health 2 - 011; 16 : 1457-1464.

Risque hépatite A: étude KAP

  De 2002 à 2009 une étude longitudinale KAP (Knowledge, Attitudes, Practices) a été menée à l’aéroport hollandais de Schiphol chez des voyageurs se rendant dans des destinations à risque d’hépatite A. Des études antérieures montraient la nécessité de renforcer l’éducation chez ces voyageurs.
  Le questionnaire standardisé fut rempli pour 3.045 sujets. Paradoxalement, la perception du risque était globalement  moindre chez ceux qui se rendaient dans des destinations à haut risque par rapport à ceux ayant voyagé dans des zones à moyen ou faible risque. De plus, les sujets de plus de 60 ans (donc à plus forte probabilité d’immunité naturelle) avaient la moins mauvaise perception du risque. Les pires des perceptions et attitudes étaient constatées dans trois groupes: visite à des parents ou amis, voyageurs solitaires et voyageurs «last minute».
  Elément rassurant: au cours de cette longue étude, on constate une augmentation de 5% par an de la couverture vaccinale et une diminution de 1% des conduites à risque.

VAN GENDEREN PJJ et al. Trends in knowledge, attitudes and practices of travel risk groups toward prevention of hepatitis A: Results from the dutch Schiphol airport survey 2002 to 2009.  J Travel Med 2 - 012; 19: 35-43.