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Janvier 2009

Mélanome et vaccin anti-amaril

On sait que le BCG, le virus de la vaccine et le vaccin amaril 17D contiennent une séquence antigénique du rétrovirus humain K endogène HERV-K-MEL. Or 95% des mélanocytes des mélanomes malins expriment cette séquence. Les auteurs, de l'université de Padoue, ont voulu tester l'hypothèse selon laquelle le vaccin contre la fièvre jaune induirait des anticorps anti-(HERV-K-MEL), lesquels pourraient prévenir ou freiner le développement des mélanocytes cancéreux. Ils ont étudié 28.236 sujets (Italie du Nord) ; 37 cas de mélanome ont été trouvés (151 tumeurs). L'étude cas-témoins a ensuite ajusté le taux d'incidence sur l'ancienneté de la vaccination amarile. De 0 à 4 ans, le ratio d'incidence standard était de 1,33 (8,84-2,11) ; de 5 à 9, il était de 1,59 (0,97-2,59) ; enfin, après 10 ans, il diminuait à 0,59 (0,19-1,84). Comte tenu du petit nombre de cas, il est difficile de dire si le risque de mélanome est stable ou aggravé avant 9 ans ; en revanche, après 10 ans apparaît statistiquement un effet protecteur.

MASTRANGELO G et al. Does yellow fever 17D vaccine protect against melanoma ' Vaccine 2009 ; 27 : 588-91.

NDLR. Certes cet article est publié dans le journal mondial de référence de la vaccinologie. Mais l'enthousiasme des auteurs devrait être tempérée par le faible pouvoir statistique lié à une cohorte bien petite. Compte tenu de l'augmentation permanente de l'incidence du mélanome, il ne devrait pas être difficile de confirmer (ou d'infirmer) ces surprenants résultats.

Paf le kangourou !

Les auteurs ont colligé et analysé les données d'accidentologie routière rurale en Australie. Les percussions d'animaux représentent 5,5% des causes d'accidents de la route reconnus comme « sérieux ». Kangourous et wallabies sont responsables dans près de la moitié des cas.
Tant en fréquence qu'en gravité, les motocyclistes sont les plus exposés : 51,7%. En conclusion de l'étude, les auteurs accusent d'incurie les autorités, tant dans la prévention que dans la tenue de ses statistiques d'accidentologie routière.

ROWDEN P et al. Road crashes involving animals in Australia. Accid Anal Prev 2008 ; 40 : 1865-71.

Epilepsie et noyades

Méta-analyse anglaise portant sur 51 cohortes correspondant à 207.000 patients-années de suivi.
Le nombre de décès par noyade observés par rapport au nombre de décès par noyade attendus (ratio standardisé de mortalité - RSM) est de 18,7 chez les épileptiques, par rapport donc à la population générale.
Le RSM est maximal chez les épileptiques en institution (97,0) ; il est de 25,7 chez les épileptiques ayant des troubles de l'apprentissage.
La noyade est la cause globale du décès de 5% des épileptiques ; soit 15 à19 fois plus que dans la population générale.

BELL GS et al. Drowning in people with epilepsy : how great is the risk ' Neurology 2008 ; 71 : 578-82.

NDLR. Avez-vous pensé à parler de ce risque aggravé à vos patients épileptiques et à leur entourage avant qu'ils partent en vacances balnéaires '

Paludisme : diagnostics locaux « hâtifs »

De nombreux patients viennent régulièrement en consultation spécialisée après leur retour d'un pays dans lequel a été posé le diagnostic de paludisme -et un traitement prescrit, plus ou moins adapté (NDLR).
Des confrères allemands ont étudié la pertinence du diagnostic de paludisme porté outre-mer, avec une simple sérologie, permettant un diagnostic rétrospectif. Ce sont 166 voyageurs non-immuns qui ont consulté au service de maladies tropicales de l'Université de Munich et chez qui, lors d'un séjour tropical, le diagnostic de paludisme avait été porté. La plupart (82,9%) revenaient d'Afrique Noire. Le diagnostic avait été affirmé par frottis sanguin chez 56 d'entre eux.
Résultats. Ce n'est que chez 15,2% de ces patients que la sérologie palustre se révéla positive, confirmant le diagnostic porté sur site.

BARRERO MIRANDA I et al. Validity of malaria diagnosis in nonimmune travellers in endemic areas. J Travel Med 2008 ; 15 : 426-31.

NDLR. Félicitons nos collègues allemands d'avoir publié cette étude que nous souhaitions tous faire et qui n'est pas politiquement correcte. Nous savons tous que, dans des pays défavorisés, le GBEA -les normes de contrôle des examens biologiques- est virtuel ou inexistant. Nous savons aussi que les cliniciens cèdent, encore plus fréquemment là-bas qu'ailleurs, à « la parabole de la clef perdue » : un passant demande à une homme ce qu'il cherche sous un lampadaire ; il répond « ma clef » ; le passant lui demande alors « vous l'avez perdue ici ' » ; l'homme lui répond : « non, mais je cherche plus facilement ici car c'est éclairé »...