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Janvier 2006

L'émergent virus Toscane

On avait isolé ce « TOSV » en 1971 chez un phlébotome capturé dans le centre de l'Italie ; les naturalistes l'avaient rangé dans la famille des Bunyaviridae. Puis plus rien ; jusqu'à ce que l'on trouve récemment 54 publications répertoriées dans PubMed décrivant des infections humaines du système nerveux central survenus en Italie, Espagne, Portugal, France, Allemagne, Slovénie, Grèce, Chypre et Turquie.
Il s'agit donc d'une arbovirose véhiculée par le très agressif phlébotome, capable de passer outre des vêtements et moustiquaires non imprégnés.
Comme d'habitude, l'infection virale est souvent a- ou pauci-symptomatique. Ailleurs, après une période d'incubation de 3 à 15 jours, apparaissent brutalement et intensément des céphalées (100% des cas), une fièvre (90%), des nausées et vomissements (75%), des myalgies (18%). Une raideur de la nuque et un signe de Kernig sont trouvés dans 80% des cas, ainsi qu'une obnubilation (12%), un nystagmus (5%), des tremblements (3%), des parésies (1%). Le LCR montre une cellularité discrète, et rien d'autre. Au bout d'une semaine, la guérison est de règle. Les complications paraissent rare : méningo-encéphalite, coma profond, CIVD, insuffisance rénale.
Le diagnostic repose sur la sérologie.

CHARREL RN et coll. Emergence of Toscana virus in Europe. Emerg Infect Dis 2005; 11: 1657-63.

NDLR. Jusqu'à ce jour, les arthropodes européens ne constituaient quasiment qu'un inconfort. Les hôtels de la Croisette ou du Pirée seront-ils dans l'avenir équipés de moustiquaires imprégnées '

Vaccination hépatite A « last minute »

Il est écrit partout, dans le monde entier, que le vaccin hépatite A doit être fait plus de deux semaines (si possible 4) avant le départ vers la zone à risque. Ceci a pour conséquence d'exclure les voyageurs de dernière minute de cette irremplaçable protection. Les auteurs s'adressent aux prescripteurs pour les dissuader d'adopter une telle attitude qui relève plus de l'administratif que du médical.

- Il a été démontré que les anticorps sériques se développent en fait en quinze jours, souvent en douze.
- La moyenne de l'incubation de l'hépatite A est de 28 jours.
- Le taux protecteur des anticorps n'est pas scientifiquement fixé ; on sait que, pour certaines maladies (hépatite B par exemple), existe une réelle protection même en l'absence d'anticorps sériques détectables.
- Enfin il a été prouvé que la vaccination après exposition (épidémies) constituait la meilleure prévention, meilleure même que l'injection de globulines spécifiques.
Les auteurs concluent qu'il ne faut jamais refuser la vaccination hépatite A, même pour le voyageur qui part quelques heures plus tard, et la non-vaccination constituerait une perte de chance.

Connor BA. Hepatitis A vaccine in the last-minute traveller. Am J Med 2005; 118: 58S-62S.

Cuisine des moules à l'hépatite A

Les moules italiennes sont fréquemment infectées par le VHA. Les auteurs ont testé trois recettes puis ont procédé à une PCR avant de passer à table : hors d''uvre de moules, moules au gratin, moules à la sauce tomate. Seule cette dernière recette permettait une totale inactivation.
Le gratin, pourtant fortement chauffé, n'assurait pas la stérilisation. Les auteurs pensent que cette chaleur était trop sèche, intervenait sur des mollusques peu humides. En revanche, la sauce tomate permettait une hydratation grâce à laquelle la chaleur prenait toute sa puissance inactivatrice.

CROCI L et coll. Resistance of hepatitis A virus in mussels subjected to different domestic cooking. Int J Food Microbiol 2005; 105: 139-44.

Insouciants Anglais

Les autorités britanniques ont lancé depuis un mois une vaste campagne de sensibilisation au paludisme des voyageurs tropicaux. Six touristes s'était rendus en Gambie, sans chimioprophylaxie ou avec une chimioprophylaxie inadéquate ; ils avaient tous eu des activités différentes (ornithologie, pêche au gros, farniente...). Tous ont néanmoins contracté un paludisme à P. falciparum ; deux sont décédés et deux autres ont été très gravement malades.
Les auteurs sont étonnés par un fait statistique curieux : au cours des cinq dernières années, à flux touristique constant, le paludisme contracté en Gambie oscillait entre 40 et 120 cas par an ; en 2005, il chuta à 8. Mais alors que la létalité variait de 2 à 6%, elle s'établit à 12,5% en 2005. Donc, environ dix fois moins de cas, mais gravité multipliée par trois. Modifications de l'écologie gambienne ' Augmentation relative du nombre des touristes totalement inconscients '

WILLIAMS CJ et coll. Eurosurveillance Weekly 2005 ; 10(12).