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Janvier 2001

Hépatite A et athérosclérose: un lien statistique fort

On a incriminé différents agents infectieux en tant que (co)facteurs de l'athérosclérose : CMV, HSV, C. pneumoniae, H. pylori. Le virus de l'hépatite A doit s'ajouter à cette liste, ce qui n'est pas inintéressant car c'est le seul pour lequel on dispose d'un vaccin.

Les auteurs -américains- ont étudié une cohorte de 391 sujets consultant pour douleur thoracique ; en plus des facteurs de risques habituels, le statut immunitaire vis-à-vis du VHA fut déterminé, de même que celui des agents infectieux ci-dessus, ainsi que le dosage de la CRP.

Deux groupes furent différenciés par la coronarographie :

- groupe C+, avec coronaropathie attestée: 248 patients (63%)

- groupe C-, avec coronarographie normale: 143 patients (37%).

Parmi les séropositifs, on trouva 74% de C+ ; parmi les séronégatifs, 52% (p<0,00 - 01). L'analyse multivariée montra que le statut VHA était indépendant du statut vis-à-vis des autres agents infectieux et des facteurs de risque cardiovasculaires habituels ; hormis l'HTA qui était plus fréquente chez les VHA+. Quant à la CRP, elle était plus élevée chez les VHA+ (p<0, - 01), même après ajustement sur les autres facteurs de risque.

La séropositivité VHA est donc un marqueur prédictif de coronaropathie indépendant, ce qui suggère, d'après les auteurs, un rôle probable propre du VHA dans le développement de l'athérosclérose.

ZHU J. et coll. The possible role of hepatitis A virus in the pathogenesis of atherosclerosis.
J. Infect. Dis. 2000 ; 182 : 1583-7.

NDLR. Hypothèse soulevée par les auteurs: le VHA, contrairement à ce qui est généralement admis, ne disparaîtrait pas de l'organisme après l'infection primaire -ce qui est d'ailleurs assez habituel pour les virus à ARN. Quoi qu'il en soit, voici encore une bonne raison d'éviter de contracter le VHA lors de voyages dans des pays exotiques, où il circule intensément, peut-être pour le plus grand malheur des artères des autochtones.

Attention aux promenades lors de la pleine lune

Une grande nouvelle -qui confirme scientifiquement ce dont nos ancêtres étaient convaincus- : la probabilité de se faire mordre par un animal est supérieure en période de pleine lune.

Des auteurs anglais ont analysé retrospectivement 1.621 patients consultant en urgence à la suite d'une morsure animale ; le nombre quotidien de morsures fut corrélé à la phase lunaire des jours en question. En phase de pleine lune, ce taux augmente significativement (p<0,0 - 01) quels que soient l'âge ou le sexe des patients.

BHATTACHAREE C. et coll. Do animals bite more during a full moon' Retrospective observation analysis.
BMJ 2000; 321: 1559-60.

Phlébite et voyages aériens: une nouvelle approche

Les récentes polémiques sur la réalité de ce que l'on appelait autrefois le "syndrome de la classe économique" continueront aussi longtemps que nous ferons de l'épidémiologie sur les voyageurs: la thromboembolie reste, heureusement, trop rare pour que l'on puisse faire des études de cohorte opposant voyageurs aériens et sujets appariés restés au sol.

D'où l'originalité de l'étude Sirius: inclusion de 1272 patients ayant consulté leur médecin généraliste: 636 présentaient une phlébite profonde, 636 autres (témoins) consultaient pour un problème ORL bénin.

Furent exclus les sujets qui avaient subi une intervention chirurgicale ou avaient porté un plâtre dans les 3 semaines précédant l'inclusion. On identifia ainsi :

- des facteurs de risque intrinsèques: antécédent de phlébite, insuffisance veineuse, insuffisance cardiaque, obésité, station debout, multiparité (>3) ;

- des facteurs déclenchants : grossesse, effort violent, traumatisme musculaire, altération de l'état général, et immobilisation et voyage de longue distance.

SAMAMA M.M. An epidemiological study of risk factors for deep vein thrombosis in medical outpatients : the Sirius study. Arch. Intern. Med. 2000. 160: 3415-20.