News

Février 2005

Surveillance de l'hépatite A en France

Les auteurs (InVS) ont recensé les données fournies par les structures en activité entre 1984 et 2003. Cinq sources ont pu fournir des informations épidémiologiques sur l'hépatite A :
- Réseau de laboratoires de la région lyonnaise : 70 laboratoires rapportaient les cas de présence d'IgM anti-VHA : incidence présumée (1996) : 3/100.000.
- Réseau sentinelle INSERM : 300-400 MG sur tout le territoire signalant les cas d'hépatite A : incidence présumée (1996) : 16/100.000.
- Enquête ponctuelle MG (500), à l'initiative d'un laboratoire pharmaceutique : incidence présumée (1996) : 26/100.000.
- Enquête ponctuelle RNSP : 213 laboratoires : incidence présumée (1996) : 15/100.000.
- Surveillance pilote InVS : sur 14 départements, visant à quantifier les cas groupés : incidence (1999) variant de 3 (Morbihan) à 21/100.000 (Nord).
Conclusion. Il n'existe pas actuellement en France de système de surveillance fiable de l'hépatite A, maladie à potentiel épidémique et potentiellement grave chez l'adulte.

COUTURIER E et coll. Surveillance de l'hépatite A en France au cours des vingt dernières années. BEH 2005 ; 5 : 17-8.

NDLR. La diminution régulière de l'immunité naturelle conjuguée à l'augmentation du nombre des voyageurs exotiques rend une surveillance fiable indispensable pour cette maladie qui est devenue un problème de santé publique aux Etats-Unis. Compte tenu des disparités régionales, il convient de mettre en place un système de surveillance à la fois départemental et national. La probable réponse des autorités de santé française sera la déclaration obligatoire, sans doute en 2006.

Antiprotéases antipaludiques

On sait que les antirétroviraux inhibiteurs des protéases (IP) ont des effets sur la cytoadhérence et la phagocytose et sont peut être, de ce fait, indirectement bénéfiques lors d'une infestation palustre. Les auteurs sont allés plus loin : il ont testé six IP directement sur des cultures de P. falciparum, à des doses thérapeutiques habituelles de l'infection VIH.
Résultats : saquinavir, ritonavir, indinavir inhibent très significativement la croissance plasmodiale.

SKINNER-ADAMS TS et coll. Antiretrovirals as antimalarial agents. JID 2004 ; 190 : 1998-2000.

NDLR. Il est donc possible que le voyageur sidéen traité par une de ces IP bénéficie d'une certaine protection contre un paludisme grave. Mais pour l'instant il ne s'agit que de résultats in vitro. Au mieux, on peut considérer que l'IP ajoutera un petit « plus » à des chimioprophylaxies classiques dont aucune n'est efficace à 100%.

Paludisme grave

La paludisme grave d'importation est peu étudié. Les auteurs ont analysé de manière rétrospective (1997-2004) ces cas (n=32) admis en réanimation au CHU de Montpellier.
Ils représentaient 9% des accès à P. falciparum diagnostiqués dans cet hôpital. Toutes les infestations avaient eu lieu en Afrique subsaharienne ; 25 des sujets n'avaient jamais vécu préalablement en zone de transmission. Chimioprophylaxie absente ou inadéquate dans 94% des cas. Le délai moyen entre le début des symptômes et le traitement était de 6 jours. Parasitémie initiale moyenne : 15%. Le transfert en réanimation était lié à des troubles de conscience (69%), à une insuffisance rénale aiguë (19%), à une hyperparasitémie isolée (19%).
Sept patients (22%) avaient également une infection bactérienne communautaire et 6 (19%) développèrent une infection nosocomiale.
Tous reçurent de la quinine intra-veineuse, avec dose de charge dans 34% des cas. Le taux de mortalité fut de 16%. Cause des décès : état de choc réfractaire, 'dème cérébral, détresse respiratoire aiguë.

CORNE P et coll. Paludisme grave d'importation chez l'adulte : étude rétrospective de 32 cas admis en réanimation. Pathol Biol 2004 ; 52 : 622-6.

NDLR. Cette étude n'est que rétrospective et ne reflète que des pratiques et des faits qui ont eu lieu. Elle confirme de ce fait que le retard au traitement est long (6j), ce qui est la grande cause de gravité et qu'on ne dira jamais assez. Elle montre aussi que la dose de charge est sous-utilisée dans ces accès graves.