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Février 2002 (2)

Poissons: le meilleur et le pire

Manger régulièrement du poisson, c'est très bien, et les voyages exotiques sont une bonne occasion d'en consommer. A l'opposé, certains poissons eux-mêmes grands voyageurs peuvent être dangereux. On connaissait la ciguatera ; il faut ajouter aujourd'hui l'intoxication par le méthylmercure. Les poissons incriminés sont l'espadon, le requin, le marlin, le thon, la daurade sauvages. Non seulement leur ingestion peut annihiler leurs effets cardio-vasculaires bénéfiques (1), mais peut aussi entraîner des troubles neurologiques graves, en particulier chez le f'tus (2). Cette information tombe alors qu'une étude française démontre que la consommation de poisson diminue le risque de démences (3).
Les auteurs concluent qu'il faut continuer à manger du poisson, mais autochtone ou d'élevage, exempt de méthylmercure.

1. GUALLAR E. et coll. Mercury, fish oils, and the risk of myocardial infarction. NEJM 2002; 347: 1747-54. 2. AFSSA, nov 2002. 3. BARBERGER-GATEAU P. et coll. Fish, meat, and risk of dementia : cohort study. BMJ 2002; 325: 932-3.

Vaccin HB / SEP / OMS

En France -et en France seulement- des médias grand public ont propagé la notion que le vaccin HB pouvait entraîner des scléroses en plaques. Dans ce pays "neuf études épidémiologiques ont été menées pour estimer le risque (à supposer qu'il y en ait un) d'un lien entre cette vaccination et la sclérose en plaques ('). Aucune des études ne met en évidence une augmentation statistiquement significative du risque. L'explication la plus plausible est qu'il s'agit d'une coïncidence. Les conclusions d'un rapport récemment publié par le US Institute of Medicine ne corroborent pas non plus l'hypothèse d'un lien de causalité entre le vaccin administré aux adultes et la survenue ou une rechute de la sclérose en plaques".
Le GACSV (OMS) a conclu qu'il n'y avait pas lieu de revoir les recommandations la vaccination universelle contre l'hépatite B.

Comité Consultatif Mondial sur la Sécurité des Vaccins, OMS. REH. 2002. 47 : 389-404.

Réflectomètres glycémiques et altitude

En haute altitude, le diabétique insulino-traité a, encore plus qu'en plaine, besoin d'une auto-surveillance précise.
Les auteurs ont testé des réflectomètres en ascension du Mont Rainier (4.800m, USA), comparant solutions témoins, sang capillaire, et sang veineux analysé au retour en laboratoire.
L'altitude affecte la précision (p=0,08), mais beaucoup moins (p=0,21) si l'on ajuste par rapport à la température et l'hygrométrie. Globalement, sans cet ajustement, la glycémie est sous-estimée de 1-2% par tranche de 300m.

FINK K.S. et coll. Effect of high altitude on blood glucose meter performance. Diabetes Technol Ther 2002; 4: 627-35.

Divers

La restauration sous forme de buffets est de plus en plus répandue dans les hôtels et clubs de vacances. Des auteurs du NHS ont étudié la prise alimentaire des clients des "restaurants-buffets". Résultats: ils mangent beaucoup plus qu'il n'est raisonnable et vont jusqu'à stresser dès qu'ils voient une queue ou des plateaux qui se vident. Les clients d'un restaurant classique, où chaque plat est payé, mangent moins -et d'autant moins que les tarifs sont plus élevés. Attention donc aux "formules clubs buffets", surtout ceux dans lesquels tout est payé d'avance.

Health Serv J. 2002: 7-17.

Rien ne les empêchera-t-il de se faire bronzer ' Ils connaissent pour 90% d'entre eux les méfaits de la lampe à bronzer, ils sont étudiants en université aux Etats-Unis : 47% reconnaissent pourtant s'être soumis à un bronzage par lampe UV au cours des douze derniers mois. La raison donnée, en toute connaissance de cause: être plus sexy et paraître en bonne santé.

Arch Dermatol. 2002 ; 138 : 1311-5.

L'infestation par Giardia lamblia est une grande cause de diarrhée du voyageur. Lors d'une épidémie survenue en Italie, les auteurs ont découvert que les patients ayant des manifestations cliniques de cette infestation étaient avant tout (82%) des sujets présentant préalablement des symptômes de colon irritable ou autres colites spasmodiques ou fonctionnelles. De plus, chez ces patients, un traitement antiparasitaire bien conduit n'améliorait qu'incomplètement la symptomatologie par rapport aux sujets n'ayant pas souffert antérieurement de troubles fonctionnels digestifs (100% de guérison admise par ces derniers).

J. Infect. 2002 ; 45 : 169-72.