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Février 1998

Il faut avoir peur des chauves-souris

C'est surtout -pour l'instant- en Amérique du nord que se pose le problème. Les chauves-souris y sont responsables de 90% des cas de rage humaine. Mais, encore plus déroutant, ce n'est que dans 5% de ces cas que le patient ou son entourage signalent la morsure de l'animal : dans tous les autres cas, celle-ci est passée inaperçue. Voilà bien le problème : on sait parfaitement prendre en charge un patient qui déclare avoir été mordu par un animal : la batterie de mesures mises alors en route, dans les pays industrialisés, permet de réduire quasiment à zéro le risque rabique chez la victime. Mais que faire quand le blessé ne sait pas qu'il a été blessé ' Les petites chauves-souris, américaines et néanmoins dûment enragées, n'entraînent que de minimes excoriations cutanées, d'autant plus indolores qu'elles sont faites pendant le sommeil de la victime.Si l'on s'aperçoit d'un contact avec une chauve-souris, la meilleure solution (sic) est de capturer l'animal et de l'envoyer pour analyse à un centre anti-rabique. Les auteurs ne disent pas comment on capture une chauve-souris enragée.

DEBBIE J.G. et coll. Prophylaxis for suspected exposure to bat rabies. Lancet. 1997 ; 350 : 1790-1.

Typhoïde : menace de multirésistance antibiotique mondiale, y compris aux fluoroquinolones

Depuis 1989 on a rapporté de nombreuses épidémies de fièvre typhoïde à S. typhi résistant au chloramphénicol, à l'ampicilline et au trimétoprime, tant en Afrique qu'en Inde et en Asie du sud-est. Puis des isolements de tels germes devinrent fréquents au Moyen-Orient. Si bien que les fluoroquinolones, la ciprofloxacine en particulier, devinrent le traitement de référence de la fièvre typhoïde. Malheureusement la résistance chromosomique à cet antibiotique devient de plus en fréquente ; les auteurs rapportent une croissance inquiétante des isolements de S. typhi ciprofloxacine-résistants importés en Grande-Bretagne. Dans un cas au moins il y eu même échec clinique d'un traitement bien conduit par ciprofloxacine.Devant cette menace, concernant une pandémie permanente mondiale, les auteurs suggèrent d'utiliser avec mesure les fluoroquinolones, de n'utiliser la ciprofloxacine que lorsqu'aucune autre solution antibiotique n'est possible, de façon à ralentir la progression de la résistance de Salmonella.

Rowe B. et coll. Multidrug-resistance Salmonella typhi : a worldwide epidemic.Clin. Infect. Dis. 1997 ; 24 : 106-9.

Prévention des effets nocifs des rayons ultraviolets :
recommandations de l'Académie nationale de Médecine

- L'exposition solaire aux heures et dans les zones où la densité d'ultraviolets est trop forte devrait être formellement déconseillée ('). On devra ternir compte de la réflexion des rayons solaires par des surfaces claires, notamment la neige, le sable et l'eau, et se rappeler que les ciels couverts laissent passer d'importantes quantités d'UVA.

- Il faut, lors de prescriptions pharmaceutiques, se méfier du danger que représentent certains médicaments stockés dans l'organisme, et susceptibles de provoquer des réactions de photosensibilisation tant cutanées qu'oculaires.- Le rythme circadien doit être respecté, en se rappelant l'importance de la nuit pour la restructuration rétinienne, et de l'ombre pour éviter les nécroses cellulaires de la rétine. (')- Les utilisateurs de produits donnant un hâle artificiel devraient être dûment avertis qu'ils n'ont aucun effet photoprotecteur ; de même les produits dits " bronzants " (carotène, canthaxanthine).

CIVATTE J. et coll. Prévention des effets nocifs des rayons ultraviolets. Presse Med. 1998 ; 27 : 67.

Mal vaccinés, mal partis

Les auteurs (des CDC d'Atlanta) ont interrogé les parents d'enfants sur leur statut vaccinal et sur différents aspects de la prévention sanitaire générale. Sur les 781 enfants concernés, dont les parents furent criblés de 23 questions, il fut possible d'établir les corrélations suivantes. Le fait de ne pas être à jour pour les vaccinations DTP, coqueluche et rougeole, était corrélé à une moindre utilisation de la ceinture de sécurité en voiture ; les parents de ces infortunés enfants lisaient moins souvent que ceux des autres (bien vaccinés) la composition des aliments, ne tenaient pas compte de leur contenu en cholestérol ni en sel. Les auteurs concluent que la mauvaise adhésion aux recommandations vaccinales constitue un marqueur d'incurie générale.

DIETZ V.J. et coll. Evaluation of failure to follow vaccination recommendations as a marqker for failure to follow other health recommendations. Pediatr. Infect. Dis. 1997 ; 16 : 1157-61.