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Décembre 2008

Thrombose veineuse profonde et vaccination grippale

Cette étude, présentée à l'American Heart Association 2008, ne pouvait que nous intéresser : tout le monde plaide pour la vaccination grippale des voyageurs aériens et tout le monde a peur des phlébites liées à l'avion (NDLR).
L'étude FARIVE, française, multicentrique (n=11), cas-témoins, porta sur 1454 sujets : 727 ayant fait une thrombose veineuse profonde (TVP) ou une embolie pulmonaire (EP), 727 témoins appariés en âge et sexe. La vaccination grippale dans les 12 derniers mois fut notée.br/> Après régression logistique (âge, sexe, BMI, varices, niveau d'éducation, contraception orale, THS) on note une réduction globale du risque de TVP/EP de 26% chez les sujets vaccinés au cours des 12 mois précédents, réduction qui atteint 48% chez les sujets de moins de 52 ans.

EMMERICH J et al. Influenza vaccination reduces the risk of venous thromboembolism. AHA November 8-12, 2008, New Orleans, USA.

NDLR. L'étude est intéressante : bien que globale, rétrospective, non analytique, elle devrait nous inciter à renforcer la vaccination grippale et, pour ce qui nous concerne, chez les voyageurs aériens. Non analytique disions-nous, mais avec quelques hypothèses :
- échapper à une grippe signifie réduire d'autant des périodes d'alitement, favorables aux TVP,
- empêcher l'inflammation induite par la grippe avec sa libération en cortège de cytokines (IL6 en particulier) qui favorisent le risque thrombotique,
- sans exclure l'éventuel rôle direct du vaccin, qui reste néanmoins à documenter.

Ils sont pour l'obligation vaccinale

L'Institut de Veille sanitaire (InVs) a interrogé par téléphone un échantillon de 4112 personnes représentatives de la population française, 1285 médecins généralistes et 742 pédiatres.
Dans la population générale, 56,5% se prononcent en faveur de l'obligation vaccinale ; si celle-ci venaient à être levée, il réclament au moins la pérennisation de la vaccination diphtérique.
Quant aux médecins, curieusement, il sont moins nombreux : seulement 42% se déclarent en faveur de l'obligation ; ils partagent le souci d'absolue nécessité de maintenir à un haut niveau la vaccination diphtérique.

NICOLAY N et al. Mandatory immunization : the point of view of the French general population and practitioners. Vaccine 2008 ; 26 : 5484-93.

NDLR. Il s'agit d'un débat sociétal : voulons-nous continuer la prise en charge par un tiers de nos problèmes sanitaires personnels ' ou souhaitons-nous devenir les acteurs de notre propre santé (« empowerment » comme on dit dans les pays anglo-saxons) ' Nous recommandons la lecture d'un grand dossier de qualité et très complet récemment publié : www.agoravox.fr/enquete-agoravox-vaccinations.pdf

Vaccins et atopie du nourrisson

Des controverses sont régulièrement soulevées quant au rôle de la vaccination des nourrissons dans la survenue d'une allergie. Une importante étude (97 centres, UE, Afrique du Sud et Australie) a permis d'inclure 2184 nourrissons ayant une dermatite atopique et des antécédents familiaux d'atopie. Avant ou après la survenue de cette dermatite, la couverture vaccinale relevée dans les carnets de santé était identique (DTCaP, Hi, HB, ROR, BCG, Varicelle, Méningocoque AC, Pneumocoque glycuro-conjugué).
La sévérité de la dermatite atopique, déterminée par le Scoring Atopic Dermatis (SCORAD), n'a montré aucune augmentation du risque de sensibilisation à un quelconque allergène alimentaire ou respiratoire. La répétition normale des vaccins n'a pas modifié ces données.
Les auteurs concluent qu'il n'y a aucune raison de ne pas vacciner les enfants atopiques.

GRUBER G et al. Early atopic disease and early childhood immunization : is there a link ' Allergy 2008 ; 63 : 1464-72.

NDLR. Les résultats de cette étude devraient être portés à la connaissance du plus grand nombre, et en particulier des parents qui emmènent leurs enfants en voyage ou en expatriation en zone à risque infectieux aggravé.

Norovirus : encore et toujours plus

L'émergent Norovirus attaque depuis quelques années les croisiéristes maritimes, y compris dans les navires les plus prestigieux comme le Queen Mary II. Il s'en prend désormais aux croisières fluviales, au rafting et aux aéronefs, autant d'endroits où il est difficile et malséant de vomir et de libérer en urgence ses intestins (NDLR).