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Décembre 2000

Clinique de la fièvre typhoïde en Occident

Le service des urgences de l'Université Southern California à Los Angeles a étudié rétrospectivement ses cas récents de typhoïde. Les symptômes étaient la fièvre (70%), des céphalées (46%), des douleurs abdominales (30%), une diarrhée (24%). Ces symptômes duraient en moyenne depuis 7,9 jours. La présentation la plus typique est celle d'une fièvre nue chez un patient revenant d'une zone d'endémie.

HOFFNER R.J. et coll. Emergency department presentations of typhoid fever. J. Emerg.
Med. 2000 ; 19 : 317-21.

NDLR. Tous les manuels recopient depuis des décennies la présentation clinique de la typhoïde telle qu'elle fut classiquement décrite. Tous les médecins français, et les étudiants actuellement en faculté, apprennent encore l'angine de Duguet, les taches rosées lenticulaires, le tuphos etc, signes qu'ils ne verront jamais dans leur pratique française. Fort heureusement les patients des pays industrialisés n'attendent plus le deuxième septénaire pour consulter. C'est devant une fièvre isolée qu'il faut désormais évoquer le diagnostic de cette maladie contre laquelle la couverture vaccinale des voyageurs français est encore insuffisante (40%).

Homeopathicus paludismus horribilis

Une Française de 40 ans décide de passer ses vacances au Togo. Comme prophylaxie du paludisme elle se voit prescrire deux drogues homéopathiques : Ledum palustre 5CH une granule par jour et Malaria officinalis 4CH une granule une fois la veille du départ. Cinq jours après son retour en France, la patiente présente une fièvre : elle consulte son homéopathe qui lui prescrit divers médicaments et des vitamines. Quinze jours plus tard elle est hospitalisée en réanimation pour des troubles neurologiques sévères avec fièvre à 41°C ; frottis sanguin : 7% d'hématies parasitées par P. falciparum. Elle restera deux mois en unité de soins intensifs.

DELAUNAY P. et coll. Homeopathy may not be effective in preventing malaria. BMJ 2000; 321: 1288.

NDLR. C'est trop désespérant. Pas de commentaire.

Les urgences médicales en avion

British Airways, qui a transporté 36,8 millions de passagers en 1999, a recensé 3.368 incidents médicaux en vol (1/11.000 passagers). La plupart (70%) sont bénins et pris en charge par les hôtesses et stewards ; il en reste 1000 pour les médecins éventuellement à bord.

Les problèmes les plus fréquents sont : douleur thoracique, perte de connaissance, crise d'asthme, traumatisme crânien, problème psychiatrique, diarrhée ou vomissements, hypoglycémie chez un diabétique insulino ou sulfamido-traité, allergie, urgences gynéco-obstétricales.

DOWDALL N. Is there a doctor on the aircraft. BMJ 2000; 321: 1336-7.

Prévenir la phlébite en avion : recommandations

- Sujets sans facteur de risque : marcher en cabine autant que possible, contracter ses mollets en station assise, éviter les excès d'alcool et de caféine.

- Sujets à risque modéré : en sus des recommandations précédentes, prendre un avis médical avant le vol, absorber de l'aspirine à faible dose antiagrégante avant le vol, porter des chaussettes ou bas de contention.

- Sujets à risque avéré: en sus des recommandations précédentes, prendre un avis spécialisé avant le vol, se mettre sous héparine de bas poids moléculaire pour la durée du vol.

FERRIMAN A. Travellers sould be warned of thrombosis risk. BMJ 2000; 321: 1310.

Divers

- Trecking is good for you : c'est la conclusion d'une étude portant sur 246 expéditions qui démontre que l'on a une probabilité moindre de mourir, d'être malade ou blessé lorsque l'on parcourt le globe à pied que lorsque l'on reste chez soi, surtout si c'est pour fréquenter des festivals rocks ou des camps scouts (').

J. Royal Soc. Med. 2000; 93: 557-62.

- Si vous allez aux Etats-Unis, ne mangez pas l'intérieur de la pomme et surtout pas le c'ur (trognon) qui contient les pépins : c'est dommage car cette partie contient, d'après d'autres auteurs, de puissants principes antioxydants et anticancéreux. Mais on vient de découvrir que cette partie centrale de la pomme pouvait héberger le terrible E. coli - 0157:H7, échappant aux insecticides de surface.

Appl. Environ. Microbiol. 2000 ; 66 : 4679-87.

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