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Décembre 1999

Transplantés: vaccin hépatite A sûr et efficace

Il est admis, au moins selon un principe de précaution, qu'une hépatite A peut être grave voire gravissime chez les sujets présentant une hépatite B ou C. Les transplantés rénaux et hépatiques sont fréquemment porteurs de l'une et/ou l'autre hépatite ; ils sont de surcroît fragilisés par leur maladie et les traitements immunosuppresseurs.

Des auteurs allemands ont étudié l'efficacité et la tolérance du vaccin chez des transplantés hépatiques (HTX), rénaux (RTX) en les comparant avec des sujets sains (S). Schéma vaccinal : J0 et M6.

Après la première injection, les séroconversions sont :

HTX: 41% ; RTX: 24% ; S: 90%.

Après la seconde injection: HTX: 97% ; RTX: 72% ; S: 100%.

Le taux d'anticorps vaccinaux des transplantés rénaux était inversement proportionnel à la quantité de drogues immunosuppressives reçue.

Aucun effet indésirable particulier n'a été noté chez les transplantés.

STARK K. et coll. Immunogenicity and safety of hepatitis A vaccine in liver and renal transplant recipients. J. Infect. Dis. 1999 ; 180 : 2 - 014-7.

NDLR. Ainsi, même dans les conditions les plus défavorables aux vaccinations (maladie chronique, immunosuppression, transplantation), le vaccin hépatite A demeure très efficace et aussi bien toléré que chez le sujet sain. Il paraît légitime de vacciner ces sujets qui de plus, ainsi guéris, pourraient bien se mettre comme les autres à voyager sous les tropiques'

Hépatite A : plus grave aussi chez les sujets infectés par le VIH

Une étude cas-témoins menée au Texas et dans le Colorado a analysé les conséquences d'une co-infection VIH-VHA. Il en ressort, par rapport aux témoins VIH+ non infectés par le VHA, une augmentation très significative de la morbidité, qui se traduit comme suit: suspension de la trithérapie antirétrovirale, taux d'hospitalisation de 11%, charge virale augmentée encore un an après par rapport aux témoins.

Les auteurs concluent que les sujets porteurs du VIH non porteurs d'IgG anti-VHA devraient être vaccinés contre l'hépatite A.

BERGGREN R.E. et coll. Impact of acute hepatitis A on 35 HIV-1-infected patients. 39th Annual ICAAC,26-29 sept 1999. San Francisco.

Causes exogènes d'allongement de l'espace QT

On nous a beaucoup rappelé qu'il y avait risque majeur de torsade de pointe et d'arrêt cardiaque à prescrire l'antipaludique halofantrine (HALFAN®) à des sujets ayant un espace QT allongé. En dehors des causes congénitales (type syndrome de Romano-Ward), il existe de nombreux facteurs exogènes, médicamenteux en particulier, susceptibles d'allonger cet espace. En voici enfin la liste très complète, publiée dans le Lancet.

Médicaments. Antiarythmiques: quinidine, disopyramide, procaïnamide. Anticholinergiques: cisapride. Antidépresseurs: tricycliques. Antiinfectieux: macrolides, cotrimoxazole, pentamidine, kétoconazole, chloroquine ('), quinine ('). Anti-H: terfenadine, astemizole. Anti-psychotiques: phénothiazines, halopéridol, sertindole. Anti-récepteurs sérotonine: ketanserine. Diurétiques: indapamide. Inotropes positifs: amrinone, milrinone.

Poisons: arsenic, organo-phorphorés.

Désordres métaboliques: hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie.

Bradyarythmies: (toutes causes et tous types, permanentes ou non).

Dénutrition/malnutrition : toutes causes, en particulier anorexie mentale, régimes alimentaires drastiques, malabsorption etc.

Autres: hémorragie cérébrale, dissection des vaisseaux du cou, phéochromocytome.

VISKIN S. Long QT syndromes and torsades de pointes. Lancet. 1999 ; 354 : 1625-33.

Prévoir une épidémie d'encéphalite à virus West Nile

L'enquête rétrospective sur l'épidémie d'encéphalite à virus West Nile de New York (VISA n° 23, 24) a mis en évidence le fait que de nombreux corbeaux étaient morts dans les semaines précédant l'épidémie humaine.

Il est suggéré de surveiller toute augmentation de la mortalité aviaire : comme on le fait déjà pour la peste avec les "chutes de rats" (si l'on voit en zone tropicale un rat tomber d'un toit, d'un plafond, d'un grenier, d'un escalier, il faut donner l'alerte à la peste NDLR).

48th Annual Meeting of the American Society of Tropical Medicine and Hygiene.
Washington, 30 november 1999.