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Avril 2011

Alcool et voyages exotiques

Les risques associés à la consommation excessive d’alcool sont rarement abordés en consultation de médecine des voyages. Les auteurs ont étudié l’impact de ces excès par des questionnaires standardisés anonymes soumis aux touristes visitant les Andes à partir de Cusco, Pérou. Les questions concernaient la consommation alcoolique, les conduites vis-à-vis du risque d’IST, la fréquence et la sévérité des diarrhées du voyageur.
La plupart des touristes (87,2%) consomment de l’alcool, et 20,4% reconnaissent avoir été ivres au moins une fois : ces derniers sont principalement des hommes célibataires de moins de 26 ans. Ils ont eu des recours médicaux plus fréquents que la moyenne des touristes ; ils ont aussi plus souvent changé leurs itinéraires et ont retiré de leur séjour une satisfaction moindre que les touristes tempérants.
Analyse multivariée : consommation plus fréquente de nourritures à risque infectieux, usage de drogues, sexualité à risque et plus grande sévérité d’une diarrhée.

CABADA MM et al. Excessive alcohol consumption increases risk taking behaviour in travellers to Cusco, Peru. Travel Med Infect Dis 2 - 011 (Epub ahead of print).

Tourisme de transplantation rénale : horreur !

Dans certains pays la pénurie d’organe ou le coût élevé de la prise en charge incite de plus en plus au tourisme de transplantation. La Turquie fait partie des pays émetteurs : les auteurs turcs ont étudié rétrospectivement les suites opératoires de cinq patients successifs opérés en Egypte après avoir acheté le rein d’un donneur vivant non apparenté.
Quatre hommes et une femme, d’âge moyen de 51 ans. La fonction rénale était satisfaisante (créatinine 0,9 mg/dL). Ont été constatés une infection de la cicatrice (3 patients), une éviscération (n=2), une thrombose veineuse profonde (n=2), un oubli de compresse ayant nécessité une ré-intervention, une implantation aberrante proche d’une hernie inguinale non réparée et une pyélonéphrite du rein transplanté.
Conclusion bien compréhensible des auteurs : se faire transplanter le rein d’un donneur rémunéré dans une clinique commerciale fait courir de grands risques au receveur.

Yakupoglu YK et al. Transplantation tourism : high risk for the recipients. Clin Transplant 2 - 010; 6: 835-8

Fièvre africaine à tiques

Au cours des dernières années, l’infection par Rickettsia africae est devenue une cause commune de maladie fébrile chez les voyageurs de retour d’Afrique sub-saharienne, d’Afrique du Sud en particulier.
Les auteurs –israéliens- ont mené une étude prospective d’observation de 671 personnes participant à un safari en Afrique du Sud en 2008. Neuf d’entre eux (1,34%) ont présenté fièvre, céphalées, myalgies, adénopathies, éruption vésiculeuse et escarre nécrotique. Pour la plupart d’entre eux, un diagnostic erroné fut porté ; pour la quasi totalité survint un long retard au diagnostic et au traitement éradicateur.
Les auteurs déplorent l’absence d’information des candidats au voyage et l’insuffisance de connaissance des médecins sur cette maladie considérée en forte expansion.

ATLAS D et al. Rickettsia africae infection among participants in a women’s safari to South Africa. Harefuah 2 - 010; 149: 572-5.

Anticorps protecteurs hépatite A chez les migrants

Un migrant qui retourne dans son pays en développement où l’hépatite A est endémique n’a pas besoin d’être vacciné contre cette maladie, y ayant acquis une immunité naturelle. C’est la notion sur laquelle la plupart d’entre nous vivait. Une récente étude du CVI de l’IP Paris montre que cette notion est de plus en plus fausse, en particulier dans les tranches d’âge des plus jeunes (Ndlr).
Les auteurs ont étudié 989 de ces candidats au voyage de retour au pays dans lequel ils avaient vécu plus d’un an. La sérologie VHA, obtenue chez 646 d’entre eux, se révéla positive dans 82,4%. 90,0% (Afrique subsaharienne), 82,6% (Proche et Moyen Orient), 81,2% (Afrique du Nord), 68,4% (Asie), 56,9% (Amérique Latine), 50,0% (Europe de l’Est). Forte corrélation selon la région d’origine, l’âge et la durée de séjour dans le pays d’origine (p<0,00 - 01).
Les auteurs recommandent de pratiquer beaucoup plus le dosage des anticorps totaux anti-VHA, dont un nombre important reviendra négatif, ce qui optimisera la vaccination HA qui n’est guère pratiquée aujourd’hui chez ces sujets.

GERGELY A E et al. Hepatitis A Seroprevalence in a Population of Immigrants at a French Vaccination Center. J Travel Med 2 - 011; 18: 126-9.

Couverture vaccinale dans un service d’infectiologie

Questionnaire soumis aux professionnels de santé du département de maladies infectieuses et tropicales du CHU de Dijon quant à leur statut vaccinal : 57 répondants (93%). La vaccination contre le VHB est la plus citée (79%), suivie du BCG (66%) et du DTP (66%). Parmi les vaccinations recommandées, la grippe (70%), suivie de la rougeole (61%), de la coqueluche (39%) et de la varicelle (14%).
Le nombre des bonnes réponses était corrélé au fait d’être médecin et d’avoir eu des formations sur la vaccination.

Duong M et al. Couverture vaccinale des professionnels de santé dans un service d’infectiologie. MMI 2 - 011 ; 41 (3) : 135-9.

Ndlr. Ces résultats sont inquiétants. Une formation minimale en vaccinologie devrait être disponible, voire obligatoire, pour tous.