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Avril 2010

 

Jeux olympiques sous les tropiques

Les JO 2 - 016 se tiendront à Rio de Janeiro. Déjà des spécialistes de médecine tropicale et des voyages tirent la sonnette d’alarme.
Certes il n’y a pas de paludisme à Rio, mais la dengue est très présente : en 2008, il y a eu plus de 120 000 cas et 157 décès. La leishmaniose n’est pas très loin du centre-ville. La rougeole semble avoir été éliminée, mais il y a eu une forte attaque de rubéole en 2006. Rio est une grande destination à risque de diarrhées du voyageur. On estime à plus de 30 000 le nombre des SIDA/VIH ; quant aux autres infections sexuellement transmises, elles semblent aussi fréquentes qu’impossibles à quantifier.
Le tout sans préjuger des déplacements secondaires locaux des athlètes et du public, qui les exposeront aux pires maladies tropicales, aux morsures du redoutable serpent Bothrops etc.

IGREJA R P. Olympics in the Tropics and infectious diseases. CID 2 - 010; 50: 616-7.

NDLR. Il y va un peu fort le confrère. Faire de la santé publique ne signifie pas terroriser les foules, bien au contraire. D’autant que les catastrophes annoncées se produisent rarement (voir le H1N1 par exemple). Ceci étant dit, il faudra prendre des précautions et inciter calmement les visiteurs des JO à consulter un médecin avant leur voyage. Nous avons six ans pour nous y préparer.

 

Connaissances des généralistes sur le Chikungunya

Un médecin généraliste par département français métropolitain, tiré au sort, a fait l’objet d’un très simple et rapide questionnaire sur le chikungunya en juin 2008.
Ils leur fut d’abord demandé d’auto-évaluer leur niveau de connaissance de la maladie, sur une échelle de 1 à 10. La réponse médiane fut de 2,77, avec 85% au-dessous de 5/10.
Parmi les risques infectieux les plus redoutés pour leurs patients voyageurs exotiques, le chikungunya obtenait la note moyenne de 3,3/10,0, après la turista (5,4) et la paludisme (4,6), et avant le sida (3,2), la grippe aviaire 2,2) et la fièvre d’Ebola (2,1).
Si tous les médecins interrogés savaient que le chikungunya se transmettait à la Réunion (ce que était d’ailleurs faux à l’époque de l’enquête), seuls 46,4% d’entre eux savait qu’il n’était pas présent en Guyane, et 55,1% en Nouvelle-Calédonie. 92,3% ignoraient que la virus était potentiellement transmissible au Gabon, au Sénégal et à Madagascar.
Connaissance de la transmission au cours du nycthémère (matin, journée, soir, nuit) : aucun médecin ne donna la bonne réponse.
Concernant les répulsifs anti-moustiques recommandés par l’AFSSAPS, seuls 14,5% en citèrent un nom de marque ; 62,3% ne connaissent aucun produit, et 8% envoient leur patient voyageur « voir avec le pharmacien ».

ECHARD A. Connaissances des médecins généralistes sur le virus chikungunya en France métropolitaine. Thèse Médecine 2 - 010 Université Paris XII. Intégralité de la thèse disponible sur www.sante-voyages.com.

Pathologies des enfants européens voyageurs

Le réseau GeoSentinel a étudié les caractéristiques et le pathologies des 1 591 enfants revenant de 218 destinations dans leurs 19 pays européens d’origine, pendant 10 ans (1997-2007).
Ces enfants revenaient principalement d’Asie, d’Afrique sub-saharienne et d’Amérique Latine. L’apparition de leur maladie était plus précoce que chez les adultes, s’exprimant cliniquement le plus souvent dans les 7 jours suivant le retour. Deux facteurs de risque très présents : absence de consultation pré-voyage et motif de voyage (visite famille ou amis).
La diarrhée arrive en première position (28%, principalement au retour du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord), suivie des problèmes dermatologiques (25%, principalement au retour d’Amérique Latine), de fièvre (23%, principalement au retour d’Asie et d’Afrique sub-saharienne) et de troubles respiratoires (11%). Aucun décès ne fut rapporté.
Ces pathologies et leurs fréquences respectives diffèrent de celles de l’adulte habituellement décrites.

HAGMANN S et al. Illness in children after international travel: analysis from the GeoSentinel Surveillance Network. Pediatrics 2 - 010 Apr 5 (Epub ahead of print).

Leptospirose et voyages

La leptospirose est reémergente dans les pays industrialisés. D’un autre côté les voyages dans des pays exotiques sont de plus en plus nombreux. Les auteurs (israéliens) ont voulu déterminer la part autochtone et la part importée de cette maladie.
L’analyse des données du centre de référence des leptospiroses montre que 20 cas (42%) sur les 48 recensés sont liés à un voyage . C’est l’Asie du Sud-Est qui fournit le plus de cas (75% des cas liés aux voyages).
L’incidence annuelle de la leptospirose contractée lors de voyages s’établit à 1,78 p 100 000 voyageurs ; l’incidence de la leptospirose autochtone à 0,06 p 100 000 hab (RR 29,6, IC95% 16,7-52,4).
Dans 55% des cas, la maladie est considérée comme sévère, le plus souvent liée au sérogroupe icterohaemorrhagiae.

LESHEM E et al. Travel-related leptospirosis in Israel : a nationwide study. Am J Trop Med Hyg 2 - 010 ; 82 : 459-63.