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Avril 2006

Urgentistes (anglais) au-dessous de tout !

Lorsqu'un patient se sent malade de manière aiguë, qu'il revienne ou non d'une zone tropicale, il va de plus en plus souvent consulter aux urgences de son hôpital de proximité. Les auteurs ont testé les connaissances des urgentistes au moyen de cinq scénarios cliniques de maladies aiguës importées.
Taux de réponse : 96%. Seulement 16% des urgentistes abordent dans leur démarche diagnostique l'histoire géographique (le voyage) du patient. Seulement 22% arrivent au bon diagnostic. Donc dans 8% des cas, le diagnostic est porté hors contexte du voyage.
En conclusion, une énorme majorité d'urgentistes ne s'intéressent pas au récent passé exotique éventuel de leurs patients.

SMITH SM. Imported disease in emergency departments : an undiscovered country ' J travel Med 2006; 13: 73-77.

NDLR. Rappelons que pas une seule heure n'est consacrée à la médecine des voyages dans la formation initiale des médecins.

« GI » comme « Gastro Intestinal »

Un questionnaire standardisé fut rempli par 15.459 militaires des forces internationales déployées en Irak et en Afghanistan : il s'agissait de quantifier quelques données sur les diarrhées, qui semblent constituer le problème de santé le plus fréquent des troupes.
La diarrhée est rapportée par 76,8% des militaires d'Irak, par 54,4% d'Afghanistan. Elle est considérée comme sévère dans les cas suivants :
- plus de 6 selles non moulées dans 20,8% et 14,0% des cas respectivement
- fièvre (25,8%)
- vomissements (18%)
- diarrhée chronique (>30j), dans 3,3% des cas.
Un auto-traitement (lopéramide seul essentiellement) est pris par 20% des patients.

Les auteurs concluent qu'il conviendrait d'améliorer rapidement cette situation si l'on veut que le moral des troupes et leur capacité au combat soient à leurs meilleurs niveaux.

PUTANM SD et coll. Self-reported description of diarrhea among military population in operations iraqi freedom and enduring freedom. J Travel Med 2006; 13: 92-9.

NDLR. C'est donc vrai qu'ils sont dans la m...

Mortalité palustre sous chimioprophylaxie

Les auteurs, allemands, ont analysé rétrospectivement 6.964 cas de paludisme à P. falciparum importés. Ils ont étudié les causes de mortalité en fonction de la prise ou non d'une chimioprophylaxie.
La létalité chez les patients n'ayant aucune immunité était de 2,95%. Parmi les voyageurs revenus impaludés, 459 avaient suivi une chimioprophylaxie par l'association chloroquine proguanil. Cette association n'était pas pertinente compte tenu des pays visités. Mais les auteurs eurent la surprise de constater que, chez ces sujets, le risque de décès était inférieur à celui de ceux qui prenaient une quelconque autre chimioprophylaxie : OR 0,280, p=0, - 014.
Bien évidemment ce risque était plus élevé chez les sujets n'ayant pris aucune drogue préventive que chez les autres, toutes chimioprophylaxies confondues.
Ainsi, la prise de chloroquine + proguanil, même inadaptée sur le plan parasitologique, confère une protection certaine contre le décès palustre.

KRAUSE G et coll. Chemoprophylaxis and malaria death rates. Emerg Infect Dis 2006; 12; 447-51.

Vaccin Vi: mieux que prévu d'après les Chinois

Sur une cohorte de 80.000 Chinois, répartis en deux centres (Baoying et Quan-zhou), les auteurs ont étudié l'incidence de la typhoïde pendant 6 ans après l'injection de vaccin polyosidique Vi.
Comme on pouvait s'en douter, à 6 ans, l'immunité a disparu. Mais les taux de protection à 2 ans sont de 100% à Baoying (95%CI : 17%, 100%) et de 85% à Quan-zhou (95%CI : 49, 96%). Globalement, l'efficacité à 3 ans était de 88%.

ACOSTA CJ et coll. Efficacy of a locally product, Chinese Vi polysaccharide typhoid fever vaccine during six years of follow-up. Vaccine 2005; 23: 5618-23.

Anticoagulants oraux et altitude: mauvais ménage

Chaque année, 476.000 personnes sous anticoagulant (warfarine) visitent des sites du Colorado à plus de 2.400 m d'altitude. Les auteurs ont collecté les INR de touristes ayant eu recours à une consultation de cardiologie d'une part, ceux issus de la surveillance des résidents, tous traités au long cours par anticoagulant oral.
Sur les 1.139 INR collectés, 143 présentaient une modification associée à l'altitude. L'INR augmente de 2,1 fois chez les sujets ayant fait une ascension récente (95%CI : 1,4-3,2) et de 5,6 fois chez les patients en ACFA ayant fait une ascension récente (95%CI : 2,3-13,7).
Globalement, tous patients confondus, les ascensions en altitude induisent un risque de sous-dosage relatif.

PATOT MC et coll. Risk of impaired coagulation in warfarin patients ascending to altitude. High Alt Med Biol 2006; 7: 39-46.

NDLR. D'accord: nous sommes prévenus. Mais que faisons-nous en pratique pour tous ces voyageurs (de plus en plus nombreux et de plus en plus âgés) qui partent au Népal, dans les Andes etc ' Compte tenu de la latence de l'équilibration des anticoagulants oraux, une augmentation des doses en prévision de la montée induirait un surdosage après la descente. Passage des patients les plus à risque aux HBPM '