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Avril 2004

Typhoïde et azithromycine

Les auteurs ont comparé, chez 149 enfants (3-17 ans) atteints de fièvre typhoïde non compliquée, l'azithromycine (Zithromax®) per os, 20 mg/kg/j, max 1g/j et la ceftriaxone (Rocephine®) 75 mg/j, max 2,5 g/j : durée de traitement pour les deux molécules identique : 5 jours. Parmi les patients éligibles (isolement de S. typhi : n=68), 32 reçurent l'azithromycine (AZI), 36 la ceftriaxone (CEF)
La disparition de S. typhi des hémocultures fut plus longue dans le groupe AZI, mais on ne constata aucune rechute dans ce groupe, alors que 6 rechutes furent à déplorer dans le groupe CEF.

FRENCK R.W. et coll. Short-course treatment of uncomplicated typhoid fever in children and adolescents. Clin Infect Dis 2004; 38: 951-7.

NDLR. L'azithromycine est en train de démontrer son intérêt en infectiologie gastroentérologique tropicale. Après avoir prouvé son équivalence avec la lévofloxacine dans le traitement de la tourista (cf VISA n°68), elle démontre une supériorité dans la fièvre typhoïde par rapport à un traitement injectable, la ceftriaxone : certes à confirmer dans d'autres pays puisque la présente étude ne concerne que des patients égyptiens et seulement chez des enfants et adolescents.

Aspects cliniques de la grippe aviaire

Les auteurs vietnamiens ont pu étudier 10 cas de grippe A H5N1 confirmés (PCR).
La moyenne d'âge des sujets est de 13,7 ans ; aucun n'avait d'antécédents médicaux particuliers. Tous sauf un avaient été en contact direct avec des volailles, en moyenne 3 jours avant le début des signes cliniques. On retrouvait constamment une fièvre (38°5-40°0C), des symptômes respiratoires, une lymphopénie (m=700/mm3), une thrombopénie (m=75.500/mm3), une radiographie thoracique anormale. Sept patients présentaient une diarrhée.
Huit patients décédèrent (létalité : 80%).

TRAN T. H. Avian influenza A (H5N1) in 10 patients in Vietnam. N Engl J Med 2004; 350: 1179-88.

Mal aigu des montagnes: prévention médicamenteuse

La prévention du MAM se situait très loin de la « médecine fondée sur les preuves ». Certains prescrivaient de l'acétazolamide (AC) dont on pressentait une certaine efficacité, d'autres du Ginkgo biloba (GB), et beaucoup rien du tout.
Camp de base de l'Everest (4.928m), 487 alpinistes répartis en double aveugle, randomisé, en 4 groupes : AC, GB, AC+GB, placebo (PO).
Survenue du MAM : AC 12%, GB 35%, AC+GB 14%, PO 34%.
Survenue d'un MAM sévère : AC 3%, GB 18%, AC+GB 7%, PO 18%.
Seul est donc efficace l'acétazolamide (Diamox®) qui doit donc être prescrit à la dose de 500mg/j comme dans cette étude.

GERTSCH J. H. et coll. Randomised, double blind, placebo controlled comparison of ginkgo biloba and acetazolamide for prevention of acute mountain sickness among Himalayan trekkers. BMJ 2004 doi:10.1136/bmj.38043.5 - 01690.7C

Dengue: aspects cliniques chez les voyageurs

La clinique et la biologie de la dengue sont abondamment décrites, mais quasiment toujours chez les sujets autochtones. Ces descriptions ne sont pas obligatoirement transposables aux voyageurs, ne serait-ce que parce qu'il s'agit pour eux d'un premier contact avec le virus (on sait que la gravité augmente avec le nombre des infections).

Berlin, 71 voyageurs allemands revenus avec une dengue confirmée. Fièvre et prostration sont constantes ; céphalées, essentiellement fronto-orbitaires, dans 86% des cas ; arthralgies (79%), rash cutané (66%), myalgies (48%). Leucopénie (72%), thrombopénie (89%), hyponatrémie (41%), élévation ALAT (41%), ASAT (45%), LDH (62%). Des manifestations hémorragiques apparurent chez 10 patients (14%) ; un seul présenta une « dengue hémorragique » selon les critères OMS. Aucun décès.

TEICHMANN D. et coll. Dengue virus infection in travellers returning to Berlin, Germany : clinical, laboratory and diagnostic aspects. Acta Trop 2004 90 : 87-95.