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Avril 2002

Survie du VHA sur les légumes frais

Les légumes frais sont une source majeure d'infection par le virus de l'hépatite A. La survie pragmatique du VHA sur des légumes étant inconnue, des auteurs ont immergé laitues, fenouil et carottes dans une suspension de VHA (TCID50 : 5 log/ml). Les échantillons ont été stockés à 4°C puis analysés (PCR) à J0, 2, 4, 7 et 9, après lavage à grande eau. Les plus grandes quantités de virus furent trouvées dans la laitue, quantités qui ne commencèrent à décroître qu'en fin d'étude (9j) ; les PCR se négativèrent plus rapidement pour les carottes (4j) et le fenouil (7j).

Conclusion. A température d'un réfrigérateur domestique, malgré un énergique lavage, la persistance virale est notable pendant presque toute la durée de fraîcheur apparente compatible avec la consommation ; certains légumes (laitue) absorbent -et retiennent- le VHA encore plus que d'autres (carottes).

CROCI L. et coll. The survival of hepatitis A virus in fresh produce. Int. J. Food Microbiol. 2002; 73: 29-34.

Myiase: extraction charcutière allemande

Après un séjour au Brésil, un patient de 37 ans consulte pour une sorte de furoncle au niveau de la cuisse droite. Au milieu de cette induration, un orifice laisse voir un petit asticot blanchâtre qui va et vient. Les auteurs tentent semble-t-il d'attraper la larve avec une pince fine, sans succès. Ils ne souhaitent pas pour autant confier le patient au chirurgien, la solution chirurgicale étant toujours démesurément délabrante. L'un d'entre eux a une idée : il plaque sur la lésion une tranche de bacon et attend. Deux heures plus tard, on enlève la tranche de jambon, sur laquelle se trouve solidement fixée la larve : le patient est guéri, de manière atraumatique.

SCHULTE C. et coll. One catches not only mice with bacon. An atraumatic treatement for cutaneous myiasis. Dtsch. Med. Wochenschr. 2002 ; 127 : 266-8.

Coupe du Monde de football Japon/Corée

Le Japon attend 430.000 visiteurs du monde entier. Les Japonais, qui n'aiment pas les infections en général et les exotiques en particulier, se sont livrés à une estimation particulièrement sophistiquée : ils attendent désormais de pied ferme 5,88 cas de shigellose, 3,41 de paludisme, 1,40 de typho-para-typhoïde, 0,42 de choléra, 0,0032 de méningite à méningocoque.

Pas de quoi fouetter un chat, mais ils semblent néanmoins tous en alerte (NDLR).

TAKAHASHI H. et coll. An estimation of imported infections concerning 2002 FIFA world cup Korea/Japan. Kansenshogaku Zasshi 2002; 76: 102-8.

Diarrhée du voyageur: les microbiologistes sont sur place

Les auteurs ont recueilli sur place et analysé les selles (n=1.079) de voyageurs diarrhéiques européens et nord-américains à Monbasa (Kenya), Goa (Inde) et Montego Bay (Jamaïque). E. coli entérotoxinogène (ETEC) est la première cause (25%) pour les trois destinations. Les shigelles viennent ensuite, plus fréquentes à Goa et Monbasa (9-10%) qu'à Montego Bay (0,3%, p<0,005). Viennent après, toutes zones confondues, les salmonelles (6%), Campylobacter (4%), Plesiomonas (3%), Aeromonas (2%). Toutes les bactéries isolées sont sensibles aux fluoroquinolones

Les protozoaires sont beaucoup plus rarement impliqués : E. histolytica (1%), G. lamblia (0,7%) ; (peut-être la contamination et les prélèvements étaient-ils trop précoces, n'ayant pas donné à ces agents le temps de développer une masse critique pathogène NDLR).

Les virus (rotavirus et adénovirus) sont trouvés dans 9% des cas pour les trois sites.

Les infections à deux germes ou plus représentent 7% des cas.

A l'opposé, aucun agent infectieux n'est identifié dans plus de la moitié (53%) des cas (ce qui en dit long quant au travail qui reste à faire sur la diarrhée du voyageur NDLR).

JIANG Z.D. et coll. Prevalence of enteric pathogens among international travelers with diarrhea acquired in Kenya (Monbasa), India (Goa) or Jamaica (Montego Bay). J. Infect. Dis. 2002 ; 185 : 497-502.