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Juin 2011

Editorial

On arrive sans doute à la fin de l’épisode dramatique de toxi-infection alimentaire à E coli O104 qui, avec quelques dizaines de décès aura défrayé durant toutes les chroniques sanitaires européennes sinon mondiales. Tout est donc peut-être bien qui devrait (moyennement) bien finir, mais cet épisode dramatique appelle quelques remarques.
- Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les TIAC sont loin d’avoir disparu des pays développés. Au moment même ou les Européens fuyaient leurs innocents concombres, 11 Américains tombaient malades d’avoir consommé des huîtres contaminées au choléra en Floride, et personne n’aurait pu affirmer que l’épidémie d’empoisonnement aux champignons vénéneux du Michigan était terminée (ici encore plus de 10 cas)
- On pourrait faire un parallèle troublant entre vaccination et TIAC. En faisant disparaître, au moins dans les régions riches, ces deux fléaux historiques que sont les famines et les épidémies, l’homme a créé de nouvelles peurs, celles des effets secondaires de masse. Des réactions paradoxales mais assez comparables dont on perçoit quelques conséquences aujourd’hui: développement incontrôlé dans certaines exploitations agricoles « bio » de germes extrêmement dangereux d’une part et réapparition de la rougeole et autres pestilences infectieuses d’autre part. Rien n’est simple…  Les vacances arrivent, marquées par ce dernier numéro de VISA. Des paradoxes comportementaux humains le voyageur averti devra tirer les conséquences, qu’on lui répète depuis que cette lettre existe: mettre à jour ses vaccinations et toujours adopter, à l’étranger, des comportements alimentaires adéquats: peel, it, boil it or forget it, encore et toujours.

Bonnes vacances à tous.

Paludisme OMS 2  - 011 : prévention, santé, voyages, risques, situation voyageurs, recommandations, risques sanitaires

Paludisme: tendances

Depuis quatre ans, le paludisme décroît dans le monde, à l’évidence grâce au programme «Roll Back Malaria» et les financements de la fondation Gates. En France métropolitaine aussi, le nombre de cas importés par les voyageurs a décru depuis 2007 (4400 cas) pour tomber à 3990 en 2009; mais en 2 - 010, marche arrière toute: 4600 cas (+7,5%), 181 formes graves, et 8 décès. Soit une létalité globale de 0,33%, et une létalité de 4,42% sur les formes graves.
Les pays d’origine sont ceux de l’Afrique sub-saharienne, à hauteur de 91%. Si on en croit les chiffres du CNR, les touristes de base ne sont désormais que peu concernés, le lourd tribut étant payé par les migrants: « Ce sont les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui sont concernés par cette recrudescence, sans doute moins bien informés des mesures préventives antivectorielles et chimioprophylactiques disponibles, toujours efficaces en 2 - 010, mais onéreuses » (HCSP).

Ndlr. Disons les choses clairement. Le prix de la Atovaquone-proguanil® est dissuasif, et d’autant plus que les séjours des migrants sont longs, sans doute en raison des prix démesurés des lignes aériennes qui desservent l’Afrique Noire (séjours longs et en pleine saison des pluies !). Alors on réserve ce produit aux enfants de moins de 8 ans quand le médecin insiste lourdement. Au-delà on peut prescrire la doxycycline, mais seulement celles qui ont l’AMM « paludisme »: Doxypalu®, Granudoxy® G et Doxy® G. Mais seul Doxypalu® (prix moyen 15,60€ -28cp) n’est pas remboursable; les deux autres (7,5€) ont l’AMM Palu, ainsi que les autres indications habituelles de la doxycycline : mais il convient alors au médecin de marquer sur son ordonnance « HAM » (hors assurance maladie) quand il prescrit dans l’indication Paludisme. Donc 2 mois de séjour reviennent à 46,8€ avec Doxypalu®, à 22,5€ avec les autres quand on marque « HAM », à 7,9€ quand on ne le marque pas et à quasiment rien lorsque le patient a une mutuelle. La SS devrait réfléchir au coût de milliers d’hospitalisations dont sans doute 200 en réanimation.

Vaccin encéphalite japonaise

Maladie en probable expansion et redoutable (en gros un tiers de décès, un tiers de séquelles neurologiques, un tiers de guérison spontanée sans séquelle détectable). Le vaccin Ixiaro® -aujourd’hui anodin autant que coûteux : 88 €- fait l’objet d’un avis du HCSP.

« La vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est pas recommandée systématiquement à tous les voyageurs qui se rendent dans les régions où le virus circule. Seuls sont concernés:
- les adultes, expatriés ou devant résider plus de 30 jours dans ces régions ;
- les adultes se rendant dans ces régions, avec une activité extérieure importante, plus particulièrement dans les zones de rizières ou de marécages, pendant la période de transmission du virus, notamment pendant la saison des pluies, quelle que soit la durée du séjour.
Les situations suivantes sont considérées comme à risque: nuit passée à la belle étoile sans moustiquaire ,camping, travail à l’extérieur, cyclisme, randonnée, en particulier dans des zones où l’irrigation par inondation est pratiquée
».
  Deux injections (J0, J28). Rappel à un an en cas d’exposition à risque continu. Le vaccin Ixiaro® est réservé aux CVI (Ndlr).

Divers et variés

La rage tue une personne toutes les 10 minutes dans le monde. Zones à haut risque: Afrique et Asie: 85% des contaminations (FAO).

Les hépatites en France sont la cause de 5.000 décès chaque année en France, soit un bilan plus lourd que celui des accidents de la route (SOS Hépatites)

Rougeole. Ne consultez plus les cartes de répartition mondiale de la rougeole ! Pour les CDC et la plupart des organisations internationales, le risque de contracter cette maladie est désormais universel.

Le Parlement européen a approuvé le 24 mai la mise en place des scanners corporels dans les aéroports de l’Union (AFP).

Lakeysha Beard a été expulsée d'un train Amtrak par la police de Salem pour «usage abusif et dérangeant d'un téléphone portable» (msnbc.com). Tenez vous à carreau aux Etats-Unis, surtout en ce moment de montée en puissance de la police et de la justice: et surtout, obtempérez immédiatement aux ordres des employés, même des plus petits (Ndlr).

L’industrie européenne du vaccin est très dynamique et la vaccination peut actuellement prévenir 28 maladies infectieuses. Depuis 5 ans, 13 nouveaux vaccins ont été commercialisés. En 2008, les 20 sites industriels européens ont produit 4,7 milliards de doses, soit une augmentation de 36 % depuis 2002. 80 % de ces doses sont exportés dans le monde entier, dont le tiers vers les pays en développement via des organisations comme l’Unicef (LEEM).

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