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Février 2012

Editorial

 Ecrire un éditorial est toujours un exercice difficile, surtout après en avoir commis 146 ! Mais là, l’actualité nous l’apporte sur un plateau. Remercions donc Costa Croisières, le spécialiste des bains de mer.
  Jusqu’à maintenant, on considérait que la croisière était le paradis des retraités, une sorte de délai au placement, puis était devenu celui des plus jeunes, actifs, en recherche d’un ramollissement cérébral jugé bien mérité: « On s’occupe de tout pour vous faire plaisir: munissez-vous seulement de votre voucher et de votre carte de crédit ».
  Vous saurez tout sur la sécurité des croisières dans notre article Croisières - Sécurité, qui n’est pas sponsorisée par Costa Croisières, tout le monde à la mer, ni par Francesco Schettino, capitaine abandonnant.


Vaccins voyages - actualités

Hépatite A. Le prix public de Havrix®1440 est désormais de 25,25€ et celui de Havrix 720 de 16,74€ (GSK). Les pharmaciens l’achètent désormais 19,56 et 12,82€ respectivement. Cette baisse est à l’évidence liée au remboursement du vaccin dans la mucoviscidose et les hépatopathies chroniques actives. Mais
-si nous avons bien compris- l’officine reste libre d’appliquer le prix de vente qu’elle décide aux voyageurs et tous autres patients exempts de ces maladies. Et ce ne sera pas facile pour le pharmacien, au vu de l’ordonnance, de savoir dans quelle case s’inscrit le patient. Alors beaucoup semblent partis pour appliquer le nouveau tarif à tout le monde (Ndlr).
Choléra. Le vaccin Dukoral®, qui avait fait l’objet d’une restriction de distribution et de prescription (réservé aux CVI) en raison de stocks tendus par l’épidémie haïtienne, est désormais de retour à un approvisionnement normal, prescriptible par tout médecin et disponible en officines (Novartis/Afssaps).

Insouciants cousins

Les Québécois sont friands de voyages vers le sud. En particulier en hiver, qui correspond à la période de transmission maximale du paludisme. Mais cette maladie -pas plus que les autres maladies exotiques- ils ne la connaissent pas ou très mal.
Ils sont seulement 41% à savoir qu’existe une maladie appelée « malaria » mais ne peuvent guère en dire plus: 40% ignorent qu’elle est transmise par piqûre de moustiques, 22% sont sûrs qu’elle est liée à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Et seulement 13% des Québécois consultent leur médecin ou un centre spécialisé avant leur voyage vers le sud.
Ce sondage (Léger Marketing) montre accessoirement que 85% des touristes s’exposent sur les plages au soleil aux heures les plus néfastes, sans aucun souci; et 55% sans la moindre crème solaire (CNW Telbec).

Paludisme : condamnation d’un généraliste

Dix jours après un voyage en Afrique du Sud (et au Zimbabwe, que le patient ne mentionnera pas) un voyageur d’affaire de 58 ans présente fièvre, céphalées et dysphagie. Absence de chimioprophylaxie. Devant une gorge érythémateuse, une antibiothérapie est prescrite. Pendant trois jours, état stationnaire: la femme du patient téléphone au généraliste, lequel le fait hospitaliser pour méningite. Le diagnostic d’accès palustre est porté, avec parasitémie à 15%. Passage en réanimation devant syndrome confusionnel, insuffisance rénale aiguë: intubation, ventilation, dialyse. Défaillance multiviscérale et choc septique. Décès.
La Cour d'appel condamne le généraliste à verser 523.141 € au titre de l'indemnisation du préjudice économique de la veuve et du préjudice moral de cette dernière et de son fils.

NDLR. Nous l’avons tous répété sur les bancs de la fac: « toute fièvre au retour d’une zone impaludée est un paludisme jusqu’à preuve du contraire, et quel que soit le reste du tableau clinique ;

l’accès palustre est une urgence thérapeutique absolue». Et puis rappelons l’article R. 4127-33 du Code de la santé publique: « Le médecin doit mettre en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour poser ou affiner un diagnostic; il doit "toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s'aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s'il y a lieu, de concours appropriés" ».

Aérien

Nuit du 13-14 janvier, vol British Airways Miami-Londres: les passagers entendent par les hauts-parleurs « crash imminent, préparez-vous à l’amerrissage ! ». Une hôtesse avait appuyé sur un mauvais bouton lançant des messages pré-enregistrés. Panique à bord bien évidemment. Pas un mot d’explication de l’équipage. Dépôt de plainte de deux passagers (Guardian).

Plusieurs grandes compagnies aériennes envisagent de créer en cabine des zones sans enfants (« child-free »), et de regrouper ceux-ci à l’arrière dans des « baby ghettos » (Wall Street J).

Deux jeunes Britanniques, normaux (quoique Britanniques bien sûr Ndlr) partent à Los Angeles le 30. - 01.12, bien décidés à y faire une fête monstre. A leur arrivée, ils sont directement mis en prison, et le lendemain expulsés vers Londres !
Ils avaient écrit sur Twitter, dans un argot londonien : « on va foutre une merde noire… ça va déchirer… ça va détruire (destroy)… on va mettre le feu aux Etats-Unis ». Au trou ! (Daily Mail).
NDLR. Conclusion: les services de renseignement US lisent tout:  vous êtes surveillés !

La fatigue des pilotes de ligne serait une cause contributive dans 15 à 20% des accidents aériens (SNPL).

Tourisme international: 980 millions en 2 - 011 (+4% / 2 - 010). En 2 - 012 -tous les spécialistes sont d’accord- le milliard sera franchi (OMT).

Divers

« Après une période d’accalmie, après la perte de l’immunité naturelle collective avec le temps, le chikungunya menace de réapparaître à la saison estivale; et la dengue également ». Ce sont les propos du ministre mauricien de la Santé (LeMauritien.com). Déjà un cas autochtone confirmé par PCR le 11 . - 01 : le premier depuis l’épidémie de 2005-6 (InVS). Ne réservez pas trop tôt, avant de voir le résultat des efforts certains des autorités, vos vacances dans cette belle île (Ndlr).

Au cours des dernières décennies, l'incidence de la dengue a énormément progressé dans le monde entier, pour menacer aujourd'hui quelques 2,5 milliards de personnes, soit plus de 40% de la population mondiale. La maladie pourrait toucher chaque année 50 à 100 millions de personnes dans le monde (OMS).

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