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Décembre 1999

L'Inde de tous les dangers

A l'état de base, l'Inde n'est pas un pays de tout repos sur le plan des maladies transmissibles. Alors quand s'en mêlent la guérilla dans le nord-ouest, le terrible ouragan dans le nord-est, la précarité partout, et que s'installe la grande période de sécheresse, il y a de quoi affoler l'OMS, l'UNICEF, la Croix-Rouge, la FAO, mais aussi le touriste et son médecin.

Un mois après le passage du cyclone qui a dévasté l'Etat de l'Orissa, on dénombre au moins 10.000 morts. Les sans-abri, ceux qui ont tout perdu, ceux qui ne pourront même pas se nourrir dans les mois qui viennent, se comptent par centaines de milliers. La Croix-Rouge vient encore de doubler son aide, assistant désormais 100.000 familles, mais ne pourra pas aller au-delà sans ressources financières supplémentaires. Et les épidémies vont bientôt survenir, en particulier celles à transmission oro-fécale.

Source : Croix Rouge Internationale

Dans le même temps, une meurtrière épidémie d'encéphalite japonaise fait des ravages dans le sud du pays et remonte progressivement vers le nord : plusieurs centaines de morts sont déjà à déplorer. L'abattage des porcs, la vaccination de masse, la lutte contre les arthropodes ne semblent pas avoir un grand effet.

Source : CNN.com

Le tout dans le pays détenteur du record mondial de la rage humaine (voir ci-après).

Situation mondiale de la rage

On estime qu'il y a entre 35.000 et 50.000 décès humains par an dus à la rage dans le monde.

- Afrique : les chiens constituent la principale source d'exposition: 40% de manière certaine, 35% de manière présumée.

- Amérique : légère régression du nombre de cas; les Etats-Unis ont signalé 4 cas autochtones dus à l'exposition à des chauves-souris.

- Asie : c'est le continent qui rapporte le plus grand nombre de cas (33.000) ; et c'est l'Inde qui arrive en tête, non seulement du continent mais aussi du monde entier, avec 30.000 cas estimés.

- Europe : 13 décès notifiés, la plupart (10) par la Fédération de Russie.

Source : OMS (Enquête mondiale sur la rage, 1997)

Encore un voyageur victime de la fièvre jaune

Après ce scientifique allemand décédé le 6 août après un séjour en Côte d'Ivoire (Visa n°22), c'est au tour d'un Californien de 48 ans de mourir de fièvre jaune après un séjour dans l'Etat de Bolivar au Venezuela. Hospitalisé le 27 septembre avec un tableau d'hépatite fulminante avec syndrome rénal, il décéda le 4 octobre malgré les soins les plus attentifs des confrères californiens. Bien évidemment, il n'était pas vacciné contre la fièvre jaune.

Source : OMS

NDLR. Dommage que le médecin de ce patient n'ait pas été abonné à VISA car nous l'avions annoncé (VISA n°21) : il y a depuis quelques mois une forte poussée de fièvre jaune en Amérique du Sud, avec réapparition d'une transmission urbaine. Honte aux autorités vénézuéliennes censées appliquer le Règlement sanitaire international et exiger de ce fait un certificat international de vaccination antiamarile de toute personne entrant dans le pays !

Explosion des maladies transmissibles en Europe de l'Est

Les pays de l'ex bloc communiste de l'Europe de l'Est pourraient devenir aussi dangereux pour le voyageur que les pays tropicaux, tant y est explosive la situation épidémiologique des maladies infectieuses. Toutes les "maladies de la pauvreté" sont réapparues.

- Diphtérie : 1900 cas en 1990, 43.000 en 1998.

- Poliomyélite : réapparition dans les républiques d'Asie centrale et en Ukraine.

- Tuberculose : explosion, en particulier dans la zone ouest de la Fédération de Russie, avec forte proportion de cas infantiles (10%), ce qui est considéré comme extrêmement inquiétant par les épidémiologistes.

- MST, et syphilis en particulier, dont l'incidence est devenue 100 fois supérieure à celle de l'Union Européenne.

- VIH/SIDA : le nombre de cas est passé de 30.000 en 1994 à 270.000 en 1998, et a doublé en moins d'un an en Russie.

Sources : OMS, ONUSIDA, CNN.com

NDLR. Et encore, ces sources ne prennent pas en compte les explosions épidémiques de charbon humain, d'hépatite A, de fièvre typhoïde multirésistante et autres salmonelloses, de syndromes dysentériques non étiquetés, de fièvres hémorragiques virales'

Bien que ceci soit probablement "politiquement incorrect", nous recommandons aux voyageurs de longue durée et aux expatriés en Europe de l'Est de consulter avant leur voyage leur médecin et/ou un centre de vaccinations internationales et de conseils aux voyageurs.