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Décembre 1998

Conséquences épidémiologiques de l'ouragan Mitch

D'après les experts PAHO/OMS, les pays d'Amérique Centrale victimes de l'ouragan sont menacés par des recrudescences de paludisme, dengue, choléra, leptospirose, bilharziose, fièvre jaune, fièvres hémorragiques. Voici l'état épidémiologique à ce jour.

- Salvador : choléra (6 cas, un décès).

- Guatemala : choléra (au moins 500 cas ; létalité : 15%) ; leptospirose, y compris dans la capitale ; aggravation nette de la dengue, du paludisme à un moindre degré.

- Nicaragua : choléra (au moins 500 cas ; létalité non connue) ; leptospirose (plus de 300 cas, au moins une dizaine de décès, officiellement).

- Honduras : choléra, leptospirose (4 cas, 3 décès), dengue (1.080 cas, 4 décès), et près de 2.000 cas de paludisme (une dizaine de décès).

- Belize : choléra (une dizaine de cas).

Sources : PAHO/WHO, CDC, ProMED, GPHIN

Explosion des maladies infectieuses importées par les voyageurs aux Pays-Bas

Les shigelloses importées par les voyageurs internationaux ont atteint, d'après les autorités néerlandaises, un niveau " explosif " et historique. Même remarque, à un niveau moindre, pour les salmonelles.L'hépatite A, dans cette période automnale, a fait un bond de deux fois par rapport à l'année 97 ; l'hépatite A, à déclaration obligatoire en Hollande, connaît non seulement une recrudescence des cas importés au retour des vacances (Maroc et Turquie principalement), mais également une exacerbation des cas autochtones secondaires.

Sources : Centrum voor Infectieziekten Epidemiologie, Eurosurveillance

NDLR. Le phénomène épidémiologique est désormais bien connu en Europe et ne fera que s'aggraver tant qu'une politique vaccinale systématique des voyageurs internationaux ne sera pas mise en place. La deuxième génération d'immigrés n'est guère plus immunisée naturellement contre l'hépatite A que les Européens autochtones : c'est-à-dire de moins en moins chaque année. Or les uns et les autres voyagent de plus en plus fréquemment, dans leur pays d'origine ou vers des contrées de plus en plus exotiques. Ramenant de leur voyage le virus de l'hépatite A, celui-ci trouve un terrain de plus en plus réceptif parmi la population autochtone.S'il n'est pas actuellement pertinent de vacciner la population générale contre l'hépatite A, il convient en revanche d'éviter l'importation du virus en vaccinant systématiquement les voyageurs.A défaut, nous serons menacés d'épidémies d'autant plus graves que notre immunité collective ne cesse de diminuer.

Alerte aux poissons mortels en Afrique de l'Est

On connaissait les filets dérivants, la pêche à la dynamite ou à la grenade : les Africains viennent d'innover et de franchir un grand pas avec l'empoisonnement massif des lacs et rivières ! Le principe est simple : on déverse des produits chimiques (non encore identifiés : organo-phosphorés, organo-chlorés, pesticides divers et diversement associés ') dans les eaux : les poissons meurent et remontent à la surface ; on les ramasse et on les vend sur les marchés régionaux, nationaux, et jusque dans les capitales. Résultat : plusieurs centaines (milliers') de consommateurs sont décédés au Kenya, au Mozambique et en Ouganda.

Source : ProMED

NDLR. Compte tenu du fait que les poissons alimentent le marché national, qu'ils circulent également après avoir été séchés ou fumés dans l'ensemble de la région, et compte tenu de l'ampleur du phénomène, nous recommandons aux voyageurs de s'abstenir de toute consommation de poisson d'eau douce dans l'ensemble de d'Afrique de l'Est, même dans les restaurants apparemment les plus modernes et sécurisés.

Contrefaçons médicamenteuses : voyageurs : attention !

Les contrefaçons pharmaceutiques représentent plus de 7% du marché pharmaceutique mondial, soit un chiffre d'affaires de 2 points plus élevé que celui des plus importantes firmes de l'industrie pharmaceutique mondiale. La morbidité et la mortalité liées à ces copies, bien que non chiffrées, sont considérées comme très importantes (absence ou insuffisance du produit actif, excipients toxiques, produits de dégradation, substances anaphylactogènes').

Sources : OMS, Die Welt

NDLR. Tous les traités de médecine des voyages incitent les voyageurs à emporter leurs médicaments habituels ainsi que les produits éventuellement utiles sur place, achetés dans leur pays d'origine et en quantité plus que suffisante ("prévoir deux fois plus"). Ceci en raison des difficultés ou de l'impossibilité de les trouver sur place, et aussi en raison des contrefaçons dont la présence excède de loin la moyenne de 7% dans les pays tropicaux. On notera que, grâce à une réglementation extrêmement sévère, il n'y a pas de contrefaçons pharmaceutiques en France.