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Décembre 1997

Chine : augmentation de la prévalence des maladies infectieuses

Les maladies infectieuses ont progressé de 7,7%, et la mortalité qui leur est liée de 14,9%, au cours de l'année 1996. Cette recrudescence porte en particulier sur la fièvre typhoïde, les dysenteries, les hépatites, les bilharzioses. Il est signalé en toutes lettres dans le China Daily -qui n'est guère un journal d'opposition- que " des épidémies de maladies liées à l'eau et à l'alimentation peuvent éclater à tout moment ".

Source : China Daily

Mexique : flambée des maladies infectieuses

La typhoïde atteint des chiffres deux fois plus importants que l'année dernière à la même époque ; de même les autres salmonelloses et les shigelloses ; on passe de deux à quatre fois pour l'Etat de Chihuahua. Quadruplement national, également, du nombre des cas d'hépatites (A, B, C, E confondues). Augmentation de 54% des cas de tuberculose.

Source : Mexican Secretary of Health

NDLR. L'urbanisation et l'industrialisation impressionnantes du Mexique, l'aménagement de sites touristiques de grand luxe détournent trop souvent l'attention des touristes des problèmes sanitaires bien réels de ce pays. Lors de la 4ème International Conference on Travel Medicine qui s'était tenue en 1995 à Acapulco, des auteurs (IDEEP) avaient quantifié cet a priori de sécurité injustifié : sur 11.672 voyageurs tropicaux et subtropicaux, ce sont ceux qui se rendaient au Mexique, parmi 12 autres destinations, qui avaient la couverture vaccinale spontanée la plus insuffisante.

Lutte antipaludique dans le monde : le point mort

Avec 1,5 et 2,7 millions de morts, et 300 à 500 millions de malades par an dans le monde, le paludisme connaît une progression qui semble proportionnelle au nombre de réunions internationales tenues à son sujet. Lors de la dernière (11-12 nov., Genève), il a été déclaré (sic) que " les experts présents sont convenus de prendre des mesures pour faire le point des mécanismes de coordination en place au niveau mondial afin de définir des possibilités d'amélioration qui seront soumises à l'examen des parties intéressées en 1998 "'

Source : OMS

NDLR. L'OMS a néanmoins le mérite d'édicter et d'éditer des mesures de prévention parfaitement pertinentes pour nos voyageurs, règles à appliquer strictement compte tenu des progrès de la lutte antipaludique : porter dès la tombée du jour des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle, enduire les parties découvertes de répulsifs anti-moustiques efficaces, dormir sous moustiquaire imprégnée d'insecticides, suivre la chimioprophylaxie prescrite par le médecin. Appliquons donc strictement ces règles pour nos voyageurs, car ce n'est vraisemblablement pas demain que la pandémie palustre régressera.

Hépatite A aux Etats-Unis : bilan

L'hépatite A représente 40% des hépatites recensées sur le territoire américain, et constitue de ce fait la cinquième maladie infectieuse sous surveillance épidémiologique. Près de 40% des Américains sont séropositifs pour les anticorps totaux anti-VHA. La dernière grande épidémie date de cette année, liée à la consommation de fraises importées du Mexique (cf VISA n°3). 28.507 cas rapportés officiellement en 1996, 13.347 à mi-97. La mortalité officielle, sur 10 ans (1982-91) est de 769 décès.

Source : ProMED

Sida : en voie de devenir une " maladie tropicale "

Alors que la transmission, la morbidité et la mortalité du sida diminuent progressivement dans les pays industrialisés, la Banque mondiale révèle que 90% des personnes infectées par le sida vivent dans les pays en développement, où 8.500 personnes sont nouvellement infectées chaque jour. L'Afrique noire détient un malheureux record avec 14 millions des cas cumulés de l'ensemble du monde (23 millions). En tête des statistiques pour ce continent, le Kenya, les pays des grands lacs, le Bénin, la RCA et la Côte d'Ivoire. Dans d'autres continents, hélas, le péril est à venir : en Chine et en Inde, 5% seulement de la population sont touchés, mais l'explosion paraît inévitable ; le Bangladesh, l'Indonésie, les Philippines, la plupart des pays de l'ex-URSS ne sont qu'aux premiers stades de l'épidémie, et bien peu y est fait pour contrer le passage aux stades ultérieurs.

Source : The World Bank

NDLR. Ces prévisions pessimistes sont confirmées par les communications du 4ème congrès Asie-Pacifique sur le Sida (28.10) qui estiment que le sida dans cette zone est une véritable " bombe à retardement " à très courte mèche.