Mer, sport et traumatismes
Auteurs : Paul MURACCIOLE - Franck LAUNAY - Jean Luc JOUVE - Gérard BOLLINI
Cet article est reproduit avec l’aimable autorisation du Dr. J.C. Deslandes et de la revue www.urgence-pratique.com
Certaines activités de loisir en mer exposent à un traumatisme spécifique. Nous vous proposons de prendre, pour 4 des activités les plus pratiquées, une pathologie associée et d’en préciser leurs risques lésionnels et leur prise en charge en urgence.
Jet-Ski et trauma du poignet
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En urgence, il s’agit d’un poignet aigu douloureux dont la clinique et le bilan radiologique conventionnel sont en général assez évocateurs si on y prête attention. Un patient présentant à l’examen des douleurs à la base du pouce avec un oedème de la tabatière anatomique, des douleurs à la pression et à la traction dans l’axe du pouce et au fond de la tabatière, est fortement suspect d’une fracture du scaphoïde (8) jusqu’à preuve du contraire. Si la tabatière est indolore, l’interligne scapho-lunaire doit être palpé à la recherche d’une douleur exquise. La jonction scapho-lunaire se situe à 1 cm en dessous du tubercule de LISTER que l’on repère facilement sur la face dorsale . Une immobilisation du poignet et de la colonne du pouce par une attelle spéciale ou par un plâtre permet en urgence de mettre le poignet en bonne condition. Un bilan radio s’impose. Il comprend : un poignet de face en inclinaison cubitale doigts fléchis poignet à 20° d’extension (Figure 1) et un poignet de profil strict. |
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Il faut savoir refaire ces clichés 10 jours après si un doute persiste. Les clichés en inclinaison cubitale (Figure 2) permettent de dévoiler un trait de fracture invisible sur une face standard. |
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Ski nautique et entorse du genou
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Lors des figures et à la réception des sauts, le genou est exposé aux entorses graves. L’hyperflexion du genou provoque une avancée du tibia avec risque de rupture isolée du ligament croisé antérieur (LCA) (2). Il convient en urgence de mettre en place une attelle en extension ou en légère flexion. |
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L’examen clinique, difficile en urgence permet d’étudier les différents ligaments et l’appareil extenseur. Il assure deux points importants : l’absence de luxation du genou car il n’y a pas de laxité latérale majeure, le genou ne « s’ouvre pas comme un livre » ; la gravité de l’entorse par l’existence d’un choc rotulien (Figure 5) témoin de l’hémarthrose. |
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Plongeon et rachis cervical
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Les traumatismes du rachis cervical sont à redouter surtout lorsqu’ils surviennent en eau peu profonde. |
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Ce premier bilan radiologique est capital car il permettra de dépister les signes d’une entorse grave (Figure 8) (5). |
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Natation et épaule douloureuse instable
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La natation, que ce soit par les jeux de ballon ou par la nage type « crawl », peut mettre en danger un sujet jeune à l’épaule fragile et douloureuse. |
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Nous conseillons la technique dite de « la chaise » (Figure 12) : on installe le sujet avec le dosseret dans le creux axillaire pour servir de contre-appui. Il ne faut pas hésiter à rajouter des coussins ou des couvertures si celui-ci est trop bas afin que l’épaule repose bien sur le dosseret, ce qui apporte déjà une certain soulagement. Il faut que le patient soit mis en confiance. Il faut donc lui faire raconter son passé médical, ses vacances, etc... tout en lui demandant de bien respirer profondément afin de détourner son attention et permettre ainsi son relâchement. On amène alors doucement le bras en rotation externe « sans aucune traction » (pour éviter toute douleur et toute contraction réflexe du deltoïde) et d’un seul coup la tête humérale revient à sa place. Le patient ressent aussitôt la remise en place de l’articulation avec sédation immédiate des douleurs. L’immobilisation simple en écharpe suffit. Parfois une anesthésie générale sera nécessaire afin d’éviter les douleurs et les lésions iatrogéniques par réduction forcée. |
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Conclusion
La prise en charge initiale d’un accident lors des sports nautiques est capitale pour l’avenir sportif et fonctionnel de l’articulation touchée. Quelque soit le lieux ou les circonstances de survenue le bilan radio-clinique et le traitement en urgence doivent permettre un diagnostic précis et un programme thérapeutique adapté. On évitera ainsi les complications, parfois gravissimes, dont le traitement est toujours difficile avec des résultats fonctionnels plus aléatoires.
Docteurs Paul MURACCIOLE, Franck LAUNAY
Professeurs Jean Luc JOUVE et Gérard BOLLINI
Hôpital TIMONE Enfants, 264 rue Saint-Pierre 13385 MARSEILLE CEDEX 05
BIBLIOGRAPHIE
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- Rongieras T., Ait Si Selmi T., Neyret P. Histoire naturelle des ruptures du LCA. Le ligament croisé antérieur. Index Traumatologie du Sport, Volume 5, Supplément n°1, 1998, pp67-74.
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Résumé
Les sports nautiques comportent certains risques spécifiques.
Après un saut en ski nautique une douleur aigue et un épanchement du genou signent d’emblée l’entorse grave. L’urgence est la pose d’une attelle associée au repos pour un bilan lésionnel clinique différé sur un genou sec et indolore.
Les plongeons en eau peu profonde exposent le rachis cervical. Toute traumatisme du rachis impose l’immobilisation stricte, un bilan neurologique initial des membres et un bilan radiologique à la recherche des signes d’une entorse grave.
Se re-luxer l’épaule en nageant est classique. La réduction en urgence s’impose sans douleurs. La récidive impose un bilan et un traitement chirurgical adapté aux lésions.

















