Mars 2016 Actualités sanitaires

Editorial

 J’étais jeune interne des Hôpitaux de Paris. Les collègues plus âgés m’avaient tout de suite dit « fais gaffe quand tu examines un patient, et encore plus quand tu fais des gaz du sang, une ponction lombaire… et aussi quand tu baises ! » … Ils parlaient de l’hépatite B. En salle de garde, que ce soit à la Pitié, à Broussais ou à St-Antoine, on entendait « t’es au courant ? Jean B…, le chef de service à Bichat, il est mort, dans son propre service d’hépatologie : cancer du foie ! Ah oui, et aux Hospices civils de Lyon, c’est Jacques C.., l’interniste, qui vient de décéder »…

Quand le vaccin hépatite B est sorti, en 1976, j’ai pris ma Peugeot 104 pour aller à Tours forcer la porte du Professeur Maupas, l’inventeur du dit vaccin, et le supplier de me donner quelques doses pour moi, pour des copains et copines médecins ou infirmières. Je suis revenu accueilli comme un héros !

Si je me permets d’évoquer ces souvenirs, c’est parce que, aujourd’hui, l’hépatite B chronique atteint 240 millions de personnes dans le monde, et en tue chaque année 800.000 (OMS, 2015) ; et que, en France elle touche environ 280.000 personnes adultes (INPES). Et que ce vaccin fait dans notre pays l’objet d’un boycott par certains illuminés ou sectaires.

Il faudrait que le grand public sache que quasiment aucun personnel de santé, en France et dans le monde, ne refuse la vaccination HB. Mais dans le grand public, il y a toujours la peur, la terreur de la sclérose en plaques (spécificité française car dès qu’on franchit les frontières de l’Hexagone, le risque n’existe plus !).

Il faudrait que le grand public sache que, s’ils n’entendent plus parler du tétanos, de la diphtérie, de la poliomyélite –mots qui ne leur disent plus rien- c’est grâce à la vaccination. Que, émus par les morts par Ebola, s’ils veulent cesser de l’être, ce sera par la vaccination qui éliminera cette épouvantable maladie. Que tout le monde réclame un vaccin contre le Zika. Et contre le cancer bien sûr… Vous voyez que vous en voulez des vaccins ! Ça viendra ! Mais contre la bêtise et l’obscurantisme, ce n’est pas pour demain.

Dr Alain Fisch.

Directeur de la rédaction



EN DIRECT SANTE MONDE

 

A propos de la lutte contre les anti-vaccinaux : «il faut changer nos stratégies» !

 C’est ce que propose l’historien américain Mark Largent lors de sa récente conférence à AAAS , Washington DC, Feb 11-15, 2016

« Il faut arrêter de présenter aux parents une photo d’un enfant atteint de la rougeole, ça envoie un message contradictoire et ça crée du stress chez ces parents. Il ne sert à rien non plus de tenter une approche collaborative en leur demandant ce qu’ils souhaiteraient, et surtout il faut arrêter de coupler les efforts de vaccination avec les campagnes de vaccination (…)
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Dans le même registre, et à propos du Zika,
la très pertinente chronique du Pr Guy Vallancien: « Zika ou le double langage sur la vaccination »

ZIKA. OMS –Situations d’urgence: «Il faut dissiper les rumeurs

 


 

Méningite et méningococcies Afrique : ça bouge !

 

On va bientôt éliminer la méningococcie A grâce à des campagnes de vaccination intensives et soutenues en Afrique soudano-sahélienne, en grande partie grâce au financement de Global Developemnent (B. et M. Gates Foundation): deux documents à lire : 1 - 2

Mais on constate récemment des faits inquiétants :
- Une tendance à l’extension de la période de transmission au-delà de mars à mai (« quand souffle l’harmattan »). Début janvier est apparue une grave épidémie au Togo

NDLR. L’épidémie était attendue compte tenu de la périodicité tri-annuelle; mais début janvier, c’est du jamais vu.
- Une tendance au remplacement de Neisseiria meningitidis A par W135 qui est reconnu comme plus virulent ; l’épidémie actuellement en cours au Togo en serait-elle un des premiers exemples ?

Le Dr. Léon Lapeyssonie (1915-2001) et la ceinture africaine qui porte son nom.

 


 

Travel Risk Map 2016 : santé et sécurité pays par pays

International SOS a aussi mené une étude (01.10.2014 – 30.09.2015) sur 5,3 millions de voyageurs internationaux. Pendant l’année étudiée, près d’une personne sur trois a voyagé dans un pays dont le niveau de risque est plus élevé que celui de son pays d’origine.

D’après une étude Ipsos Global Advisor (2015) :

- 8 voyageurs sur dix se sont déjà sentis menacés pour leur sécurité lors de leurs déplacements internationaux
- 71 des cadres supérieurs ont fait face à des problèmes de santé lors de leurs déplacements internationaux.


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