Zika

Carte du monde montrant la répartition du virus Zika

Violet : Pays où le virus a été isolé chez l'Homme. 
Hachuré : Pays où des anticorps anti-virus ont été mis en évidence chez l'Homme.

Dans les TOM DOM Pacifique, « zika » désigne une maladie : une arbovirose liée au virus Zika.

Le virus

- Famille des Flaviridae, genre Flavivirus, à ARN simple brin, (qui comprend également les virus de la dengue, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise, de la virose du Nil Occidental et de l’encéphalite de Saint Louis).
- Il fut identifié pour la première fois en 1947 en Ouganda, chez un singe de la forêt Zika ; il fut déterminé que le singe avait été infecté après piqûre d’un moustique Aedes. Le virus fut en 2007 responsable d’une vaste épidémie en Micronésie (Iles Yap), et devint alors considéré comme un virus émergent.
- Il semble prouvé que le virus puisse être également transmis par voie sexuelle –ce qui en fait un cas unique chez les Flavivirus.
- Sa répartition géographique ne se limite pas à la région Asie-Pacifique, où le virus est sans doute mieux surveillé qu’en Afrique tropicale.

Clinique

Les études sérologiques ont montré que l’infection n’était symptomatique que dans moins d’un cas sur cinq.
Lorsque l’infection est cliniquement parlante, son expression est bien difficilement dissociable de celle des autres arboviroses -qui sont de plus parfois associées.
Après une incubation de durée non connue, apparaissent typiquement :
- fièvre (non constante, exceptionnellement très élevée), avec céphalées, conjonctivite
- éruption maculo-papuleuse (visage puis reste du corps), souvent prurigineuse
- arthralgies, myalgies
- symptômes digestifs divers, sans gravité
Toutes manifestations disparaissant en une semaine au maximum.

On sait depuis très peu de temps les éléments suivants:

Dans un certain nombre de cas, le virus attaque le système nerveux dans son ensemble, central et périphérique

- Central : il est présent et actif dans les cellules souches qui génèrent les neurones du cerveau et qui s’en retrouvent détruites

- Périphérique : il détruit les couches de myéline qui entourent les nerfs, aboutissant à des polyradiculonévrites secondaires, appelées (improprement) syndrome de Guillain Barré par les Américains

Diagnostic biologique

Il est bien incertain en pratique pour un patient isolé. En revanche il sera utile en cas de suspicion d’épidémie ou de coexistence possible avec d’autres arbovirose de façon à tenter de faire la part des choses.
- Leuconeutropénie bien peu contributive si ce n’est au diagnostic de virose
- Immuno-enzymologie ELISA : IgM détectables dès le troisième jour, mais possibilité de réactions croisées
- PCR et/ou isolement du virus sur cultures cellulaires sont les seules possibilités d’affirmer le diagnostic : méthodes bien lourdes dans des régions souvent bien peu médicalisées.

Traitement

Pas de traitement anti-viral spécifique.
Paracétamol pour lutter contre la fièvre, les douleurs éventuelles. Aspirine, ibuprofène interdits, tout comme dans la dengue.

Prévention

Individuelle et collective : identique à celles des autres arboviroses (dengue, chikungunya…) qui d’ailleurs sévissent dans les mêmes zones.

Prévisions actuelles

Un vaccin est en cours d’étude accélérée (Sanofi Pasteur).

En attendant, les populations des zones concernées doivent mettre en œuvre des mesures de lutte amplifiées contre les moustiques transmetteurs. En particulier l’élimination de tous les points d’eau stagnante gites de reproduction larvaire. On ne sait pas encore lutter contre le virus lui-même, mais on sait parfaitement ce qu’il faut faire pour diminuer le nombre de moustiques qui le transmettent.

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