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Filariose lymphatique (ou elephantasis)

Filariose lymphatique (ou elephantasis) Imprimer cette page

Ou filariose de Bancroft. Appellation commune dans sa forme évoluée : éléphantiasis. La filariose lymphatique (FL) n'est pas (ou exceptionnellement) une maladie du voyageur de courte durée en zone infestée ; elle est en revanche beaucoup plus fréquente qu'on ne l'imagine chez certains expatriés et surtout chez les migrants.

Ampleur du problème

Un milliard de personnes seraient à risque dans 73 pays ; 120 millions sont cliniquement atteints, et 43 millions de manière sévère. Le tiers de ceux-ci ont contracté la FL en Inde, un autre tiers en Afrique noire, le dernier en Asie du sud-est, dans la zone pacifique et en Amérique latine. Aujourd'hui absente de tous les TOM-DOM sauf Polynésie (mais en diminution régulière).
Dans les zones endémiques, 10 à 50% des hommes et 10% des femmes sont atteints.
Les dommages physiques, psychiques et sociaux sont immenses.

Le parasite et son cycle

Wuchereria bancrofti (et accessoirement Brugia malayi en Asie) vivent à l'état adulte (macrofilaires, 4 à 10cm de long) pelotonnés dans le système lymphatique de l'homme. Les femelles pondent des microfilaires (mf) qui circulent dans la lymphe et périodiquement dans le sang. En piquant des sujets infestés, des moustiques (Culex, Aedes, Anopheles, Mansonia) captent des microfilaires sanguines. Lesquelles sont injectées à un sujet sain, et deviennent adultes dans le système lymphatique.

Expression clinique

Souvent acquise dans l'enfance, la maladie met un temps très variable à se manifester. Parfois, elle ne se déclarera jamais cliniquement.

  • Manifestations aiguës. Quelques mois après le séjour en zone d'endémie, souvent dans un contexte de fièvre élevée et de signes généraux, peut apparaître une lymphangite du scrotum, avec éventuellement funiculite, orchite, hydrocèle, d'un ou plusieurs membres, typiquement centrifuge, contrairement aux lymphangites bactériennes ; profonde, thoracique ou abdominale, de diagnostic difficile mais rare. Parfois, simple adénopathie.
  • Manifestations chroniques : conséquences de l'accumulation des accidents aigus. Hydrocèle, orchiépididymite, lymphoedème de membre(s) le plus souvent inférieur(s), chylurie.
  • Au stade avancé, tableau d'éléphantiasis (monstrueux lymphoedème scrotal et de membres). Ces manifestations lymphoedémateuses font souvent l'objet de surinfections bactériennes et/ou mycosiques qui aggravent considérablement les dommages locaux, en particulier aux membres inférieurs.

Diagnostic biologique

L'hyperéosinophilie, fréquente, est néanmoins banale chez ces sujets souvent polyparasités.
La sérologie, peu sensible et peu spécifique, doit être complétée par une immunoélectrophorèse.
Recherche d'antigènes circulants non disponible en France.
Mise en évidence directe des microfilaires dans le sang : prélèvement à faire vers 23h-0h : malaisé, mais apporte le diagnostic de certitude.

Traitement curatif

  • Traitement étiologique : il repose sur l’ivermectine (Stromectol®, ou Mectizan® distribué gratuitement par les laboratoires MSD pour les filarioses africaines) : dose unique 300-400mg/kg : surveillance tous les 6-12 mois pour éventuels retraitements : milieu spécialisé.
  • Traitement des complications. Hygiène rigoureuse des zones oedémateuses et des pieds, chaussures adaptées, traitement antiseptique et protecteur immédiat de toute solution de continuité cutanée, antibiotiques et/ou antifongiques en cas de surinfection, mesures mécaniques (élévation nocturne du membre atteint, exercice musculaire, kinésithérapie, pressothérapie...), chirurgie réparatrice, prévention du tétanos.

Prévention collective

Lutte antivectorielle et surtout traitements de masse visant à diminuer la microfilarémie des populations : l'OMS utilise l'albendazole associé à l'ivermectine ou le diéthylcarbamazine, en prise unique, une fois par an.

Prévention individuelle

Souvent possible chez l'expatrié bien informé et sensibilisé.
Se prémunir des piqûres de moustiques, y compris (et surtout) de jour : répulsifs cutanés, vêtements imprégnés de pyréthrinoïdes, imprégnation intra-domiciliaire (rideaux, tissus...), moustiquaires imprégnées, insecticides d'atmosphère (sprays, diffuseurs électriques, serpentins incandescents...), air conditionné… et élimination des gîtes larvaires péri-domiciliaires (vieux pneus, coupelles de pots de fleurs, boites de conserve etc). Consultation spécialisée, précoce, au moindre symptôme inflammatoire lymphatique.

Fiche mise à jour le : 16/02/2009.

Tous droits réservés pour tous pays.


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