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Fièvre typhoïde

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Fièvre typhoïde : prévention, santé, voyages, risques, situation voyageurs, recommandations, risques sanitaires

Salmonellose dite majeure, liée à Salmonella enterica typhi, de transmission féco-orale par les eaux et nourritures contaminées.

Quelques chiffres

  • Incidence mondiale (OMS): 100 à 1.000 cas pour 100.000 habitants et par an ; dans les pays industrialisés, l’incidence est quasi nulle.
  • Létalité :
    • elle est d’environ 10% en l’absence de traitement
    • on admet généralement qu’existe un taux incompressible, malgré un traitement bien conduit, de 0,8 – 1% (c’est donc celui constaté dans les pays développés)
    • dans les pays aux systèmes de santé déficients, la létalité varie de 1 à 10%
  • Incidence chez le voyageur tropical : on admet :
    • tous voyageurs confondus: 3 cas pour 100.000 et par mois de séjour outre-mer.
    • voyageurs en Afrique du nord, Afrique noire, sous-continent indien: 30 cas pour 100.000 et par mois de séjour.

Reconnaître une fièvre typhoïde

Incubation: 1 à 2 semaines

En Europe, dans le pays de résidence
  • Le voyageur consulte de plus en plus précocement, devant une fièvre élevée en plateau, asthéniante, insomniante, souvent isolée chez un patient volontiers céphalalgique. Cette fièvre nue est évocatrice du diagnostic.
  • Penser de principe, devant toute fièvre, au paludisme pendant les 3 mois qui suivent le retour.
  • Aucun signe physique, si ce n’est parfois une dissociation pouls / température, langue saburrale, gargouillement de la fosse iliaque droite, épistaxis, splénomégalie (50%).
  • Hémogramme: pas d’hyperleucocytose, ou leuconeutropénie, thrombopénie fréquente; VS normale.

Cette fièvre quasiment nue est évocatrice du diagnostic.

  • Les hémocultures isolent facilement la salmonelle.
  • Sérologie de Widal et Félix, coproculture: inutiles à ce stade précoce.
Sur le site du voyage
  • Faute de recours médicaux et biologiques, le diagnostic est généralement plus tardif, devant un tableau clinique plus riche: asthénie et anorexie majeures, signes abdominaux, diarrhée, bradycardie, troubles de conscience, taches rosées lenticulaires... avec fièvre en plateau.
  • Penser de principe au paludisme devant toute fièvre.
  • Consultation médicale dès que possible; après le premier septénaire, coproculture et éventuellement sérologie prennent toute leur valeur.
  • Surveillance pouls, TA, ECG, état abdominal, conscience.

Traitement

De toujours nouveaux antibiotiques permettent des traitements de plus en plus courts et de mieux en mieux supportés: mais la résistance mondiale poursuit et devance dans certains pays l’arrivée de ces nouveaux antibiotiques .1950: apparition de la résistance à chloramphénicol, cotrimoxazole, amoxicilline. 1960: apparition de la résistance à ces trois antibiotiques à la fois. 1990: apparition de résistances aux céphalosporines de 3ème génération et à la ciprofloxacine. Ces résistances sont constatées dans toute l’Asie méridionale.
Fort heureusement, en pratique clinique française, les cas importés ne connaissent pas (pas encore?) de résistance majeure à notre arsenal thérapeutique actuel. Le traitement repose le plus souvent aujourd’hui, en première intention, sur une fluoroquinolone (ciprofloxacine, ofloxacine) per os, aux doses habituelles, pendant 7 à 10 jours. Chez l’enfant: ceftriaxone.

Prévention individuelle

Elle repose sur les précautions universelles

  • Se laver les mains –ongles courts- avant tout repas et manipulation d’aliments.
  • Boissons industrielles contrôlées ou ébullition ou désinfection chimique (type Micropur®DCCNa) ou filtration microbienne (type Katadyn®).
  • Fruits et légumes: pelés, lavés, bouillis, ou s’abstenir.
  • Viandes: bien cuites et servies très chaudes seulement.
  • Coquillages interdits.

Prescrire ces mesures est nécessaire mais non suffisant, des études récentes ont montré que moins de 5% des voyageurs respectent l’ensemble de ces mesures sur l’ensemble de leur séjour.

Vaccination

Repose sur le vaccin polyosidique (TyphimVi® ou Typherix®) ; des vaccins oraux existent, mais ne sont pas disponibles dans tous les pays (en France par exemple).

  • A partir de l’âge de 2 ans.
  • Une seule injection: protection obtenue 15 à 21 jours plus tard.
  • Contre-indications: réaction allergique antérieure; de principe: femme enceinte
  • Effets secondaires: mineurs et rares.
  • Taux de protection entre 70 et 90%.
  • Durée de protection: 3 ans.

Prévention collective

Développement des mesures de « sanitation » visant à séparer la chaîne de l’alimentation de la chaîne des excréments humains (tout à l’égout, latrines...)
Dépistage, diagnostic et traitement des porteurs.

Fiche mise à jour le : 16/02/2009.

Tous droits réservés pour tous pays.


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