Risques et situations

Voyages et risques: alcool, drogues, médicaments

Voyages et  risques: alcool, drogues, médicaments

Il y a sans doute près de 2000 Français en prison à l’étranger pour avoir contrevenu à des lois spécifiques concernant les drogues (plus d’un tiers des incarcérés), l’alcool et les médicaments (même délivrés sur ordonnance). Pour détention, consommation et bien évidemment trafic.

Drogues illicites

Bien sûr le trafiquant prend un risque qu’il connaît et mesure (souvent  mal) par rapport à ce qu’il encourt. Le consommateur aussi, à un moindre degré et en se faisant souvent piéger :

- n’imaginant pas que si dans certains pays la drogue est partout, banalisée, facile à acheter, les lois en sont néanmoins drastiques voire cruelles; la Colombie en est l’exemple le plus démonstratif: production et exportation massives, répression des plus sévères (des dizaines de Français y purgent des peines de prison à vie); idem pour le « paradis » du reggae et du shit, la Jamaïque, etc.
- imaginant que son statut d’étranger le protège et que son consulat le sortira d’affaire.
- pire: les autorités locales organisent souvent des achats par un agent d'infiltration pour piéger les étrangers.

Enfin, les trafiquants de drogue utilisent les touristes pour devenir passeurs involontaires, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes âgées. Recommandations impératives:
- faire soi-même ses valises, les garder fermées et ne jamais les quitter des yeux
- refuser tout enregistrement aéroportuaire de bagage inconnu, même s’il reste du poids libre
- ne jamais franchir une frontière avec un cadeau, un colis, une valise appartenant à un tiers
- ne jamais franchir une frontière avec un auto-stoppeur, une personne non parfaitement connue…

Exemples de peines pour infractions graves (trafic en particulier) en matière de drogues :
- Tunisie : 20 ans d’emprisonnement
- Venezuela : 30 ans
- Algérie, Emirats Arabes Unis, Chine, Inde, Indonésie, Iran, Koweït, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Syrie, Thaïlande, Vietnam: peine de mort.

Alors que la guerre contre la drogue fête son centenaire, le monde se sépare en deux camps: celui des acharnés, qui s’attaque essentiellement à la production et à l’offre, creusant encore plus le gouffre entre Nord et Sud; et celui des modérés, qui vise à mettre le traitement et la prévention au centre de leurs actions: l’usage des stupéfiants ne cesse de grimper partout. Le hiatus est flagrant pour les drogues «douces»: passant peu à peu dans les mœurs occidentales, la répression ailleurs demeure très forte -voire se durcit. Ce gap culturel doit être connu des utilisateurs et de leurs médecins, particulièrement des médecins consultés en vue d’un voyage.

Alcool, boissons alcoolisées

L’importation, la possession et la consommation d’alcool sont strictement interdites dans certains pays: les champions de la répression sont actuellement l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Certains voyageurs imaginent que des boissons alcoolisées achetées sous douane au départ bénéficient d’une immunité: totalement faux. De même le voyageur doit savoir que les douaniers de certains pays iront jusqu’à renifler son haleine au débarquement d’un aéronef international et qu’il sera incarcéré dès son arrivée en cas de reniflage positif.

Parfois la teneur en alcool est plus forte que celle des mêmes boissons consommées en Europe.
En conduite automobile, certains pays appliquent une tolérance zéro: incarcération possible pour la présence de traces d’alcool dans le sang.

Se renseigner avant le départ auprès de l’ambassade, du consulat ou du MAE.

Médicaments d’ordonnance

Si la marijuana est considérée comme un médicament de prescription médicale dans certains pays (Etats d’Amérique du Nord), sa possession est répréhensible presque partout, même sur présentation d’une ordonnance irréfutable dûment libellée d’un médecin, d’une structure hospitalière fût-elle prestigieuse et mondialement connue.

Quant à certains médicaments en vente libre dans certains pays occidentaux, leur introduction dans certains pays peut aussi faire l’objet de poursuites, ne serait-ce que parce qu’ils n’y sont vendus que sur ordonnance.
Les lois concernant les médicaments de prescription médicale «classiques» varient fortement d’un pays à l’autre. Les médicaments pris légitimement en raison de l’état de santé du patient voyageur peuvent être soumis à un examen minutieux par les autorités du pays visité.

Prévention

- N’apporter les médicaments que dans leur contenant original étiqueté ; ne pas tenter de gagner de l’espace en combinant tous les médicaments en vrac dans un seul contenant.
- Emporter une quantité plus que double que nécessaire (la moitié en soute, l’autre en bagage à main) et au cas où le séjour se prolongerait. Ceci après s’être renseigné sur ce qu’il est possible d’emporter en cabine (les médicaments liquides en particulier).
- Emporter une copie de l’ordonnance originale, au mieux en anglais, mentionnant les noms génériques et commerciaux; un certificat médical expliquant la raison de la prescription est recommandé.
- N’acheter aucun médicament localement (contrefaçons, qualité incertaine).
- Se renseigner avant le départ auprès de l’ambassade, du consulat ou du MAE.
- Choisir scrupuleusement son (sa, ses) compagnon(s) de voyage, et ne pas le(s) laissez s’approcher de ses bagages.
- Ne jamais laisser la moindre trace de médicament ou drogue dans sa chambre d’hôtel.
- Ne jamais accepter de transporter un colis d’autrui.

En cas d’arrestation

- Informer immédiatement les autorités de police que vous souhaitez aviser votre consulat. Les autorités locales ne sont tenues d’informer les bureaux consulaires ou diplomatiques (Convention de Vienne) que si l’inculpé le leur demande explicitement.
- Le consulat n’a aucun pouvoir pour faire annuler les décisions des autorités locales, pour obtenir une libération, payer une caution. Il peut néanmoins faire remonter le dossier au MAE et obtenir certaines aides au détenu.

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