Risques et situations

Vaccinations de l'enfant voyageur

Un enfant ne devrait pas voyager en zone tropicale, où la mortalité infantile infectieuse est considérable, sans que soient mises de son côté toutes les chances de préventions vaccinales disponibles. Ci-après, quelques informations utiles pour les familles (statistiques : OMS).

Vaccinations obligatoires / recommandées en France

Leur importance est démultipliée en zone tropicale : le calendrier vaccinal doit être scrupuleusement appliqué.

  • Tétanos. En cas de plaie, le système de santé local offrirait une prévention secondaire risquée (sérums et/ou vaccins de fabrication locale, conservés et injectés de façon aléatoire).
  • Poliomyélite. Risque majeur dans les pays où elle sévit encore ; lorsqu'elle ne sévit plus, c'est justement grâce à la vaccination systématique des enfants locaux ; l'éradication est encore lointaine : la polio connaît actuellement des soubresauts (Afrique tropicale et sous-continent indien en particulier).
  • Diphtérie. Présente dans tous les PVD -et pas seulement dans les pays de l'ex-URSS ; atteint avant tout les enfants.
  • Coqueluche. Grand tueur d'enfants : 300.000 décès par an, dont 90% dans les PVD. La coqueluche du nourrisson est grave : létalité 2-3%. Le bacille circule intensément dans tous les pays n'ayant pas une couverture vaccinale correcte.
  • Méningite à Haemophilus b. La vaccination a fait quasiment disparaître de France cette méningite qui est extrêmement répandue et gravissime dans tous les PVD. Première cause de méningite non épidémique : au moins 3 millions de cas annuels dans le monde, avec plusieurs centaines de milliers de décès. Létalité de 3%, 12% de séquelles neurologiques définitives quelle que soit la qualité et la rapidité du traitement.
  • BCG. La tuberculose, permanente menace de l'humanité, est contenue dans les pays développés grâce au vaccin et surtout au dépistage et au traitement précoces. Dans les PVD, le bacille circule intensément, et de plus en plus (résistance, VIH) : il tue chaque année 2 millions de sujets ; dans la période 2000-2020, un milliard de sujets seront nouvellement infectés et 35 millions en décèderont. La vaccination permet de se mettre à l'abri des formes les plus foudroyantes.
  • Rougeole. Considérée par les familles françaises comme rare et bénigne, la rougeole est une des toute premières causes de mortalité infantile dans les PVD qui n'ont pas pu généraliser sa vaccination : au moins 700.000 décès annuels dans les pays en développement ; létalité 1 p. 1000, encéphalomyélite 1 p.1000. Le virus morbilleux circule intensément dans tous ces pays et fait courir un risque grave à tout enfant non vacciné.
  • Oreillons. Le public ignore aujourd'hui cette maladie dont la létalité est pourtant de : 0,02-0,04%. L'orchite est certes rare (2 p. 1000), rarement suivie d'atrophie testiculaire (5 p. 1000 orchites), mais particulièrement dramatique. Le virus ourlien circule intensément dans tous les PVD.
  • Rubéole. La vaccination a pour but principal de mettre les futures parturientes à l'abri de la rubéole congénitale (0,2 p. 1000 naissances vivantes, 4 p. 1000 lors d'épidémies). Ceci ne doit pasmasquer la létalité de 0,05% et les séquelles neurologiques (4 p. 10.000) qui se constatent chez les sujets non vaccinés dans les PVD.
  • Hépatite B. Vaccination désormais "universelle" pour tous les nourrissons de la planète. Une fois la primovaccination effectuée à cet âge, le sujet sera définitivement immunisé. L'hépatite B est la 9ème cause de mortalité dans le monde, responsable de 80% des cancers du foie.

Vaccinations spécifiques pour le voyage

  • Typhoïde. Au moins 16 millions de cas annuels officiels dans le monde et 600.000 décès (sous-estimés). Le bacille circule intensément dans tous les pays à basse hygiène. Le vaccin prend son plein effet à partir de l'âge de 18 mois ; on considère qu'il n'est pas logique de vacciner avant 2 ans (voire 5) ; en fait il est logique de vacciner à l'âge à partir duquel l'enfant peut échapper au total contrôle parental de son alimentation.
  • Hépatite A. A l'âge de 10 ans, 90% des enfants des pays en développement ont contracté le virus. Compte tenu de la bénignité/inapparence de l'infection chez les plus jeunes, il n'existe pas de consensus sur la vaccination de l'enfant voyageur. Les vaccins actuels permettent de vacciner en toute sécurité, et avec une efficacité quasi absolue, à partir de 1-2 ans.
  • Méningocoque A+C. Maladie endémo-épidémique cosmopolite, particulièrement fréquente dans les PVD, à lourde mortalité et fort taux de séquelles neurologiques. Aucun enfant ne devrait se rendre non vacciné en zone tropicale ou subtropicale, et encore moins s'il s'agit d'une expatriation. Le vaccin prend son plein effet à partir de l'âge de 18 mois.
  • Rage. Présente dans la quasi totalité des pays exotiques, y compris souvent en zone urbaine. Létalité : 100%. Un patient mordu non vacciné s'expose à recevoir vaccins et sérums de fabrication locale, parfois plus dangereux que le risque rabique lui-même. Les enfants se portent régulièrement vers les animaux et ne rapportent pas systématiquement un léchage, une morsure minime. Le vaccin préventif est alors leur seule protection. Recommandé tout particulièrement aux enfants expatriés.
  • Encéphalite japonaise. 40% de létalité, 30% de séquelles neurologiques lourdes chez l'enfant. Endémo-épidémique de l'est de l'Inde à la Chine orientale méridionale. L'OMS ne recommande la vaccination que pour les séjours de plus d'un mois en zone rurale exposée ou en cas d'expatriation. Vaccin disponible en France sous ATU nominative, réservé aux hôpitaux (prévoir plus d'un mois). Mi-dose pour les enfants de moins de 3 mois.
  • Encéphalite à tiques. Peut-être contractée dans toutes les forêts de l'Alsace à la Sibérie. Lourde létalité et séquelles. Certains pays (Autriche par exemple) exigent la vaccination pour les enfants partant en camp de vacances en forêt. Peut désormais être pratiquée en ville.
  • Fièvre jaune. Seul vaccin obligatoire au titre du Règlement sanitaire international pour certains voyages (endémicité : Afrique et Amérique intertropicales). Létalité de 60%, quelle que soit la qualité des soins curatifs. La loi française autorise cette vaccination majeure à partir de l'âge de 6 mois. Réservée aux centres agréés.

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