Risques et situations

Requins

Objet de crainte extrême, le requin a eu de tous temps une réputation de tueur et mangeur d'hommes. N'oublions pas que le mot requin vient du latin requiem, que shark est une onomatopée suggestive...

Nous n'aborderons pas les attaques provoquées, liées à des comportements inconscients : contact volontaire avec les squales, incursion dans leurs territoires, comportements ludiques perçus par le requin comme agressifs, shark feeding etc. Nous n'évoquerons ici que les attaques non provoquées.

Les requins dangereux

La plupart des espèces impliquées dans les accidents mesurent plus de 2 mètres. Or 82% des espèces ont une taille comprise entre 20cm et 2m.
Au-dessus de 2m, bon nombre d'entre elles sont inoffensives (requins baleine, pèlerin, grande gueule).
Danger : requins blanc (Carcharodon carcharias), tigre, peau bleue, bouledogue, taureau, mako, citron.
Les espèces dangereuses peuvent se trouver dans toutes les mers du globe, mais surtout dans celles qui leur fournissent une nourriture abondante : colonies de phoques en particulier.

Mortalité

L'Université de Floride a relevé la mortalité historique mondiale (carte ci-dessus).
En 2007 elle a recensé 111 attaques dans le monde ; une seule personne en est décédée
En année moyenne, la mortalité liée au requin est dix fois inférieure à celle due à la chute de noix de coco sur une plage. Et rien qu'en Floride, les bateaux de plaisance tuent plus de 50 baigneurs par an.

Evolution du nombre des attaques

Si le nombre des attaques est actuellement stable, c'est à cause de la forte croissance des activités de baignade, de plongée et de glisse. Car d'un autre côté la population mondiale des requins ne cesse de décliner : 100 millions de requins au moins sont tués chaque année, malgré l'inscription à l'annexe 2 de la CITES : pour leurs ailerons essentiellement (jusqu'à 1000 $ le kg : l'augmentation du pouvoir d'achat des Chinois augure mal de l'avenir de l'espèce) et aussi leurs mâchoires (jusqu'à 75.000 $).

Les lieux d'attaques se modifient car les requins changent d'habitat :

  • diminution des populations de poissons pélagiques
  • d'où des migrations près des côtes
  • d'autant plus que les squales sont attirés par les rejets de l'industrie agro-alimentaire et de ceux des populations toujours plus nombreuses sur les côtes

Facteurs de risque

  • Sex ratio (H/F) des victimes : 13,5 : 1,0.
    • les hommes seraient plus actifs, plus bruyants
    • ils nageraient plus loin : sex ratio 31 : 1 à plus de 65m du bord contre 9 : 1 en bord de plage
    • ils pratiqueraient plus la plongée et le surf
  • Le classique risque des menstruations paraît crédible, mais n'a jamais été étudié
  • Couleur des vêtements, de la peau : pas de preuves concluantes mais sujet mal étudié

Prévention des attaques

  • Demander aux autochtones les endroits à risque (en sachant que les endroits « sûrs » peuvent à tout moment cesser de l'être : cf supra)
  • Eviter la baignade, le surf etc dans des endroits isolés, peu fréquentés
  • Eviter de se baigner la nuit, tôt le matin, tard le soir : périodes habituelles de chasse de beaucoup d'espèces
  • Eviter les barrières externes : terrain de chasse habituel
  • Ne pas se baigner près d'un port, d'un estuaire, d'un site agro-alimentaire sans station d'épuration, d'une décharge d'ordure, d'un abattoir...
  • Eviter les eaux troubles, boueuses, limoneuses : le requin aime surprendre sa proie
  • Eviter de se baigner après une tempête, de fortes pluies
  • On ne devrait jamais se baigner avec une plaie cutanée, ni en période menstruelle
  • Il est préférable de se baigner avec un masque
  • Eviter les objets scintillants, les couleurs vives et claires (non prouvé mais reconnu par les professionnels)
  • Préférer la baignade en groupe, groupe qui ne s'éparpillera pas trop ; éviter les cris, les jeux bruyants, les ploufs?
  • Ne jamais évoluer avec des tortues ou dauphins (que certains requins suivent volontiers à des fins alimentaires) ni bien sûr avec des phoques (leur nourriture préférée)
  • Chasse sous-marine
    • achever immédiatement le poisson capturé
    • le déposer rapidement sur le bord ou sur le bateau
    • surveiller les alentours lors de ces opérations

En cas de rencontre, d'attaque

Recommandations de l'US Navy

  • Nagez régulièrement et fermement, feignez de vous diriger vers le squale pour l'effrayer.
  • Ne lui tournez pas le dos, ne vous éloignez pas directement de son champ d'attaque. Faites-lui face et nagez vivement d'un côté ou de l'autre.
  • Frappez violemment la surface de l'eau avec vos mains. Plongez et poussez un cri fort et perçant. Peut-être s'éloignera-t-il.
  • Lors d'un affrontement, si vous disposez d'un couteau, poignardez le requin en visant le museau, les yeux, les branchies ou le ventre.
  • En dernier ressort
    • Frappez-lui le museau ou les branchies avec une rame ou tout autre objet contondant.
    • On pourrait peut-être ajouter ce qui sauva la vie d'un Australien en mai 2008 : planter son doigt dans l'oeil du squale.
    • Repoussez-le avec vos pieds et vos mains, ou agrippez-vous à ses ailerons jusqu'à ce que vous puissiez vous en évader.

Une bonne partie de la mortalité provient de l'insuffisance ou de la lenteur des secours, de la défaillance des transports spécialisés et de l'accès à un centre chirurgical compétent.

Répartition

1) Requin blanc

Méditerranée. Surtout Italie du Sud, Malte, Corse, Sardaigne, Gibraltar ; était fréquent avant la pêche industrielle qui a diminué les ressources en poissons et donc les colonies de phoques.
Atlantique. Du golfe de Gascogne à l'Afrique du Sud, du New Jersey au nord argentin.
Pacifique. Du sud canadien à Santiago du Chili ; du Japon à la Tasmanie.
Océan indien : en totalité, ainsi que la Mer Rouge.
Lieux de prédilection : les eaux océaniques froides : Californie, Afrique du Sud, Australie.

2) Requin tigre

Essentiellement les eaux tropicales, dont il est le requin le plus dangereux ; l'été, suivant les courants chauds, il peut sillonner les océans jusqu'au Japon au nord, à la Nouvelle-Zélande au sud.

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