Risques et situations

Oursin

L'oursin est un animal marin échinoderme (du grec ekhinos, hérisson) présent dans toutes les mers du globe, près de la surface comme dans les grandes profondeurs.
Sa rencontre avec l'homme est fréquente, en mer comme à table, et peut poser des problèmes traumatiques, infectieux, toxiques, allergiques... de prise en charge parfois délicats.

Les piqûres

Elles sont très fréquentes : baignade, simple marche à pied en bord de mer, plongée et autres loisirs balnéaires (pieds, genoux, mains), mais aussi petite pêche et pêche côtière (mains).

1) Oursins non venimeux

La pénétration provoque une douleur d'intensité variable, parfois aucune. L'épine, cassée, provoquera douleur et impotence fonctionnelle variable (nombre d'épines, taille, profondeur, site).
L'inflammation n'est pas constante, dépendant sans doute des protéines du mucus tapissant les épines. Si une inflammation survient, il conviendra de la différencier en urgence d'une infection inoculée, parfois extensive : phlegmon, téno-synovite, arthrite, pouvant nécessiter un drainage chirurgical en urgence.

  • Bactéries aspécifiques : les plus fréquentes : staphylocoque doré, streptocoque pyogène ; Clostridium perfringens plus rare.
  • Bactéries spécifiques.
    • Erysipelothrix rhusiopathiae, certes rare, responsable du Rouget, est la plus redoutable, à craindre devant toute blessure marine profonde et fermée, cliniquement parlante en moins de 24 heures : plaque très rouge, indurée, surélevée, avec lymphagite. Il s'agit d'une urgence : éviter la fusée purulente dans les gaines tendineuses voire les articulations : bêta-lactamine, macrolides à défaut, au moins 10 jours.
    • Mycobacterium marinum : très rare, bien connue des aquariophiles : après 2-3 semaines, lésion cutanée chronique nodulaire avec adénopathies satellites.
    • Vibrions : V. vulnificus (syndrome septicémique installé en 24 heures, pouvant être très grave chez l'immunodéprimé et les sujets débilités), V. damsela (fasciite nécrosante parfois mortelle, heureusement rarissime).

Certains préconisent une antibiothérapie préventive systématique, surtout en cas de piqûres multiples.
Enfin, dans de rares cas, une réaction chronique à corps étranger peut se développer, locale ou loco-régionale (« arthrite à oursin ») dont le mécanisme est mal compris et le traitement difficile.

Extraction

Elle est souvent fortement demandée par le patient : elle n'est nécessaire que dans ce cas, l'épine étant constituée à 95% de carbonate de calcium, métabolisable par l'organisme.

  • gratter la couche cornée aussi loin que possible, éventuellement avec anesthésie locale, éventuellement sous contrôle radiologique
  • avec une pince fine (à épiler à défaut), sans trop de pression, extirpation dans l'axe.
  • désinfection abondante : polyvidone iodée (Bétadine®), hexamidine (Hexomédine® transcutanée)...

Méthodes « traditionnelles » : vaseline, suif de bougie, crèmes dépilatoires, voire urine humaine, enveloppement par film plastique... non évaluées.
Mais l'extraction ne sera jamais complète. Les résidus seront soit « digérés » soit expulsés sous quelques semaines dans une suppuration aseptique (caractère stérile que l'on saura confirmer au moindre doute).
Prévention du tétanos (théoriquement possible, aucun cas dans la littérature) '

2) Oursins venimeux

Leur répartition est essentiellement tropicale et sub-tropicale, particulièrement dans la zone indo-pacifique : ils sont quasi absents des mers septentrionales.
Les venins contiennent généralement, diversement associées, des substances sérotoninergiques, cholinergiques, vaso-constrictives, hémolytiques, anti-coagulantes...

  • réactions loco-régionales : douleur violente, rougeur (parfois violacée), 'dème, adénopathies, suffusions hémorragiques
  • réactions systémiques ;
    • asthénie brutale, douleurs diffuses, nausées, vomissements
    • plus rarement : convulsions, paralysie respiratoire, troubles du rythme cardiaque, état de choc, voire mort subite.

Le traitement repose sur :

  • la réanimation, toujours difficile et imprévue en bord de plage de zone tropicale
  • le retrait immédiat des épines, toujours difficile également, qui continuent à diffuser le venin
  • chauffer les lésions, bien qu'on ne sache pas si les toxines sont thermolabiles
  • et mesures applicables aux piqûres d'oursins non venimeux.

L'ingestion

La consommation alimentaire des ovaires de l'oursin femelle est très prisée. Mais une certaine prudence s'impose. Les oursins ne sont pas partout comestibles, contrairement à ce que s'imaginent les Européens. L'ingestion de certains, « exotiques » en particulier, peut provoquer une intoxication avec nausées, vomissements, diarrhée, bouffées vaso-motrices, céphalées... sans jamais toutefois d'issue fatale décrite.
Pour les espèces comestibles :

  • une intolérance digestive est toujours possible, plus ou moins allergique
  • une gastro-entérite peut survenir, tout au moins en cas de pêche personnelle, échappant aux contrôles sanitaires : l'oursin se nourrit de végétaux marins et en retient les composés organiques, bactéries et virus y compris ; de fait les oursins prolifèrent dans les zones polluées, eutrophysées, près des ports, des ruissellements azotés de l'agriculture etc
  • les oursins peuvent également capter et concentrer des métaux lourds.
http://pagesperso-orange.fr/aresub/medecinesubaquatique/dangersfaune/oursins.htm

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