Risques et situations

Grippe et voyages en train, car, bus, tramway, métro

Cette fiche pratique, pragmatique, sera d’un grand secours pour l’éducation de vos patients.

Les transports collectifs sont très sûrs quant aux accidents, et plébiscités par les écologistes ; mais ce sont les pires des dispositifs pour la contamination inter-humaine des bactéries et virus.

Il y a une quinzaine d’années, on constata une épidémie grippale saisonnière de très faible amplitude. Des centaines de personnes doivent la vie à la CGT qui avait organisé une grève générale des transports publics…

TRAIN

Le train roule généralement en surface (hormis tunnels et Eurostar) ; mais sa ventilation est hétéroclite : un TER peut rouler fenêtres semi-ouvertes l’été, un TGV n’a pas de fenêtres ouvrables. De toute façon l’air est moins bien renouvelé dans les trains que dans les avions en vol. En plus la circulation des passagers, et donc les croisements, les rencontres des habitués de la ligne, les conversations vont bon train –c’est le cas de le dire…
Mais le pire est le contact avec un nombre incroyable d’objets :

  • l’appui-tête : surtout ses côtés courbés, bien sûr : combien de gens s’y sont assoupis, y ont éternué, toussé… et combien d’appui-tête et de dossiers touchent-on lorsque l’on se déplace, avec le roulis !
  • l’accoudoir, c’est le drame : tout le monde y pose son avant bras et enserre son extrémité avec sa main !

  • pour se déplacer d’un wagon à l’autre, il faut obligatoirement ouvrir la porte de séparation avec un loquet ou un bouton !
  • pour entrer dans les toilettes, il faut obligatoirement pousser ou tirer un loquet ou un bouton, comme tous les autres l’ont fait avant vous ; ensuite il faudra tirer la chasse et se laver les mains en appuyant sur le bouton (sauf sur le TGV où ces deux fonctions se déclenchent avec le pied) ; mais de toutes façons, il faudra bien rouvrir la porte et revenir à votre siège en ouvrant les portes de séparation des wagons !
    Pour un hygiéniste, c’est l’enfer.
  • et puis il y a le wagon restaurant : plusieurs portes à ouvrir pour y arriver ; on échange de la monnaie, et on repart avec des sandwichs sous emballage, une bouteille qui n’en sont sûrement pas à leur première manipulation ; arrivé à son siège, on baisse la tablette qui est loin d’être stérile…
  • enfin, à destination, il faudra tirer le loquet ou pousser le bouton d’ouverture de la porte de la voiture (bon, d’accord, un seul passager le fera pour tous les autres).
« Mais c’est épouvantable ce qu’il raconte ce docteur ! » direz-vous. C’est exact, mais il y a une parade applicable pour chaque passager. Depuis l’entrée en gare, vous êtes masqué (FFP2), bien évidemment. Tous ces contacts manuels si dangereux ne le sont donc pas tant que vous portez un masque. Donc vous vivez votre vie dans le train et, à l’arrivée à destination, après avoir jeté votre masque, vous vous désinfectez les mains –très contaminées- avec du gel hydro-alcoolique : c’est terminé.

METRO, BUS, AUTOCARS, TRAMWAY

La RATP transporte annuellement 1,5 milliard de passagers ! Lesquels sont exposés aux deux modes de transmission du virus :

  • directe : aux heures de pointe, le face à face peut être de quelques centimètres ; en dehors des heures de pointes, il est rare qu’on soit toujours à plus d’un mètre de quelqu’un, tant dans la rame que dans les couloirs ; avec un masque FFP2, le problème est facilement réglé ; plus délicat est le problème de la transmission indirecte.
  • indirecte, manuportée : c’est là le cœur du problème ; imaginez tout ce que vous faites avec votre main dans les transports en commun :
    • achat de tickets, manipulation de billets et pièces
    • pousser les portes d’entrée (elles ne sont pas toute automatisées)
    • presser éventuellement les boutons d’une armoire de distribution de boissons sucrées et autres friandises nuisibles pour les artères (à proscrire de toutes façons : vous gagnez ainsi sur les deux fronts)
    • tirer sur le loquet ou appuyer sur le bouton d’ouverture de la porte du wagon pour y entrer
    • éventuellement abaisser le strapontin
    • se tenir à la barre verticale centrale ou aux poignées de plafond
    • regarder les pubs débiles qui vous proposent d’apprendre l’anglais avec 98% de chance de succès ou de sortir vos gamins d’un échec scolaire inéluctable avec des professeurs mercenaires certifiés par eux-mêmes (on dérape un peu par rapport à notre sujet grippal, mais ça méritait quand même d’être dit)
    • tirer sur le loquet ou appuyer sur le bouton d’ouverture de la porte du wagon pour en sortir
    • pousser les portes de sortie (elles ne sont pas toutes automatisées).

Que faut-il faire ?

  • Mettre son masque FFP2 quand vous pénétrer dans la station de métro ; pour le bus, inutile de le mettre pendant que vous l’attendez car vous êtes à l’air libre sous le kiosque et que vous n’irez pas vous frotter aux autres usagers : donc mise en place du FFP2 dès que vous montez dans le bus ou le tramway.
  • destination, jeter le masque dans une poubelle appropriée puis se désinfecter les mains avec un gel hydroalcoolique.

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