Risques et situations

Epilepsie et voyages

Tout au long du voyage : porter sur soi un document (si possible aussi en anglais) indiquant l'épilepsie, ses manifestations habituelles, son traitement et les coordonnées du médecin traitant, et ordonnance, si possible en DCI. En informer les personnes de l'entourage.

Les trajets

L'avion n'est pas en soi épileptogène ; mais le stress, le manque de sommeil accumulé, le jet lag peuvent l'être. Une crise en cabine n'est pas plus dangereuse qu'ailleurs, au contraire (les équipements étant par nature dénués de coins, angles, objets coupants...).
Les attitudes des compagnies sont diverses : certaines excluent certains cas ou formes cliniques, d'autres ignorent l'épilepsie ; la formation des personnels est hétérogène. A priori, inutile de les prévenir.
Décalage horaire : doit être combattu par les mesures classiques ; la mélatonine (interdite en France) n'a pas été étudiée chez l'épileptique. Les prises d'antiépileptiques se feront autant que possible en rythme réel (1 prise/24h par exemple), ne tenant pas compte du décalage horaire.

Bateau. Vigilance accrue (une crise peut faire tomber à l'eau). Une croisière, lente, pose un problème en cas de blessure, d'état de mal... Le mal de mer peut entraîner un arrêt de fait du traitement ; les traitements antinaupathiques peuvent entraîner une somnolence.

Voiture. A priori contre-indiquée ; un permis est valide en Europe ne l'est paut-être pas ailleurs ; de plus, stress, perte des repères, décalages horaires...

Vaccinations

Aucune contre-indication sauf vaccin coquelucheux cellulaire.
L'épileptique devra bénéficier de tous les vaccins utiles au voyageur : toute maladie infectieuse est un facteur de risque d'état de mal. La plupart des antiépileptiques entraînent des troubles hépatiques, a minima biologiques ; la survenue d'une hépatite A ou B serait un événement peut-être aggravant ou tout au moins perturbateur de la démarche diagnostique.

Paludisme

Un accès palustre serait dramatique ; sa prévention n'est pas simple.

  • Chloroquine (Nivaquine, Savarine) : augmente les taux de phénytoïne (Dihydan), antagonise les autres anticonvulsivants.
  • Méfloquine (Lariam) : formellement contre-indiquée.
  • Doxycycline : taux diminués par barbituriques, carbamazépine (Tégrétol) et phénytoïne.

Le proguanil (Paludrine) ne pose aucun problème ; si Savarine, il faudra sans doute augmenter les doses de barbituriques, carbamazépine, valproate (Depakine)... D'un autre côté, il est raisonnable d'augmenter les doses de doxycycline (150mg/j ?) chez les sujets prenant ces médicaments. Atovaquone proguanil (Atovaquone-proguanil) : pas d'études disponibles ; théoriquement peu ou pas d'interférences.
Protection maximale contre les piqûres de moustiques nocturnes : moustiquaire imprégnée, imprégnation des vêtements, répulsifs cutanés...

Diarrhée, vomissements, hygiène alimentaire

  • impossibilité ou insuffisance d'absorption des antiépileptiques
  • les fluoroquinolones doivent être utilisées « avec prudence » (AMM) chez l'épileptique ; l'azithromycine (Zithromax) prendrait ici toute sa valeur.
  • les règles alimentaires universelles doivent être parfaitement respectées ; par ailleurs l'épileptique devra renforcer sa vigilance vis à vis de la consommation d'alcool, toujours plus fréquente et facile en voyage.

Soleil

  • Certaines épilepsies sont photo-induites : protection solaire maximale, mais parfois contre-indication au voyage.
  • Tous les antiépileptiques sont photosensibilisants, photoallergisants plus rarement ; les barbituriques, inducteurs enzymatiques, peuvent augmenter les taux de catabolites photosensibilisants d'autres médicaments (cyclines, quinolones...). Une protection solaire stricte s'impose donc à tous les patients.
  • Les antiépileptiques doivent être conservés à l'abri du soleil et des grandes chaleurs ; à emporter en quantité au moins deux fois supérieure à celle théoriquement nécessaire, et au moins la moitié en cabine.

Sports, activités physiques

D'accès facilité en voyage, le patient saura se mettre à l'abri des facteurs épileptogènes que sont : hyperventilation, hypoxie, consommation trop rapide du glucose endogène, émotion et stress (prévoir des phases de relaxation).
Quel que soit le sport pratiqué, prévenir le moniteur.

  • Natation : avec une personne informée ; au large aussi et avec gilet de sauvetage ; idem pour tous les sports nautiques.
  • Equitation, cyclisme, ski : casque et autres protections ; pas de pratique solitaire.
  • Escalade, varappe : déconseillées.
  • Plongée : a priori déconseillée.
    Pour la FFESSM (Fédération Française pour la pratique de la plongée) délégataire du Ministère de la Jeunesse et des Sports pour l'organisation de l'activité dans les départements français, "l'épilepsie contre-indique formellement la pratique de la plongée subaquatique".
  • Haute montagne : en soi la haute altitude (avec ascension lente) n'est pas épileptogène et le risque de mal aigu des montagnes ne serait pas aggravé par l'épilepsie ni ses médicaments. Mais une crise dans cet environnement peut être dangereuse : prévoir trajet encadré et sans possibilité de chute grave.

Et en fin de journée, éviter les discothèques (bruit, excitation, stroboscopes...).

Assurance

Bien vérifier que l'épilepsie n'est pas une clause exclusive du contrat d'assistance internationale souscrite, ce qui est très fréquent. Si tel est le cas, il existe une possibilité de négociation via le médecin traitant, pour les épileptiques stabilisés.

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