Risques et situations

Carence en iode et voyages

Iodine


Entre deux et trois milliards de personnes dans le monde, selon les définitions, sont exposées à la carence en iode et lui paient un lourd tribut. Comme l’iode n’est apporté que par l’alimentation, se nourrir comme les nationaux du pays carencé visité est dangereux, tout spécialement pour les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les expatriés.

Conséquences pathologiques

Enfant à naître d’une mère carencée : avortement, accouchement prématuré, petit poids de naissance, malformations diverses et surtout déficits psychomoteurs pouvant aller jusqu’au crétinisme.
Adulte : principalement hypofertilité, hypothyroïdie, goitre.

Les besoins quotidiens en iode (OMS)

  • Adulte et adolescent : 150 mcg/j
  • Femme enceinte ou allaitante : 200
  • Enfant 1-9 ans : 90-120
  • Moins d’un an : 50-90.

Teneurs en iode (mcg/100g)

  1. Produits de la mer
    • algues : 700.000
    • hareng fumé : 100
    • crevettes, crabe : 40
    • poissons de mer : 10-40
    • huîtres (douzaine) : 20
  2. Produits d’origine tellurique.
    Leur teneur en iode dépend de celle de la terre : en zone de carence, fruits, légumes, viandes, œufs, lait, sel de table non iodé, sont d’un apport négligeable (et ailleurs, faible) ; eau de boisson : a priori apport nul.
  3. Autres.
    Sont riches en iode : certains agents de texture (alginates+++), gélatines, agents de conditionnement, de maturation, certains colorants industriels.

Prévention

Attention aux idées reçues. Respirer le bon air iodé de la mer. Manger des huîtres et des poissons. Il n’y a pas de carence en bord de mer. Le sel brun rustique est riche en iode.

  1. Inutile ou dangereux
    • Faire venir des produits de la mer frais d’Europe : sauf exception, la chaîne du froid sera rompue, et une douzaine d’huîtres n’apportera au mieux qu’un dixième de la dose journalière.
    • Emporter des solutions iodées (type Lugol) ne serait admissible que pour des voyageurs particulièrement motivés, disciplinés, éduqués, et ainsi à l’abri de tout surdosage.
    • Emporter des gélules contenant des algues séchées et autres produits de phytothérapie (herbes « chinoises ») aux dosages et effets secondaires incertains.
    • S’enduire de polyvidone iodée (Betadine®).

  2. Souhaitable
    • Faire venir des produits de la mer congelés est possible, et souhaitable si l’on est sûr de la chaîne du froid.
    • De nombreux produits en conserve de consommation courante, tout au moins en ville, contiennent de l’iode : sardines à l’huile, thon en boîte, nuoc mam etc.
    • De plus en plus fréquemment dans les pays en développement on trouve du sel dit « iodé » : mais :
      • de nombreuses contrefaçons circulent également (sel « iodé » sans iode)
      • le conditionnement laisse souvent à désirer (un mauvais conditionnement laisse fuir l’iode)

Il est donc recommandable de venir avec ou d’importer son sel iodé en provenance d’Europe.

  • Enfants en bas-âge : si alimentation artificielle, organiser l’importation de laits maternisés contenant suffisamment d’iode.
  • Eviter facteurs aggravants : manioc, brassicae, amande amère, rutabaga ; tabagisme, exposition aux fumées.

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