Risques et situations

Vaccins 2012

RECOMMANDATIONS 2 - 012 – ACTUALITES VACCINS

Peu de confrères liront in extenso les 30 pages en tout petits caractères du rapport annuel « Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2 - 012. BEH 29 mai 2 - 012 : 20-21 » disponible sur le site de l’InVS, remarquable de qualité, quantité et précision. Nous en livrons ci-après les principales nouveautés et points les plus importants concernant les vaccinations internationales.

Le risque de décès par mois de voyage est désormais bien établi, de 1 p 100.000 (1 p 10.000 lors des opérations humanitaires). Le décès cardiovasculaire intervient pour près de la moitié des cas (sans toutefois être toujours lié au voyage lui-même, loin de là); contrairement aux AVP, noyades, homicides et suicides. Les infections ne rendent compte que de 1 à 3% des décès.

Rougeole

Recommandée dans le calendrier vaccinal à l’âge de 12 mois. Cependant, pour les nourrissons qui doivent voyager dans un pays de circulation virale intense, elle peut être pratiquée dès l’âge de 6 mois, avec une dose de vaccin rougeoleux. Les enfants ayant reçu le vaccin rougeoleux monovalent devront recevoir ultérieurement les deux doses de vaccin trivalent (RRO), conformément au calendrier vaccinal.
Lorsqu’une autre vaccination avec un vaccin viral vivant est envisagée (fièvre jaune), un délai minimum de 28 jours entre les deux vaccinations doit être respecté si celles-ci ne sont pas réalisées simultanément. Cependant, en cas de départ imminent en zone d’endémie amarile, les deux vaccins peuvent être administrés à n’importe quel intervalle.

Fièvre typhoïde

La vaccination contre la fièvre typhoïde est recommandée pour les voyageurs devant effectuer un séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions, dans des pays où l’hygiène est précaire. Ce vaccin n’assurant qu’une protection de 50 à 80%, il ne se substitue pas aux mesures de précaution vis-à-vis de l’eau, des aliments, ni au lavage des mains.

Hépatite A

Rien de nouveau dans ce rapport. Signalons que des pays du Nord de plus en plus nombreux (Etats-Unis, Canada…) recommandent de plus en plus cette vaccination pour leur population sédentaire; hors tout voyage exotique (Ndlr).

Encéphalite japonaise

La vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est pas recommandée systématiquement à tous les voyageurs qui se rendent dans les régions où le virus circule. Seuls sont concernés :
- les expatriés ou devant résider plus de 30 jours dans ces régions
- les adultes avec une activité extérieure importante, plus particulièrement dans les zones de rizières ou de marécages, notamment pendant la saison des pluies, quelle que soit la durée du séjour.

Les situations suivantes sont considérées comme à risque : nuit passée à la belle étoile sans moustiquaire, camping, travail à l’extérieur, cyclisme, randonnée... en particulier dans des zones où l’irrigation par inondation est pratiquée.

Fièvre jaune

Indispensable pour un séjour en zone endémique, même en l’absence d’obligation administrative.
Enfants. A partir de l’âge de 9 mois. Exceptionnellement à partir de six : séjour rural, forestier ou épidémie en cours.
Grossesse. En principe déconseillée. Mais en raison de la gravité de la maladie, elle peut être réalisée quel que soit le stade de la grossesse, si le voyage dans une zone d’endémie amarile ne peut être différé.
Allaitement. Il paraît souhaitable d’attendre que le nourrisson ait atteint l’âge de 6 mois pour vacciner une mère qui allaite. Si la vaccination est impérative, notamment en cas de voyage indispensable dans une zone à haut risque, l’allaitement doit être suspendu puis repris deux semaines après la vaccination.
Infection VIH. Vaccination possible si CD4>200 et en fonction de la charge virale, avec contrôle souhaitable de la séroconversion avant le départ.
Corticothérapie. Le vaccin n’est pas contre-indiqué si, à la date de la vaccination, la corticothérapie est
- soit prévue pour une durée de moins de deux semaines, quelle
qu’en soit la dose
- soit prescrite à une dose ne dépassant pas 10mg/j éq
prednisone (adulte)
- soit prescrite comme traitement substitutif d’une insuffisance
surrénale.
Dans les autres cas, délai minimum de 2 semaines avant le début du traitement et 3 mois après l’arrêt du traitement.
Immuno-suppresseurs, immuno-modulateurs. délai minimum de 2 semaines avant le début du traitement et 3 mois après l’arrêt du traitement.
Lorsque la vaccination ne peut pas être réalisée, les voyages en zone d’endémicité amarile sont formellement déconseillés.
Sujets âgés. Depuis plusieurs années, dans la presse médicale internationale, on a beaucoup parlé d’effets secondaires graves quoique très rares. Aucune mention dans cette actualisation ministérielle 2 - 012 (Ndlr).

Hépatite B

En cas de départ imminent, des schémas accélérés sont validés
Adulte. 3 injections J0 J7 J21 ou M0 M1 M2, puis quatrième dose un an après la première (M12).
Enfant. Seul schéma validé M0 M1 M2 puis M12.

Rage

La vaccination contre la rage est recommandée pour les voyageurs devant effectuer un séjour prolongé ou aventureux et en situation d’isolement dans des zones à haut risque (Asie, Afrique y compris l’Afrique du Nord, Amérique du Sud).
Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure et/ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure…).
La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel), qui doit être mis en oeuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines (de qualité irréprochable Ndlr), qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. Primovaccination: J0 J7 J28 (ou J21 en schéma accéléré, validé); le rappel un an plus tard confère une protection de 5 ans.

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