Risques et situations

Sida et voyages

 

Aucune limitation autre que médicale ne saurait être apportée aux voyages des sujets infectés par le VIH. Comme pour toute autre maladie chronique, le voyageur doit bénéficier d'une préparation rigoureuse.

Vaccins

Encore plus indispensables que pour la population générale.
Tous sont autorisés sauf les vaccins vivants (fièvre jaune, ROR, BCG) lorsque l'immunité est diminuée (au-dessous de 400 CD4 sans doute)
Compte tenu de la longue durée de protection du vaccin amaril, il n'est pas illégitime de la proposer aux sujets à CD4 normaux en vue d'éventuels futurs voyages en zone d'endémicité.
Il est possible que, au-dessous de 500 CD4, le taux de protection obtenu soit suboptimal.
On insistera sur la vaccination pneumococcique, les pneumococcies pouvant être particulièrement graves chez les sujets infectés par le VIH.

Paludisme et autres maladies transmises par les arthropodes

Les mesures personnelles de protection (vêtements longs, si possible imprégnés -type Repel Insect® Trempage ou Vaporisateur-, répulsifs cutanés, moustiquaire imprégnée) doivent être maximales.- Choroquine et proguanil (Savarine®), doxicycline ne posent pas de problème. La méfloquine (Lariam®) peut avoir des interférences pharmacodynamiques avec certains antirétroviraux (ritonavir en particulier).
Au retour, garder à l'esprit qu'un accès à P. falciparum peut survenir longtemps après les 2-3 mois habituels.
Eviter à tout prix les piqûres de phlébotomes : les leishmanioses sont gravissimes sur ce terrain.

Alimentation et boisson

Les maladies ainsi transmises peuvent, chez l'immunodéprimé, se révéler plus graves et/ou aboutir à un portage ou une maladie chronique : cryptosporidiose, microsporidiose, giardiase en particulier, mais aussi salmonelloses, shigellose, yersiniose et campylobactériose. L'hygiène alimentaire doit être maximale. Et attention à la déglutition d'eau lors de baignades.
Diarrhée et vomissements peuvent perturber gravement l'absorption des antirétroviraux.
Une déshydratation peut amplifier la toxicité et les effets secondaires de ces médicaments (indinavir et lithiase rénale par exemple).
Une prévention médicamenteuse primaire n'est a priori pas plus indiquée que dans la population générale (mais absence d'études spécifiques chez les voyageurs VIH+). En revanche le voyageur emportera une fluoroquinolone (type Ciflox®) après explication de son utilisation en cas de diarrhée (500mgx2/j pendant 3-7j).
Emporter de quoi sécuriser l'eau de boisson : résistance chauffante pour ébullition, Hydroclonazone® ou Micropur® Forte, filtre type Katadyn®.

Hygiène générale

Le patient est partout à risque de tuberculose, mais tout particulièrement dans les pays tropicaux où le bacille de Koch circule intensément.
Dans certains pays (Thaïlande par exemple) les sidéens sont fréquemment et gravement atteints par Penicillium marneffei ; ailleurs (Amérique latine par exemple) par l'histoplasmose, coccidioïdomycose : éviter les atmosphères confinées, grottes, cavernes… ou porter un masque.
Sexualité. Tout rapport doit être protégé par des préservatifs achetés avant le départ : pour éviter de contaminer et pour éviter de se recontaminer auprès de populations ayant souvent un taux très élevé de VIH et de MST.
Protection solaire maximale : au-dessous de 500 CD4, beaucoup de patients sont photoallergiques ; risque majeur si <200 et/ou sous Bactrim®.

Antiretroviraux et voyages

Le voyageur devra a dapter au plus vite le rythme précis de ses prises en fonction d'un décalage horaire.
L'observance risque d'être altérée avec le relâchement psychique lié aux vacances.
Prudence avec les médicaments éventuellement rajoutés spécifiques du voyage (interactions très peu étudiées).
Problème de la stabilité des antirétroviraux en climat chaud et/ou humide : très peu étudié. Conserver les médicaments au frais et à l'abri du soleil.
Ne pas changer intempestivement le traitement antirétroviral avant le départ ; un patient traité devrait partir sous traitement stabilisé ayant permis si possible d'obtenir une charge virale indétectable.

Le principal problème

En pratique, il n'y a pas de risque particulier pour la plupart des patients asymptomatiques ou bien traités, et qui ne font qu'un court séjour dans des zones à risque modéré.

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